Nicolas Sarkozy ou la rage de vaincre

le 06 mai 2007 à 19h09 , mis à jour le 06 mai 2007 à 20h42

Après trente ans de combat politique, Nicolas Sarkozy gagne son pari élyséen du premier coup.

Election présidentielle/TF1-LCI : Nicolas Sarkozy, invité de Face à la Une sur TF1 le 25 avril 2007Nicolas Sarkozy, invité de Face à la Une sur TF1 le 25 avril 2007 © Election présidentielle/TF1-LCI

Depuis son entrée en politique il y a plus de 30 ans, Nicolas Sarkozy déploie son énergie au service d'une ambition : conquérir l'Elysée. Chantre d'une " droite décomplexée ", hyperactif et volontaire, Nicolas Sarkozy suscite des réactions passionnées, qui vont de l'admiration à la franche hostilité.

Si ses partisans voient en lui celui qui saura redresser l'économie de la France, la faire "bouger" et assurer sa sécurité, ses adversaires le jugent " agité ", " brutal " et l'accusent de dériver vers les terres du Front national. Nicolas Sarkozy s'en défend, tout en revendiquant la " reconquête " des électeurs frontistes. En employant les mots de " Kärcher " ou de " racaille ", lors de la crise des banlieues à l'automne 2005, Nicolas Sarkozy crée la polémique. Autre controverse, lorsque le candidat dit vouloir créer un " ministère de l'Immigration et de l'Identité nationale ", ou parle des " moutons égorgés dans les baignoires ", lors de la campagne présidentielle. Mais le candidat de la droite ne renie rien et dit vouloir se faire comprendre de "la France exaspérée", contre la pensée unique.

Passion de gagner et retournements stratégiques

C'est trente-deux ans plus tôt que Nicolas Sarkozy prononce son premier discours devant les assises de l'UDR (l'ancêtre du RPR et de l'UMP). Il a alors 20 ans et étudie le droit. Huit ans plus tard, il arrache la mairie de Neuilly-sur-Seine à celui qui lui mit le pied à l'étrier politique : Charles Pasqua. C'est le début d'une carrière marquée par la passion de gagner, parfois au prix de retournements stratégiques. Nicolas Sarkozy entre à l'Assemblée nationale en 1988 et devient secrétaire général adjoint du RPR. Il est alors un intime de Jacques Chirac et de sa famille. Mais en 1995, il " trahi " son maître en politique en soutenant Edouard Balladur pour la présidentielle de 1995.

Réélu en 2002, Jacques Chirac fera néanmoins de Nicolas Sarkozy l'un de ses principaux ministres. Il le fera même rappeler en juin 2005, au lendemain de l'échec cuisant de la droite au référendum sur le traité constitutionnel. Il lui apportera aussi son soutien, mesuré, le 21 mars dernier. Entre-temps, Nicolas Sarkozy aura réussi à s'emparer de l'UMP, en novembre 2004, contre le gré de Jacques Chirac, la place ayant été laissée vacante par Alain Juppé, contraint de s'éloigner du fait de ses ennuis judiciaires.

"Je m'énerve pas, j'explique"

Peu à peu, le " grand parti de la droite et du centre " voulu par le chef de l'Etat en 2002 va être dirigé par les partisans de Nicolas Sarkozy. En deux ans, le nombre des adhérents triple... Ils sont de plus en plus nombreux à être " séduits " par la " détermination " et la " niaque " de l'homme de la " rupture ".

Fonceur, cet avocat de formation se targue de parler sans détour et de proscrire la langue de bois. Il aime ponctuer ses discours de formules : " Je veux ", " Je propose ", " Je le dis comme je le pense " et sait manier l'humour : " Je m'énerve pas, j'explique ", dit-il souvent en plagiant l'un des célèbres Tontons flingueurs de Georges Lautner. Il sait parfois aussi surprendre son propre camp, comme lorsqu'il supprime la double peine, se prononce pour le vote des étrangers aux élections locales (sans toutefois inscrire cette proposition à son programme), ou dénonce " les patrons voyous ". A 52 ans, Nicolas Sarkozy sera le premier président de la République d'origine immigrée.

le 06 mai 2007 à 19:09
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1 Commentaires

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  • Fabrice, le 07/05/2007 à 00h28

    Trop fort Sarko, avec toi la france vaincra! t'as bouffé Ségo!

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