Une du Figaro © TF1/LCIAu lendemain du débat entre les deux candidats, rares sont les quotidiens qui désignent un vainqueur. Le Figaro titre sobrement "Le choc du débat". Dans son édito, le quotidien a trouvé Nicolas Sarkozy "précis, sûr de lui, il ne s'est pas laissé aller à l'excès de satisfaction qui aurait pu tout faire basculer. Floue souvent, agressive parfois, Royal n'a pas commis l'erreur grave qui l'aurait fait décrocher. A l'arrivée, la maîtrise sarkozienne a gardé tout son éclat, tout en gagnant en sérénité".
Libération parvient à une conclusion différente. Le journal de gauche a vu dans Ségolène Royal une "combattante", puisqu'elle "a mené l'offensive contre Nicolas Sarkozy, qui a encaissé en restant serein". Selon son éditorialiste, Laurent Joffrin, "Nicolas Sarkozy n'a pas perdu. Mais Ségolène Royal a gagné. Pugnace, précise, dure à la repartie en dépit de quelques maladresses et d'un sens abusif de l'exemple simple, elle a souvent bousculé le favori de la compétition."
"Nicolas Sarkozy |
| L'Humanité |
Le Monde affirme que "Royal met tout en œuvre pour inverser la tendance", même si "Sarkozy reste favori des sondages". Pour autant, Le Monde s'est prononcé en faveur de Ségolène Royal pour le second tour de la présidentielle. "Sa victoire lui donnerait l'autorité pour engager ce travail de réinvention indispensable. C'est un pari. Pour le pays, il mérite d'être tenté", écrit Jean-Marie Colombani, directeur du quotidien, dans un éditorial paru dans l'édition datée de vendredi.
"Pas de cadeaux" ! s'exclame Aujourd'hui en France/Le Parisien après un débat télévisé qualifié de très "musclé".
Pour sa part, L'Humanité estime que "Royal bouscule Sarkozy" car "le chef de l'UMP a peiné à défendre son projet d'injustice sociale". Le quotidien communiste ajoute que "Nicolas Sarkozy a déployé toutes les facettes de la politique du mensonge" et est "bel et bien apparu pour ce qu'il est : le candidat du programme du Medef".
"Un choc final à haute tension", titrent Les Echos puisque le débat entre les deux présidentiables "a tenu ses promesses". La Croix s'intéresse à "la laïcité qui divise la Turquie" et note que "la candidature d'un islamiste modéré à la présidence de la République a fait entrer le pays dans une zone de turbulence". Le quotidien gratuit Metro barre sa Une d'un "Electrique", qualifiant les échanges de "parfois confus" tandis que son concurrent 20 Minutes titre "Politique frictions". France Soir ne fait pas sa Une sur le débat mais sur la tentative de perquisition à l'Elysée des deux juges Borrel.
"Au final, c'est |
L'Est Républicain |
Selon Philippe Waucampt dans le Républicain Lorrain, "faisant la course en tête, Nicolas Sarkozy avait plus à perdre que son adversaire au cours de cette joute", mais "en position plus difficile pour espérer l'emporter dimanche, Ségolène Royal avait tout intérêt à jouer l'offensive". Même constatation pour Pierre Taribo dans L'Est Républicain qui a retenu que "par crainte du faux-pas qui tue, (Nicolas Sarkozy) n'a pas joué les coqs de combat" et "a plutôt policé son langage". "Au final, c'est elle qui est tombé dans le piège, alors que jusque-là il n'y avait eu que des échanges incisifs mais constructifs sur les 35 heures, la fiscalité, l'éducation, la sécurité", résume-t-il.
Olivier Picard dans les Dernières Nouvelles d'Alsace regrette que "le face-à-face ait cruellement mis en évidence l'incapacité de toute une classe politique à dépasser les légitimes préoccupations individuelles des Français pour leur proposer un projet collectif mobilisateur."
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