Sarkozy manoeuvre pour une équipe de rupture

le 15 mai 2007 à 17h16 , mis à jour le 15 mai 2007 à 19h27

Le gouvernement Fillon devrait être connu vendredi mais les négociations restent intenses dans les bureaux du prochain chef de l'Etat.

TF1-LCI : Nicolas Sarkozy, avec François Fillon, le 11 mai 2007Nicolas Sarkozy, avec François Fillon, le 11 mai 2007 © TF1-LCI

Récompenser les fidèles, assurer le renouvellement, respecter la parité... Former un gouvernement relève toujours du casse-tête.  Mais lorsque Nicolas Sarkozy est à la manœuvre, ça a tout l'air d'un big bang. En consultation permanente avec son fidèle conseiller Claude Guéant et son futur Premier ministre François Fillon, il fait depuis plusieurs jours le forcing pour intégrer des personnalités de gauche à sa "dream team". Objectif réaffirmé devant son parti lundi : pratiquer "l'ouverture" avec des femmes et des hommes de sensibilités différentes. Faire ce que François Bayrou rêvait et réaliser ce que Jacques Chirac n'avait même pas tenté en 2002, malgré une élection triomphale. Dès sa prise de fonction, Nicolas Sarkozy veut repousser l'image d'un homme de clan, symbole d'une droite revancharde. Sa campagne décomplexée, il pense pouvoir la mettre au service de la "réforme en profondeur". "C'est parce que nous sommes forts que nous devons s'ouvrir et rassembler", affirme-t-il, suscitant l'inquiétude de quelques fidèles UMP et les critiques du PS.

Cette stratégie d'ouverture rend le petit jeu des pronostics encore plus délicat que d'habitude. Beaucoup d'appelés, peu d'élus : une foule de noms circulent mais il ne devrait y avoir que 15 heureux. La liste devrait être connue au plus tard vendredi. Pour l'instant, une certitude : François Fillon sera le Premier ministre. Bernard Kouchner semble lui aussi assuré d'être le ministre des Affaires étrangères.

Quelques noms de ministrables se confirment aussi : Alain Juppé, est à peu près assuré d'entrer au gouvernement, avec le titre de ministre d'Etat, qu'il serait le seul à porter. Son ministère regrouperait l'Environnement, le Développement durable, l'Energie et les Transports. Deux autres personnalités semblent également "incontournables": Jean-Louis Borloo et Xavier Bertrand. Tous deux pourraient se partager Bercy qui serait découpé en un ministère de la "Stratégie économique, des Entreprises et de l'Emploi", et un autre pour les "Comptes" (y compris les comptes de la Sécurité sociale).

Le problème Borloo 

Problème : Jean-Louis Borloo veut "tout Bercy", selon des sources concordantes. Si Nicolas Sarkozy acceptait, il faudrait donc trouver un autre ministère à Xavier Bertrand, ex-porte-parole du candidat Sarkozy. Quatre femmes sont également qualifiées d' "incontournables" par plusieurs sources : Michèle Alliot-Marie, Roselyne Bachelot, Christine Boutin et Valérie Pécresse. Selon des sources concordantes, proches du gouvernement et de l'UMP, Christine Boutin serait ministre de la Cohésion sociale, et Roselyne Bachelot celle de la Santé et des Sports. Les sources sont moins catégoriques pour les deux autres : pressentie pour l'Intérieur, Mme Alliot-Marie serait finalement en charge d'un ministère nouvellement créé, celui de la "Sécurité". Et c'est à Rachida Dati, également ex-porte-parole du candidat Sarkozy, à qui reviendrait le "ministère de l'Intérieur, de l'Immigration et de l'Identité nationale". Quant à Valérie Pécresse, porte-parole de l'UMP, son nom est évoqué pour le ministère de la Réforme de l'Etat.

