Jacques Chirac, le 25 mars 2007, lors du 50e anniversaire de la signature du Traité de Rome © LCI![]() |
| La chronique de J.M. Sylvestre : "Chirac a tout payé à crédit" |
Mercredi, le président Chirac passera définitivement la main à Nicolas Sarkozy, après douze années à la tête du pays. En matière économique, sa présidence aura été marquée par deux engagements non tenus : baisser les impôts de 30% tout en enrayant la spirale de la dette, un double objectif difficile à atteindre en période de croissance faible.
Elu en 1995 sur la promesse de réduire la "fracture sociale", Jacques Chirac a une vision de l'économie marquée par les enjeux sociaux et au premier chef la réduction du chômage, priorité sans cesse réaffirmée. Pour soutenir la croissance, créatrice d'emplois, il faut soutenir le pouvoir d'achat, estime le président. Et pour cela, baisser les impôts. Mais cet objectif n'est pas affirmé d'emblée : dans les années 1995-97, le gouvernement Juppé n'hésite pas à augmenter de deux points le taux de TVA, à élargir le champ d'application de la CSG ou alourdir la fiscalité sur les stock-options.
"On sera à 20%" entre 2002 et 2007
En 2002, après cinq années de cohabitation, changement de cap : le président promet de baisser de 30% l'impôt sur le revenu en cinq ans. Un engagement basé sur l'hypothèse d'une croissance annuelle de 3%, que la France sera loin d'atteindre, plafonnant à 2,3% en 2004. Jacques Chirac va donc différer la promesse au fil de son deuxième mandat. Au total, avec la mise en oeuvre cette année de la réforme fiscale, "on sera à 20%" de baisses d'impôts entre 2002 et 2007, selon le ministre délégué au Budget, Jean-François Copé.
L'autre objectif, celui de "remettre de l'ordre dans les finances publiques", est affirmé dès 1995. Alors que la dette publique, qui représentait moins de 20% du produit intérieur brut au début des années 80, a explosé depuis le début des années 90, Jacques Chirac explique alors qu'"on ne peut pas être une grande puissance et avoir des déficits". Malgré cette position de principe, la dette s'envole. Selon le dernier rapport annuel de la Cour des comptes, la dette "a connu une progression particulièrement marquée de 2002 à 2005", année où elle a atteint 66,6% du PIB, alimentée par des déficits alourdis et marquée par une croissance en moyenne plus faible que pendant les cinq ans de Lionel Jospin à Matignon. Encouragé par le chef de l'Etat à "inverser durablement la tendance", le gouvernement parviendra en 2006 à faire baisser le taux d'endettement à 63,9% et à ramener le déficit dans les limites autorisées par l'Union européenne (2,5% du PIB).
Il s'impose en Europe et impose la patriotisme économique
Mais les deux mandats de Jacques Chirac ont aussi été marqués par sa persévérance pour défendre l'économie française hors de nos frontières. Il a notamment réussi à imposer à l'Europe le fait que la France s'affranchisse de ses contraintes pendant plusieurs années. En mars 2004, aux côtés du chancelier allemand Gerhard Schröder, il insiste ainsi sur la nécessité "d'améliorer, d'assouplir, d'adapter aux exigences du progrès économique et du progrès social les règles parfois trop strictes du pacte de stabilité", et obtient gain de cause par un accord des 25. Cette attitude sans concessions marque aussi sa défense inlassable de l'agriculture française aussi bien auprès de la Commission européenne qu'au sein de l'Organisation mondiale du commerce (OMC).
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D'après agence
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