Le débat entre Ségolène Royal et Nicolas Sarkozy, le 2 mai 2007, dans un studio à Boulogne © Election présidentielle/TF1-LCI17% ou 50% ? Non, 78%. Ségolène Royal et Nicolas Sarkozy n'ont fourni mercredi ni l'un ni l'autre, lors de leur face à face, le bon chiffre sur la "part du nucléaire dans la consommation d'électricité en France". Alors que la candidate PS interrogeait son adversaire avec insistance sur cette part du nucléaire et le candidat de l'UMP éludait la question, elle a lancé : "Vous ignorez la part du nucléaire ?" Piqué, Nicolas Sarkozy a rétorqué : "la moitié de notre électricité est d'origine nucléaire". "Non, 17% seulement", a répondu Ségolène Royal. "Ce n'est pas exact", a répété quatre fois Nicolas Sarkozy, ce à quoi elle lui répondait "mais si c'est ça", affirmant que la vérité se vérifierait par les chiffres.
Alors, réponse : la part de la production du nucléaire dans l'électricité n'est ni de 17% ni de 50%, mais de 78%. Le chiffre de 17% correspond en fait à la part du nucléaire dans la consommation totale d'énergie en France. Quant au chiffre de 50%, il ne correspond à rien dans le domaine de la consommation de l'énergie.
"Il faudra que vous révisiez un peu votre sujet"
Quelques minutes plus tard, Ségolène Royal avait en partie raison (mais Nicolas Sarkozy aussi), cette fois sur l'EPR, et le faisait remarquer à son rival par une nouvelle pique dite sur un ton d'institutrice : "Vous venez de dire une série d'erreurs, ça peut arriver mais il faudra que vous révisiez un peu votre sujet". Alors que Nicolas Sarkozy voulait montrer sa contradiction sur le nucléaire, en lui demandant, puisqu'elle excluait de fermer les centrales nucléaires "du jour au lendemain", si elle "confirm(ait) l'EPR". "Non je suspends l'EPR dès que je suis élue", répond-elle. "C'est-à-dire que vous suspendez les nouvelles centrales, c'est-à-dire que vous prolongez les vieilles ?" "L'EPR n'est pas une nouvelle centrale." "Si bien sûr", rétorque Nicolas Sarkozy. "Mais vous mélangez tout ! L'EPR est un prototype (...) De quelle génération ?", interroge-t-elle pour le coincer. "Ce n'est pas un prototype, c'est la 4e génération ..." "Non, c'est la 3e génération !", conclut-elle.
Vérification faite sur le site d'Areva, concepteur de ce réacteur à eau pressurisée, il s'agit du premier réacteur... "de 3e génération" en effet. En revanche, Nicolas Sarkozy avait raison sur l'autre point : l'EPR n'est pas un prototype mais bien un réacteur d'exploitation.
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