Nicolas Sarkozy s'exprimant devant le Conseil national de l'UMP (14 mai 2007) © TF1/LCIC'est un Nicolas Sarkozy visiblement ému qui s'est adressé lundi au "parlement" de son parti. Il est venu en début d'après-midi annoncer aux 2000 conseillers nationaux qu'il quittait la présidence de l'UMP. "Au moment où je viens d'être élu président de la République et à la veille de prendre mes fonctions, chacun comprendra que je ne puis demeurer à votre tête", a-t-il déclaré dans un hôtel parisien.
"La haute idée que je me fais de la fonction présidentielle (...), la nécessité pour le président de la République d'incarner l'autorité de l'Etat, de parler pour tous les Français, de faire en sorte que chaque Français puisse se reconnaître dans ce qu'il dit et dans ce qu'il fait, la nécessité qu'aucun d'entre eux ne puisse douter de son impartialité, me font l'obligation morale de cesser d'exercer les fonctions de président de l'UMP", a-t-il ajouté. Sarkozy avait été élu le 28 novembre 2004 à la présidence de l'UMP, après le départ d'Alain Juppé, contraint de se démettre en raison de ses ennuis judiciaires.
"La fidélité n'est pas le contraire de la compétence"
"Je vais dans les jours qui viennent prendre des décisions importantes pour notre pays. Je le ferai dans un esprit de rassemblement, de justice et d'efficacité", a ajouté Nicolas Sarkozy. "Mes chers amis, mon devoir est de vous quitter. Cela me déchire le coeur. Je le fais parce que c'est la seule façon de bien servir l'intérêt de la France". Il a appelé l'UMP à être "une force de rassemblement et non une force d'exclusion". "Nous allons changer la France en profondeur, faire de la France le pays de l'excellence dans le monde", a-t-il promis.
Durant son discours d'une vingtaine de minutes, le prochain président a défendu sa démarche d'ouverture alors que plusieurs personnalités de gauche sont citées comme ministrables. Une ouverture qui fait grincer des dents parmi certains sarkozystes. Ainsi, Patrick Devedjian, fidèle parmi les fidèles de Nicolas Sarkozy, a souhaité que l'ouverture prônée par le président élu "aille très loin, jusqu'aux sarkozystes". "La fidélité n'est pas forcément le contraire de la compétence" a-t-il affirmé. Son nom n'est pas mentionné parmi les favoris pour un portefeuille ministériel.
Peu après le discours de Nicolas Sarkozy, Jean-Claude Gaudin a annoncé qu'il assurait l'intérim de la présidence de l'UMP, avec Pierre Méhaignerie et Brice Hortefeux. A l'automne, "soit une équipe dirigeante, soit un secrétaire général à la tête d'une direction collégiale", sera mise en place, selon Le Monde. En effet, le futur chef de l'Etat ne veut pas de successeur à la tête de l'UMP.
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