Des ministrables de gauche sévèrement jugés

Par A.C. (avec agences), le 14 mai 2007 à 15h26 , mis à jour le 14 mai 2007 à 21h01

"C'est une erreur de penser que ce gouvernement peut mener une politique économique et sociale de gauche", estime Bertrand Delanoë.

TF1-LCI Bernard KouchnerBernard Kouchner, candidat au poste de directeur général de l'OMS, en novembre 2006. © Fabrice Coffrini/AFP

Alors que les tractations continuent avec autant de vigueur en ce début de semaine, les possibles nominations de personnalités ou d'anciens ministres de gauche dans le 1er gouvernement  -qui devrait être annoncé vendredi- de l'ère Sarkozy n'ont pas manqué de faire réagir dans les rangs du PS. Lundi après-midi, Bertrand Delanoë a assuré "ne pas croire" ces rumeurs de ralliement. "On ne peut pas être de gauche et dans ce gouvernement", dit le maire de Paris. "C'est une erreur de penser que ce gouvernement peut mener une politique économique et sociale de gauche", ajoute-t-il.

Pour Laurent Fabius, participer au gouvernement relève de "la responsabilité et la conscience de chacun". La gauche n'est pas "sectaire", mais il faut "une certaine logique", a-t-il souligné sur I-Télé. "Monsieur Sarkozy ne s'est pas caché de vouloir mener une politique de droite. On doit lui reconnaître le mérite d'avoir dit : voilà mes idées, je suis droite, je veux faire cela !", a estimé l'ancien Premier ministre.

"Assumer une politique qu'ils ont combattue"

Jugement plus dur pour Dominique Strauss-Kahn, qui a indiqué lundi matin sur BFM-TV que "chacun était libre" de ses choix, mais pointé le risque d'une "une trahison de soi-même", visant notamment Hubert Védrine et Bernard Kouchner. Pour le député du Val d'Oise, "ce n'est pas obligatoirement la meilleure solution pour quelqu'un qui a été ministre de la gauche, de François Mitterrand, de Lionel Jospin de servir aujourd'hui une politique qui ne peut pas être la même".

L'ancien ministre de l'Economie poursuit : "ou bien on a des convictions - et les deux personnes évoquées en ont - et c'est très difficile de dire qu'avec ces convictions là on va faire le contraire de ce qu'on a dit avant. Ou bien on faisait de la politique sans convictions, et ce serait un peu dérisoire, je ne crois pas que ce soit le cas", a-t-il expliqué.

"Une droite, qui, sous le masque de l'ouverture, reste dure"

Claude Bartolone a de son côté souligné que les personnalités de gauche qui accepteraient d'entrer dans le gouvernement "auraient à assumer les politiques sociales, les politiques économiques" de la nouvelle majorité. "S'ils acceptent, c'est qu'ils arrivent à gérer des contradictions et ont la colonne vertébrale très souple".

Toujours au PS, Jean-Christophe Cambadelis a mis en garde les candidats de gauche à un portefeuille ministériel : s'ils entrent au gouvernement, "ils passent à droite. Une droite, qui, sous le masque de l'ouverture, reste dure. Ils auront à assumer une politique qu'ils ont eux-mêmes combattue".

Pour le député socialiste européen Benoît Hamon, l'entrée d'hommes de gauche au gouvernement porterait "un sale coup" au Parti socialiste. "S'ils le font, cela les amènerait à quitter la gauche", poursuit-il. Pour l'élu européen, l'objectif de Nicolas Sarkozy est simplement de "réussir au débauchage d'un ancien ministre de gauche". Il a toutefois relevé qu'il s'agirait d'un "phénomène assez marginal" car ces deux personnalités, de même que Claude Allègre, également contacté par le président, n'étaient "pas très investies dans la vie collective du PS".

En 1959, un ministre de gauche dans un gouvernement de droite

Dans l'histoire de la Ve République, il n'y a eu qu'un seul précédent de ministre de gauche dans un gouvernement de droite : c'était en 1959, lorsqu'André Boulloche a réjoint le gouvernement de Michel Debré comme ministre de l'Education nationale. Compagnon de la Libération, ancien déporté, il était membre de la SFIO à sa nomination avant d'être mis en congé du parti. Une autre personnalité de gauche avait également été nommée dans ce gouvernement mais n'était pas encarté dans un parti : Pierre Sudreau avait pris le portefeuille du ministère de la Construction. André Boulloche démissionna du gouvernement en décembre 1959, à la suite de son désaccord avec un projet de loi en faveur de l'enseignement privé. Quant à Pierre Sudreau, il quitta le gouvernement en 1962 en raison de son hostilité à l'élection du président de la République au suffrage universel.

