
Au terme d'une journée de prise de fonctions marathon, le nouveau président français est arrivé mercredi après-midi à Berlin, en Allemagne, pour rencontrer Angela Merkel. A sa descente de voiture, Nicolas Sarkozy a embrassé la chancelière allemande et posé la main sur son épaule, mais n'a cependant pas suivi la tradition du baise-main qu'observait Jacques Chirac.
Lors de leur conférence de presse commune, le chef de l'Etat a dans un premier évoqué la situation de crise de l'avionneur européen EADS, objet de tiraillements entre Paris et Berlin : "Il est nécessaire de ne pas perdre une minute. C'est ce que je suis venu faire dès aujourd'hui", a-t-il déclaré. "L'attentisme, l'immobilisme, le conservatisme ne peuvent être des solutions. Je suis sûr qu'en nous mettant au travail, nous arriverons Angela Merkel et moi à des résultats", a martelé Nicolas Sarkozy.
Mini-traité européen
Le nouveau président français a ensuite abordé le dossier européen, "première urgence" pour la France et l'Allemagne. "Nous devons nous mettre tout de suite au travail car il y a urgence à agir", a dit le chef de l'Etat, qui estime qu'"il faut sortir l'Union européenne de sa paralysie actuelle". Et pour cela, "il est nécessaire que l'Allemagne et la France s'épaulant l'un l'autre, car les deux pays ont naturellement, ensemble, une influence plus grande sur les affaires de l'Europe et du monde que lorsqu'elles agissent séparément", a-t-il déclaré.
Cependant, France et Allemagne partent de positions différentes concernant le coup de fouet à donner à l'Union : pour Angela Merkel, il est souhaitable de préserver le maximum de la "substance" de la Constitution, d'autant plus que les 18 pays qui l'ont ratifiée ne comprendraient pas qu'on tienne pour rien leur approbation. Nicolas Sarkozy s'est lui récemment déclaré pour un traité allégé, sur la base des seuls points qui sont acceptés par tous les pays membres.
"Succès partagé"
Au cours du dîner de travail avec Angela Merkel, Nicolas Sarkozy a donc abordé le sujet du traité et souligné qu'il était prêt à avoir des consultations "avec un certain nombre d'Etats membres, avec lesquels il faut faire un travail de conviction pour un traité simplifié" avant le conseil européen, et en tous les cas, "à brève échéance".
A Berlin, le porte-parole de Nicolas Sarkozy a par ailleurs déclaré que le chef de l'Etat "souhaitait que le conseil européen de Bruxelles (prévu fin juin) soit un succès de la présidence allemande , parce que ce serait un succès partagé". A l'issue du dîner de travail, Nicolas Sarkozy a ensuite quitté Berlin pour regagner Paris.
D'après agence
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