Royal, j'y suis j'y reste

Par , le 07 mai 2007 à 02h03 , mis à jour le 07 mai 2007 à 02h10

Ses déclarations sonnaient dimanche soir comme une volonté de compter plus que jamais dans l'avenir de la gauche.

Election présidentielle/TF1-LCI Ségolène Royal s'adresse aux militants réunis devant le siège du Parti socialiste, rue de Solférino (6 mai 2007).Ségolène Royal s'adresse aux militants réunis devant le siège du Parti socialiste, rue de Solférino (6 mai 2007). © TF1-LCI

Ségolène Royal ou l'anti-Jospin. En 2002, l'ancien Premier ministre avait réagi à sa défaite en se retirant de la vie politique. En 2007, Ségolène Royal arbore au soir du second tour le sourire d'une gagnante et une énergie intacte, malgré un échec sévère. En ne recueillant que 47,3% des voix, la candidate socialiste n'a pas réussi à mener son camp à la victoire. Mais s'apitoyer sur son sort n'est pas son genre. Elle préfère contempler le chemin parcouru depuis un an et savourer une campagne menée au pas de charge, malgré les chausses-trapes de ses adversaires ou "amis".

Elle et ses proches sont persuadés d'avoir réussi à plus changer la gauche en quelques semaines que les éléphants du PS en cinq ans. Son audace d'avoir tendu la main au centre de François Bayrou, elle ne le regrette pas. Son aplomb face au redoutable débatteur Nicolas Sarkozy lors du débat de second tour, elle en est fière. Dimanche à midi, elle a confié quelques regrets : les moqueries de quelques barons socialistes, cela a alimenté, dit-elle, "la petite musique : elle est pas compétente" et le passage d'Eric Besson du PS vers le camp Sarkozy, "ça a fait beaucoup de remugles".

Mais battue par Nicolas Sarkozy, Ségolène Royal entend garder la "niaque" et surtout ne pas se faire voler le chantier de la rénovation socialiste. Aussi a-t-elle choisi de parler la première dimanche soir, dès l'annonce des premiers résultats. Pas question de laisser son compagnon François Hollande ou ses rivaux de la primaire occuper le devant de la scène. Quelques minutes plus tard, devant plusieurs centaines de militants socialistes, elle a pris la parole au micro pour délivrer son message : "tous ensemble, nous allons continuer ce mouvement, cette extraordinaire campagne (...) Je compte sur vous, restons debout !'. Telle une passionaria qui a appris à aimer le contact avec la foule, elle a ensuite clamé "tous ensemble, tous ensemble", les militants lui répondant : "ouais, ouais !". Avec un ton très combatif, elle a adressé des signes aux "militants socialistes mais aussi à tous les autres militants de la gauche et de l'écologie, ceux de Désirs d'avenir, et au-delà toutes celles et ceux qui se sont unis dans le mouvement". Interrogée peu après, elle martelait encore : "je suis portée par un élan" et "je reste debout et solide pour les étapes".

Gagner le prochain combat 

Au même moment, sur les plateaux télé, son fidèle directeur de campagne Jean-Louis Bianco confirmait que Ségolène Royal serait en "première ligne "dans la bataille des législatives. De son côté, son conseiller spécial Julien Dray affirmait qu'il y avait dimanche soir "une figure authentique qui rassemble aujourd'hui la gauche, c'est notre candidate". Et d'affirmer que déjà de nombreux députés socialistes ont demandé à Ségolène Royal de venir les soutenir lors de la campagne des législatives. Toutefois, deux des éléphants du parti, qui représentent des sensibilités différentes, Dominique Strauss-Kahn et Laurent Fabius, ont ainsi pris date pour la suite, plaçant le premier secrétaire François Hollande sur la sellette. Et les jospinistes réclament "un nouveau dispositif" pour conduire la bataille des législatives.

Mais à travers toutes ses déclarations dimanche soir, la présidente de Poitou-Charentes laisse clairement entendre qu'elle entend prendre la tête de l'opposition à Nicolas Sarkozy. Elle finit sa campagne comme elle l'a commencée : pied au plancher. Après des milliers de kilomètres parcourus, des centaines de réunions publiques, d'interviews et de débats de toutes sortes, Ségolène Royal a pris goût au combat et ne raccrochera pas. "Avec moi, la politique ne sera plus jamais comme avant", aimait-t-elle à dire dans ses meetings, comme Nicolas Sarkozy. Son rival installé à l'Elysée, elle veut plus que jamais prouver aux autres et à elle-même qu'elle seule peut poursuivre la transformation idéologique de la gauche.

