Nicolas Sarkozy, avec François Fillon, le 11 mai 2007 © TF1-LCIRécompenser les fidèles, assurer le renouvellement, respecter la parité... Former un gouvernement relève toujours du casse-tête. Mais lorsque Nicolas Sarkozy est à la manœuvre, ça a tout l'air d'un big bang. En consultation permanente avec son fidèle conseiller Claude Guéant et son futur Premier ministre François Fillon, il fait depuis plusieurs jours le forcing pour intégrer des personnalités de gauche à sa "dream team". Objectif réaffirmé devant son parti lundi : pratiquer "l'ouverture" avec des femmes et des hommes de sensibilités différentes. Faire ce que François Bayrou rêvait et réaliser ce que Jacques Chirac n'avait même pas tenté en 2002, malgré une élection triomphale. Dès sa prise de fonction, Nicolas Sarkozy veut repousser l'image d'un homme de clan, symbole d'une droite revancharde. Sa campagne décomplexée, il pense pouvoir la mettre au service de la "réforme en profondeur". "C'est parce que nous sommes forts que nous devons s'ouvrir et rassembler", affirme-t-il, suscitant l'inquiétude de quelques fidèles UMP et les critiques du PS.
Cette stratégie d'ouverture rend le petit jeu des pronostics encore plus délicat que d'habitude. Beaucoup d'appelés, peu d'élus : une foule de noms circulent mais il ne devrait y avoir que 15 heureux. La liste devrait être connue au plus tard vendredi. Pour l'instant, une certitude : François Fillon sera le Premier ministre. Bernard Kouchner semble lui aussi assuré d'être le ministre des Affaires étrangères.
Quelques noms de ministrables se confirment aussi : Alain Juppé, est à peu près assuré d'entrer au gouvernement, avec le titre de ministre d'Etat, qu'il serait le seul à porter. Son ministère regrouperait l'Environnement, le Développement durable, l'Energie et les Transports. Deux autres personnalités semblent également "incontournables": Jean-Louis Borloo et Xavier Bertrand. Tous deux pourraient se partager Bercy qui serait découpé en un ministère de la "Stratégie économique, des Entreprises et de l'Emploi", et un autre pour les "Comptes" (y compris les comptes de la Sécurité sociale).
Le problème Borloo
Problème : Jean-Louis Borloo veut "tout Bercy", selon des sources concordantes. Si Nicolas Sarkozy acceptait, il faudrait donc trouver un autre ministère à Xavier Bertrand, ex-porte-parole du candidat Sarkozy. Quatre femmes sont également qualifiées d' "incontournables" par plusieurs sources : Michèle Alliot-Marie, Roselyne Bachelot, Christine Boutin et Valérie Pécresse. Selon des sources concordantes, proches du gouvernement et de l'UMP, Christine Boutin serait ministre de la Cohésion sociale, et Roselyne Bachelot celle de la Santé et des Sports. Les sources sont moins catégoriques pour les deux autres : pressentie pour l'Intérieur, Mme Alliot-Marie serait finalement en charge d'un ministère nouvellement créé, celui de la "Sécurité". Et c'est à Rachida Dati, également ex-porte-parole du candidat Sarkozy, à qui reviendrait le "ministère de l'Intérieur, de l'Immigration et de l'Identité nationale". Quant à Valérie Pécresse, porte-parole de l'UMP, son nom est évoqué pour le ministère de la Réforme de l'Etat.
Anne Lauvergeon, PDG du groupe nucléaire français Areva, et ancienne "sherpa" de François Mitterrand, a décliné l'offre que lui avait fait Nicolas Sarkozy d'entrer dans le futur gouvernement. Autres noms évoqués par différentes sources : ceux de Brice Hortefeux (d'abord pressenti pour un ministère de l'Immigration et de l'Identité nationale, il prendrait finalement un ministère "technique" non défini pour l'instant), de Patrick Devedjian, de Christine Lagarde (peut-être la Justice), de Christine Albanel, directrice du château de Versailles, pour la Culture, Xavier Darcos pour l'Education, Maurice Leroy, député UDF de Loir-et-Cher, pour l'Agriculture. Si ces deux dernières attributions se révèlaient exacts, cela signifiera que la Culture et l'Education ne seraient pas regroupées, comme le candidat Sarkozy l'avaient envisagé.
Reste la question apparemment épineuse du ministère de la Défense. Qui pour ce poste? Selon des sources concordantes, le chef de file des UDF à l'Assemblée, Hervé Morin, tiendrait la corde.
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