Anne Lauvergeon, PDG du groupe nucléaire français Areva, et ancienne "sherpa" de François Mitterrand, a décliné l'offre que lui avait fait Nicolas Sarkozy d'entrer dans le futur gouvernement. Autres noms évoqués par différentes sources : ceux de Brice Hortefeux (d'abord pressenti pour un ministère de l'Immigration et de l'Identité nationale, il prendrait finalement un ministère "technique" non défini pour l'instant), de Patrick Devedjian, de Christine Lagarde (peut-être la Justice), de Christine Albanel, directrice du château de Versailles, pour la Culture, Xavier Darcos pour l'Education, Maurice Leroy, député UDF de Loir-et-Cher, pour l'Agriculture. Si ces deux dernières attributions se révèlaient exacts, cela signifiera que la Culture et l'Education ne seraient pas regroupées, comme le candidat Sarkozy l'avaient envisagé.

Reste la question apparemment épineuse du ministère de la Défense. Qui pour ce poste? Selon des sources concordantes, le chef de file des UDF à l'Assemblée, Hervé Morin, tiendrait la corde.

le 15 mai 2007 à 17:16
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60 Commentaires

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  • BRUNETIERE, le 16/05/2007 à 19h05

    Le tort du Président, c'est d'avoir affirmer, avant de le composer, la parité Hommes-Femmes au sein du gouvernement. Il est ainsi contraint d'y nommer, à la lecture de votre article, Christine BOUTIN et Roselyne BACHELOT, qui ne symbolisent nullement l'ouverture que les électeurs espéraient. Maintenant, il faut aussi prendre en compte les pressions dont certaines personnalités font l'objet de la part des socialistes et qui, de ce fait, éliminent des "challengers" qui auraient pu très bien servir la France.Ce genre de comportement confirme l'étroitesse de la gauche française, partisanne, rétrograde et mauvaise perdante.

  • Ghisy, le 16/05/2007 à 17h17

    Bachelot au gouvernement de qui se moque-t-on?

  • Cécile, le 16/05/2007 à 15h28

    N. Sarkozy bientôt papa ?

  • Le gibi, le 16/05/2007 à 10h23

    Quand quelqu'un est compétent et qu'il assure correctement sa fonction, qu'importe s'il porte plus à gauche qu'à droite, on jugera sur les résultats. Par contre, ramener Juppé qui a été un des 1er ministre les plus impopulaires + des casseroles en tout genre (rappellez-vous son appartement)n'est peut être pas une trés bonne idée.

  • MICHEL, le 16/05/2007 à 09h56

    BRAVO A NICOLAS SARKOZY QUI FAIT CE QU'IL AVAIT DIT PENDANT LA CAMPAGNE, C'EST A DIRE UN GOUVERNEMENT D'OUVERTURE. ROYAL L'AVAIT DIT ELLE AUSSI, MAIS L'AURAIT ELLE FAIT ? DIFFICILE A CROIRE LORSQUE L'ON VOIT LES CRITIQUES DES PAUVRES SOCIALISTES. BON COURAGE A M. SARKOZY QUI A LE COURAGE DE PRENDRE LES MESURES NECESSAIRES POUR REDRESSER LA FRANCE, N'EN DEPLAISE A CERTAINS.

  • Paul, le 16/05/2007 à 08h53

    Enfin un qui travaille pour la France, alors que la gauche en est encore au slogan : il faut battre la droite !

  • Jacquet, le 16/05/2007 à 08h25

    Bachelot au SPORT?????elle y connait quoi?????ça me fait rire ces ministrables qui ne connaissent rien à leur sujet!!

  • Wahiba, le 16/05/2007 à 08h14

    Je ne suis pas une fan de sarko je note toutefois qu'il fait pour l'instant ce qu'il dit. Et pour ceux qui ont voté pour lui et qui se plaignent maitenant qu'il met des gens de gauche au gouvernement, il l'avait dit dans tous ces meetings. Alors il aurait mieux fait de réfléchir à celà avant de raler maintenant.

  • Assenat bernard, le 16/05/2007 à 08h09

    Bravo,sarko continue a faire un gouvernement d'ouverture,le ps ne sait plus quoi dire et quoi faire

  • Garraud catherine, le 16/05/2007 à 07h41

    C'est quoi, le plus important? qu'ils soient socialistes ou qu'ils soient compétents, les nouveaux ministres

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