Par A.C. (avec agences) le 14 mai 2007 à 15:26
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15 Commentaires

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  • JP, le 16/05/2007 à 09h06

    Mr Bartolone vient de dire que la politique d'ouverture a des personnalités de gauche " sentait plus a un plat de lentilles qu'a de la politique ". question a Mr Bartolone : que sentent les magouilles et les disputes du PS ?

  • Bottero, le 16/05/2007 à 08h49

    C' est vraiment pas avoir de face pour un ancien ministre de gauche d'aller gouvernner avec la droite pur et dur mitterrand doit se retourner dans sa tombe c'est la preuve que tout est faux en politique ca degoute

  • Claude, le 16/05/2007 à 07h08

    Les partis on s'en fou! on veut des femmes et des hommes competents de droite ou de gauche mais qui connaissent leur travail c'est cela que les gens attendent pas des sectes

  • Carpentier, le 14/05/2007 à 17h43

    "UN GOUVERNEMENT MARKETING" Nicolas sarkozy,n'etait-il pas le premier à dire lors de la campagne qu'un gouvernement rassemblent des ministres de plusieurs partis politique, etait un gouvernement voué a l'échèque,faisant réfèrence a la 4ème republique. Pendant que Francois Bayrou seduisait plus 6 millions de Francais quand il expliquait sa nouvelle vision pour diriger la France...........Mon avis c'est qu'il ne faut pas tirer a boulet rouge sur les representants du PS de vouloir faire parti du gouvernement pour tenter d'adoucir la politique de N Sarkozy et tenter par la meme occasion de conserver leurs electeurs. Parcontre je pense que la droite risque d'eclater car certaines personnalités de l'UMP qui pensaient obtenir des postes au sein du gouvernement vont se voir remerciées au profit du PS. Cela risque de créer des tentions dès la première heure au sein du gouvernement.Ce qui n'est pas un bon presage pour celui qui a comme slogan :"Tous ensemble". Nicolas Sarkozy ironise, critique, va meme traiter F Bayrou de démago durant la campagne... Au final il tente de le "copié". Comment peut-on avoir confiance quand le president créer un "gouvernement Marketing".... Sebastien Carpentier 02840

  • Marie, le 14/05/2007 à 17h35

    Dès qu'il faut mettre en place une politique réaliste, il est clair que le PS ne peut être d'accord.... ah! les traîtres !!Certains du PS ont eu une réflextion active... félicitations.

  • Lenny, le 14/05/2007 à 17h29

    Jamais content cette gauche.... toujours à vouloir faire de la politique d'un ancien temps. Il serait temps d'évoluer au lieu de continuer à s'enfoncer encore et à rester sectaire. La France a besoin autant d'homme de gauche que d'homme de droite; c'est ensemble qu'il faut batir !! On aurait encore pu critiqué Sarko si il n'avait pas fait ce geste d'ouverture ; et là on le critique parce qu'il "porterai " un sale coup au PS.Je ne crois pas à cette mauvaise intention.

  • ANDRES, le 14/05/2007 à 17h28

    On ne peut pas rassembler les Français en ignorant la moitié. La gauche a la défaite amère, mais elle n'oublie pas ses appels au centre. C'est une démonstration de leur obscurantisme.

  • Catherine, le 14/05/2007 à 17h20

    C'est honteux que ces personnalites de gauche veuillent empecher un gouvernement d'ouverture quand on pense que c'est le PS qui disait eviter "bloc contre bloc" et maintenant c'est le PS qui menace d'expulsion ect ect......

  • Sandrine, le 14/05/2007 à 17h06

    C'est tout de même extraordinaire de reprocher à la droite sa fermeture, sa loi des partis, de faire toute la campagne à gauche sur l'ouverture, la démocratie participative blablabla et, quand un homme comme M. Sarkozy fait preuve d'ouverture dans ses actes alors on fustige les gens de gauche qu'il consulte pour faire son gouvernement!Seule la gauche a le droit d'être ouverte? N'est-ce pas la "pensée unique" qui a encore frappé?!!

  • Ksinant, le 14/05/2007 à 17h05

    Je ne comprends pas la réaction de DSK. Pourquoi des députés du centre droite auraient pu rentrer dans un gouvernement de gauche et pas le contraire ? C'est vraiment étrange. Eva de Cholet

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