Arrestation en marge d'une manifestation anti-Sarkozy place de la Bastille, à Paris (7 mai 2007) © TF1/LCIPlusieurs centaines de manifestants anti-Sarkozy se sont retrouvés lundi soir à Paris, place de la Bastille et alentours, pour une manifestation qui a dégénéré en affrontements avec la police, avec de nombreux bris de vitrines et plus d'une centaine d'arrestations. Vers 20h30, quelque 500 jeunes manifestants, dont certains vêtus de noir et le visage dissimulé de foulards, se sont rassemblés sur la place, avant de bloquer brièvement la circulation puis d'entreprendre une manifestation dans la rue de la Roquette. Ils criaient des slogans tels que "Sarko, facho ! Le peuple aura ta peau !" ou "Sarko, racaille, il faut que tu t'en ailles !"
Plusieurs dizaines de casseurs ont ensuite entrepris de briser des vitrines et des cabines téléphoniques, renversant poubelles, motos et scooters sur leur passage, provoquant l'intervention en force des policiers et gendarmes mobiles en tenue anti-émeutes qui ont multiplié les interpellations. La manifestation, qui était arrivée sur le boulevard de la République, s'est dispersée, mais quelque 200 irréductibles sont retournés sur la place de la Bastille, où certains ont jeté des projectiles sur les forces de l'ordre, qui ont répondu en multipliant les charges et les arrestations.
Après avoir isolé les derniers manifestants sur les marches menant à l'entrée principale de l'opéra Bastille, policiers et gendarmes ont formé un corridor qui a permis l'arrestation de la plupart des jeunes. Selon un décompte encore provisoire de la Préfecture de Police de Paris, plus d'une centaine de manifestants ont été interpellés lundi soir à la Bastille et aux abords.
Feux de poubelles contre gaz lacrymogène
Des heurts ont également opposé lundi soir manifestants anti-Sarkozy et forces de l'ordre pour la deuxième nuit consécutive à Lille, où plusieurs dizaines de véhicules et poubelles ont été incendiés. Une manifestation de plus d'une centaine de jeunes a été dispersée par les forces de l'ordre peu avant minuit au moyen de gaz lacrymogène. Au moins six personnes ont été interpellées. Ils avaient auparavant arpenté les rues du centre et de quartiers populaires pendant près de quatre heures, renversant des poubelles sur leur passage, bloquant les rues au moyen de barrières et jetant à plusieurs occasions des pavés dans des vitrines de magasins. Dans le ciel, un hélicoptère équipé d'un puissant projecteur surveillait leur progression ainsi que les opérations des pompiers pour des feux dans des quartiers populaires.
Une centaine de manifestants anti-Sarkozy ont été dispersés par les forces de l'ordre lundi soir place du Capitole à Toulouse, à l'aide gaz lacrymogènes, après avoir incendié des poubelles. Ils ont déployé des banderoles hostiles au président élu, dont l'une indiquait : "Le changement dans la démagogie, tu nous prends pour qui?". Un début d'incendie a par ailleurs été maîtrisé par les pompiers dans un immeuble donnant sur la place. Mardi matin, le bilan de la nuit fait par la police et les pompiers était de 66 véhicules incendiés, 3 blessés, 22 interpellations.
Une manifestation anti-Sarkozy a réuni plus de 200 personnes lundi soir à Lyon, la deuxième de la journée, après celle des lycéens dans l'après-midi. Le cortège, parti de la place des Terreaux, s'est déplacé dans le centre-ville de Lyon, causant quelques dégâts à des abribus, un kiosque à journaux et à du mobilier urbain. Plusieurs face-à-face avec les forces de l'ordre se sont déroulés. Agents de la sécurité publique, CRS et gendarmes mobiles ont tiré à plusieurs reprises et en différents endroit des grenades lacymogènes, provoquant la fuite des manifestants, qui se regroupaient un peu plus loin. Enfin, environ 1800 militants anti-Sarkozy ont manifesté lundi soir dans plusieurs villes de l'ouest, sans violences à Caen et à Tours, tandis que des heurts ont eu lieu à Nantes et à Rennes.
D'après agence
Premières comparutions, premières condamnations |
Quatre jeunes majeurs, jugés lundi après-midi en comparution immédiate par le tribunal correctionnel de Rennes, ont été condamnés à deux mois de prison ferme pour l'un et de 105 à 140 heures de travail d'intérêt général pour les autres. Un des jeunes, âgés de 20 ans, originaire de Vitré (Ille-et-Vilaine), qui a reconnu être venu à Rennes dimanche soir pour en découdre avec la police après l'annonce des résultats de la présidentielle, a été condamné à la peine la plus lourde. Deux autres jeunes ont été condamnés à des peines de six mois et trois mois de prison ferme pour des violences commises lors de la manifestation anti-Sarkozy de dimanche soir à Lyon. |
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