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Allemagne
Pour le quotidien économique Handelsblatt, "la France s'est décidée pour un renouvellement radical. Après douze ans sous Jacques Chirac, le plus faible des présidents de la cinquième République, de nouveau un homme fort arrive à l'Elysée". Le quotidien berlinois Tagesspiegel avertit : "En dépit de son triomphe, l'homme de pouvoir Sarkozy, sa proximité avec les milieux économiques, son réseau de relations très étendu, avec les dépendances réciproques que cela implique, demeure inquiétant pour beaucoup de Français".
Royaume-Uni
Le Guardian (centre-gauche) estime que : "les Français ont jugé sans équivoque que le remède à 12 ans de dérive était un virage marqué à droite (...) Le temps des discours est terminé pour M. Sarkozy." "Il s'agit du changement politique le plus important depuis une génération" pour la France qui a voté massivement pour le changement", estime le Times (centre-droit) qui invite les Français à soutenir la version "gauloise du Thatchérisme".
Espagne
El Pais (centre-gauche) affirme que "la France qui veut se libérer du corset protecteur construit pendant la seconde moitié du XXe siècle pour assumer les risques et bénéfices de la globalisation s'est imposée à celle qui préfère la tutelle de l'Etat". Pour El Mundo (centre-droit), "Sarkozy a gagné parce qu'il réunit les trois conditions classiques pour triompher à des élections : un leadership, un parti et un programme" concret.
Italie
Pour La Stampa, "Nicolas Sarkozy a conduit à bon port une longue et cohérente bataille d'idées, conduite depuis des années à l'intérieur de son mouvement politique pour éliminer le pesant leadership de Chirac et renouveler la droite française". Mais le quotidien italien de reconnaître que "Ségolène Royal obtient un résultat de toute manière extraordinaire après avoir (...) restitué la vitalité à un parti socialiste fatigué et déprimé jusqu'à il y a deux ans".
Pays-Bas
De Volkskrant (gauche) écrit que "Sarkozy devient le président d'une France polarisée", soulignant surtout les conséquences de la défaite de Ségolène Royal. Jugeant sa campagne "peu convaincante", le quotidien néerlandais prédit la nécessité d'"une auto-analyse approfondie et douloureuse" pour le PS, dont "c'est la troisième défaite consécutive".
Belgique
Pour La Libre Belgique, "d'ores et déjà (...), les esprits politiques, toujours pragmatiques, sont tournés vers le deuxième round : les législatives". "C'est ce combat-là que Nicolas Sarkozy et son parti, l'UMP, sa machine de guerre, doivent gagner demain. Faute de quoi ses intentions resteront lettre morte", analyse-t-il.
Suisse
Sous le titre "Le pari de Sarkozy : rompre sans casser!", La Tribune de Genève affirme que "la France sort changée de cette campagne présidentielle. Et le rythme de la transition risque fort de s'accélérer. Car Nicolas Sarkozy va mener le pays comme il a mené sa carrière: au pas de charge. (...) Il ne fait aucun doute que le nouveau président saura rompre avec cette France archaïque laissée par Jacques Chirac". "Le président Sarkozy devra désormais rassembler au-delà des flamboyants discours. Sinon, ce sera la rupture... avec les Français", prévient-il.
"Nul doute que (Nicolas Sarkozy) mènera au pas de charge le programme qu'il s'est donné, puisque les circonstances volent au secours de son tempérament", écrit le quotidien suisse Le Temps. "Sa victoire est assez ample pour lui permettre d'aller vite et fort, mais pas assez insolente pour qu'il en fasse n'importe quoi. C'est un gage d'équilibre", poursuit-il.
Hongrie
"Pourquoi les Français ont-ils voté pour un fils de réfugié hongrois au nom imprononçable? (...) Parce qu'il est le meilleur médecin aujourd'hui pour la France", juge le journal de centre-gauche Nepszabadsag, premier quotidien du pays. Ce "fils d'un immigré hongrois (qui) a gravi deux à deux les échelons du pouvoir pour arriver au sommet, le palais de l'Elysée (...) n'est pas le fils de la bourgeoisie ou de l'aristocratie françaises", rappelle le Magyar Nemzet (droite). Mais "quand d'autres rêvaient d'être pompiers, soldats ou bergers, lui rêvait de devenir le président de la France", ajoute ce journal, estimant que Nicolas Sarkozy a su éviter les pièges d'une certaine presse tentée de le "diaboliser" et de "jouer de ses origines hongroises" pour le discréditer.
Né en 1955 à Paris d'une mère française et d'un père hongrois, Pal Sarkozy Nagy Bocsa, qui avait fui la Hongrie en 1944, Nicolas Sarkozy n'a jamais caché ses origines mais ne cultive pas de liens particuliers avec la Hongrie, dont il ne parle pas la langue, rappelle toutefois la presse hongroise. Le nouveau président français, "n'a qu'un seul pays : la France", souligne le Magyar Nemzet en s'amusant de ce que les médias hongrois "écorchent" son nom en continuant à la prononcer à la magyare (Schaarkeuzy) et non à la française. "Sarkozy n'agira dans l'intérêt de la Hongrie que si cela sert aussi les intérêts de la France", souligne le quotidien conservateur.
A la Une de la presse américaine |
Les principaux médias américains consacrent leur Une lundi à l'élection de Nicolas Sarkozy à la présidence française, publiant de nombreux reportages de leurs correspondants à Paris détaillant sa large victoire sur Ségolène Royal. Peu de journaux, à l'instar du New York Times, le Washington Post ou USA Today, commentent les résultats du scrutin français dans des éditoriaux. La victoire du candidat de l'UMP est cependant saluée par Wall Street Journal qui estime dans un éditorial qu'"il peut écrire l'histoire et dessiner un nouveau rôle de la France dans le monde en rejoignant les attentes de changement de ses compatriotes". Soulignant que le candidat de droite n'avait pas toujours avancé des idéologies très consistantes, le journal estime que "les Français n'auraient pas pu proposer un homme plus différent pour remplacer Jacques Chirac. M. Sarkozy apporte de l'énergie, de la jeunesse et de l'audace à l'Elysée". Le Washington Post prévient toutefois que les succès de l'ancien ministre français de l'Intérieur durant sa campagne électorale ne garantissent pas automatiquement sa réussite à la tête de l'Etat. "Il ne faut pas s'attendre à voir M. Sarkozy démanteler immédiatement la politique étrangère de M. Chirac, qui plaçait l'Europe comme un contre-poids aux Etats-Unis", écrit le journal : "M. Sarkozy est bien plus impressionné par la politique intérieure américaine".
D'après agence
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