François Fillon, invité du 20h de TF1 le 18 mai 2007 © TF1-LCIAprès un premier Conseil des ministres au cours duquel Nicolas Sarkozy a demandé au gouvernement "des résultats" rapides (lire notre article), François Fillon était l'invité vendredi soir du JT de TF1. Il y a détaillé ses priorités et la manière dont les prochaines semaines devraient se dérouler. "La première de nos priorités est de gagner les élections législatives, parce que si nous n'avons pas de majorité à l'Assemblée nationale nous ne pourrons rien faire des engagements que le président de la République a pris". D'ailleurs, "je serai candidat moi-même car le chef du gouvernement doit faire confirmer sa légitimité par le suffrage universel". Tout comme 12 des 20 ministres du gouvernement seront également candidats (lire notre article).
Après quoi, les "3 grandes priorités" de son gouvernement seront :
- La "sécurité", avec 2 textes "déjà prêts". L'un sur les récidivistes, l'autre sur la majorité pénale à 16 ans.
- La "réhabilitation du travail", avec tout d'abord la détaxation des heures supplémentaires.
- La "révolution fiscale", avec 2 mesures que François Fillon a annoncées comme "immédiates" : la suppression des droits succession pour "95% des Français, sauf pour les très grandes fortunes" et "permettre aux Français de devenir propriétaires de leur logements".
Et quand on lui parle du coût de ces mesures, il répond : "il faut savoir parfois investir un peu pour ensuite faire des économies importantes". "L'idée est que nous voulons relancer la croissance par des réformes structurelles que nous allons engager -c'est justement ce qui a manqué par le passé- et pour faire ces réformes il ne faut pas hésiter à amorcer les choses." "C'est sur cinq ans que nous allons réduire le déficit du budget de l'Etat, c'est sur cinq ans que nous allons réduire la dette."
A propos d'une habitude qu'avait prise son prédécesseur, Dominique de Villepin, celle d'une conférence de presse mensuelle, François Fillon a affirmé : "je vais certainement tenir des conférences de presse, mais je ne sais pas si elles seront mensuelles". Ironisant même ("il en faut quand on a quelque chose à dire"), il a expliqué ne pas tenir à un rendez-vous trop "automatique", estimant que cela devrait se faire... plus souvent encore que chaque mois, "compte-tenu de la feuille de route que Nicolas Sarkozy nous a fixée aujourd'hui au Conseil des ministres".
Un gouvernement libre mais qui respectera scrupuleusement le projet de Sarkozy
Pour engager ces réformes rapidement, François Fillon compte sur la "légitimité exceptionnelle" obtenue par la "majorité très claire" obtenue par Nicolas Sarkozy le 6 mai (53,06%) qu'il espère conforter le 17 juin, aux législatives. Ce qui lui donne "le sentiment d'être en mesure de mettre en oeuvre un changement radical de la vie politique française". Car, selon lui, "la grande nouveauté, c'est qu'on tient nos engagements (...) tous les engagements sont tenus : la parité, le nombre restreint, la diversité et l'ouverture à gauche".
A partir de là, François Fillon a expliqué comment devrait fonctionner cette ouverture : liberté mais à la condition de respecter "scrupuleusement" (un terme qu'il a utilisé à plusieurs reprises) ce que demande le président, jugeant "lamentables" les critiques du PS contre l'ouverture. "Ce sera un gouvernement libre, ouvert, mais un gouvernement qui mettra en oeuvre scrupuleusement le projet de Nicolas Sarkozy". Ce qui le concerne directement : "le rôle du chef du gouvernement et des ministres est de mettre scrupuleusement en oeuvre ses promesses". Dans un entretien à Ouest France (de samedi), François Fillon explique également cette répartition des rôles : ils veulent, avec le président, "constituer une équipe très soudée" dans laquelle il revient au chef de l'Etat de "donner les impulsions" alors que le Premier ministre est "chargé de la mise en oeuvre".
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