Si elle ne ressemble pas au Jospin de 2002, elle doit penser au fond d'elle-même au Jospin de 1995. Battu alors par Jacques Chirac avec 47,36% des voix, c'est pourtant lui qui mena et gagna la bataille des législatives en 1997. Cinq ans plus tard, il défendait les couleurs de la gauche à la présidentielle. Avec cette campagne, Ségolène Royal est entrée dans la cour des grands fauves de la politique. Leur point commun n'est-il pas de penser dès le soir de la défaite aux moyens de gagner le prochain combat ?

Par Renaud Pila le 07 mai 2007 à 02:03
Envoyer cette page à un ami
Les champs marqués par une étoile * sont obligatoires.
Les derniers articles Politique
  

23 Commentaires

Afficher : Les plus récents | Les plus appréciés

  • Keldik, le 07/05/2007 à 09h20

    Que madame Royal n'oublie pas que beaucoup comme moi ont voté pour elle juste pour que Sarko ne passe pas, au legislative, c'est le candidat de Bayrou qui aura ma voix, et pas forcement d'aileurs un candidat UDF s'il decide de créer son parti

  • Tof, le 07/05/2007 à 09h12

    Oui Bravo...mais elle a quand même perdu!..et de beaucoup d'ailleurs...Quand à mireille et les autres...quel rapport avec la "France de demain"? aucun!! Il faut y voir une certaine valeur de l'amitié je crois...Que vous ne possédez manifestement pas

  • Le sagard, le 07/05/2007 à 08h56

    Que l'on arrete de parler pouvoir des medias,Sego a perdue par son incompetence et par des idées non precise.Le PS a choisie sa candidate par rapport aux sondages et en paye le prix fort.La gauche doit desormais laisser le futur gouvernement travailler,avec un taux de participation record et plus de six points d'avance,la legitimité de Sarko est incontestable

  • Guy, le 07/05/2007 à 08h45

    MERCI,Ségoléne ont as espérés,mais tous n'est pas perdu,ils vont voir les autres dans qu'elle gachi quand vas se retrouver a partir du 16 mai

  • Mbv, le 07/05/2007 à 08h28

    Jamais deux sans trois ,jospin,royal a qui le tour faites la taire se sont des gens de gauche qui ont voté contre royal et pas pour sarkozy les militants du ps ne sont pas forcement les electeurs de gauche la neccessite d'un reveil a gauche est maintenant plus que d'actualité il faut reaprendre a conjuguez nous,vous ...et banir le je......

  • Jcp, le 07/05/2007 à 08h17

    Voilà Elle peut maintenant remplacer Buffet... C'est là qu'est sa place ! Quand à sa (son) moitié, qu'il retrourne à l'ENA... au fond de la classe.

  • Catherine, le 07/05/2007 à 08h09

    Mme Royal a perdu, et de cela , on ne peut pas lui reprocher en tant que tel. Mais il faut qu'elle comprenne pourquoi, alors qu'une victoire était possible. Je suis à gauche, j'ai voté blanc car elle n'était pas à la hauteur de la fonction

  • Mahoudeau, le 07/05/2007 à 08h01

    Loin de la France, nous avons ete surpris par les reactions violentes et tout a fait anti-democratiques de la Bastille, Toulouse et Lyons. les appels a la revolution et l'agressivite de S. Royal avant le 2eme tour. Peut etre aussi que beaucoup d'electeurs indecis comme moi, avions devine que c'est surtout a l'interieur du parti Socialiste que des comptes restent a regler. par exemple, n'etait ce pas une erreur de voir S. Royal en compagnie de Martine Aubry et Jospin qui restent un des plus mauvais souvenir des Francais de toutes les categories?

  • Help me I'm in Hell, le 07/05/2007 à 07h59

    Quand on voit ce qu'elle a été capable de dire et d'orchestrer, mieux vaut qu'elle prenne sa retraite. Je ne sais pas si le PS pourra se reconstruire pour etre enfin un parti social démocrate. Personnellement j'attends beaucoup du nouveau parti de Bayrou... et soulagé que Jeanne d'Arc ne soit pas présidente.

  • Supermamix, le 07/05/2007 à 07h56

    Si la gauche avait voulu avoir une chance face à Monsieur Sarkozy, il fallait qu'elle choisisse un représentant charismatique comme Jack Lang. Lui aurait une chance de l'emporter, pas Ségolène Royal, elle n'est pas taillée pour, ni pour contre un Sarkozy, ni pour gouverner la France !!! De nombreuses fois elle a montré qu'elle pouvait facilement être déstabilisée, qu'elle ne savait pas se maîtriser et qu'elle perdait facilement son sang froid....... En nommant Ségolène Royal pour la représenter, la gauche s'est sabordée, elle a assuré la victoire à Monsieur Sarkozy...

Lire tous les commentaires

       Chargement en cours...
      Alertez-nous
        alertez-nous

        Témoin d'un événement ?

        Alertez la rédaction !

        Envoyez une alerte

        A lire aussi
        logAudience