François Hollande, sur le plateau de TF1, écoute le discours de Ségolène Royal, dimanche 6 mai 2007, peu après 20 heures. © TF1-LCILa carte des résultats |
Si le constat de la défaite électorale s'impose à tous au PS, les divergences sur la manière de réagir sont criantes. Les appels à la "rénovation" ou à la "refondation" sont nombreux, mais recouvrent des arrières-pensées qui s'opposent. Avec en premier lieu cette question : qui doit mener la campagne des législatives ?
Réponse sans surprise et sans ambiguïté, lundi matin sur France Info, pour le président du groupe PS à l'Assemblée nationale Jean-Marc Ayrault : Ségolène Royal "doit être au coeur" de la bataille et "l'entreprise de rénovation qu'elle a engagée doit se poursuivre, s'approfondir (...) S'il y a un brutal retour en arrière, aux vieux démons, aux éléphants, aux querelles de chapelle, de courant, je crains le pire".
"Rangez vos |
| Vincent Peillon |
Pour François Hollande, l'une des raisons de la défaite était de ne pas avoir suffisamment fait de "propositions concrètes", de ne pas avoir "su nous ouvrir, nous élargir". Autant d'erreurs qui donneront, avait-il assuré dimanche avec un sens aigu de la litote, "lieu à débat, à discussion"... Avant de prévenir toutefois lundi qu'il "ne tolérera" aucun règlement de comptes avant les législatives.
Evasif sur le futur rôle de la candidate socialiste, il a déclaré sur RTL : "Aujourd'hui, il y a une nécessité qui est de conduire la bataille pour les législatives, avec tous. Ensuite, il faudra refonder la gauche, la rassembler, ouvrir les espaces nécessaires. On verra qui le fera, on en discutera".
Constat de faute partagée pour Jean-Louis Bianco, l'un des deux directeurs de campagne de la candidate socialiste. S'il juge qu'il a manqué au PS "une vraie rénovation idéologique" pour avoir une chance de gagner, il estime : "On a tous notre part de responsabilité et c'est Ségolène qui a dû bousculer les lignes en trop peu de temps. Donc il faut continuer ce travail de rénovation et pas tirer les uns sur les autres".
Le porte-parole de campagne de Ségolène Royal, Vincent Peillon, appelle le PS à "mettre les compteurs à zéro" et à "se tourner vers l'avenir". Et selon lui, pour ce travail nécessaire de "refondation politique", il ne faut "pas revenir à des gens qui ont déjà exercé la responsabilité, à la génération en arrière. On a entendu hier sur le plateau parler du 'fabuleux combat entre Dominique Strauss-Kahn et Laurent Fabius'. Mais le peuple de gauche n'en veut pas, nous voulons aller de l'avant. Rangez vos querelles d'ego dans les poches revolver de vos costards".
"Nous n'avons |
| Laurent Fabius |
Mais Dominique Strauss-Kahn, quant à lui, s'était dit dès dimanche soir "disponible" pour lancer lui-même la "rénovation social-démocrate" de la gauche. Il a toutefois pris garde lundi de déconnecter la défaite de tout "problème de personne", assurant que Ségolène Royal avait déjà "pas mal rénové" le PS.
Néanmoins, a-t-il assuré sur Europe 1, "quand, au bout du compte, on n'est pas clair sur ce qu'on dit aux Français, les Français ne peuvent pas nous suivre (...) Je ne suis en rien pour la division des socialistes, mais je suis pour le fait que l'on n'oublie pas les causes de l'échec et pour qu'on aille au fond de ce qu'il faut changer".
Quant à Laurent Fabius, il n'avait pas manqué de juger durement dimanche la stratégie du PS : "Nous n'avons pas convaincu suffisamment que notre candidate pouvait être chef de l'Etat". Jugement assorti lundi d'une mise en garde : "l'erreur, ce serait de nous disputer entre nous". Reste que pour l'ancien Premier ministre, si Ségolène Royal "doit faire partie de l'équipe de campagne, c'est bien le moins", la campagne "doit être menée de manière collégiale".
D'après agence
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