Nicolas Sarkozy, en meeting à Lorient le 3 avril 2007 © TF1/LCIChef de parti plus que chef d'Etat. Voilà ce que les adversaires de Nicolas Sarkozy reprochent au nouveau président depuis qu'il a annoncé qu'il participerait mardi au Havre, à un "grand rassemblement républicain" de l'UMP (en direct sur LCI.fr à 18h). En apportant son soutien au maire UMP de la ville, Antoine Ruffenacht, dans le cadre de la campagne des législatives, Nicolas Sarkozy rompt en effet avec la tradition du "président arbitre", qui veut que celui-ci, au dessus des partis, ne participe pas directement à la vie politique.
La critique est d'abord venue du Front national. "M. Sarkozy va participer es-qualité de président de la République comme orateur à une réunion publique de l'UMP au Havre. Il va prendre la parole pour défendre la candidature du candidat UMP local, se conduisant ainsi comme le chef de parti qu'il prétend ne plus être depuis qu'il a démissionné", a déclaré samedi Jean-Marie Le Pen. Le PS n'a pas été en reste. "C'est la première fois qu'un président de la République qui vient de s'installer fait un meeting pour demander une majorité à sa main", a fait remarquer dimanche François Hollande. "On a un président qui est toujours en campagne électorale. (...) Peut-être qu'il y a besoin de sa voix aujourd'hui pour cacher la politique qui est en train de se mettre en place. Il vient à l'aide", a ajouté lundi Bruno Le Roux, secrétaire national du PS aux élections.
Devedjian contre-attaque
Des accusations anticipées par François Fillon. Mercredi dernier, le Premier ministre soulignait ainsi que les présidents Valéry Giscard d'Estaing et François Mitterrand avaient, en leur temps, participé à des campagnes législatives. Dans un discours prononcé à Verdun-sur-le-Doubs (Bourgogne), en janvier 1978, le président Giscard d'Estaing avait en effet appelé les Français à faire "le bon choix". Il ne s'agissait pas alors d'un meeting. Quant au président Mitterrand, il avait participé à deux meetings, en janvier et février 1986 : l'un au Grand Quevilly, fief de son Premier ministre Laurent Fabius, l'autre à Lille.
"C'est un meeting républicain et non pas un meeting de l'UMP, même si l'UMP apporte sa contribution", a pour sa part tenu à préciser Patrick Devedjian, secrétaire général délégué de l'UMP. "L'UMP ne va pas mettre ses affiches, ses logos à cette occasion. L'UMP appartient à la majorité présidentielle, l'UMP veut la mise en œuvre de ce projet mais elle n'est pas la seule ", a-t-il poursuivi. Selon lui, Nicolas Sarkozy n'émettra pas un "message partisan" mais défendra son projet.
Avec agence
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