Royal et Sarkozy en meeting © LCIMalgré une nuit courte après un débat éprouvant; les deux finalistes ont tenté jeudi soir de mobiliser les derniers indécis, avec la même énergie et les mêmes accents rassembleurs. Tournée vers les "énergies positives", Ségolène Royal a appelé les Français à oser faire le choix d'une femme à l'Elysée. La candidate socialite a tenu son dernier grand meeting de campagne, à Lille, sur un ton parfois exalté, se posant en rassembleuse de "toutes les générations", "tous les enfants" et "toutes les croyances". Devant plus de 20.000 personnes et un parterre de responsables de gauche, dont Jacques Delors, la présidente de Poitou-Charentes a prononcé un discours de près d'une heure à forte teneur sociale, défendant ses propositions d'un syndicalisme de masse et d'une cinquième branche de la Sécurité sociale pour le grand âge et la dépendance.
"La France présidente garantira à chaque salarié la possibilité de progresser dans son travail, sa qualification, son salaire. Voila ce que j'appelle construire un avenir pour chacun, le respect pour chacun et le progrès social pour tous", a-t-elle déclaré, reprenant l'un de ses slogans de campagne. "Je ne veux plus voir un ouvrier, une ouvrière commencer au smic et 40 ans plus tard terminer au smic", a-t-elle insisté depuis une petite avancée de scène blanche parsemée de roses rouges. ". "Je pense aussi que reculent les objections de ceux qui pensaient et qui pensent peut-être encore un peu 'mais au fond est-ce bien raisonnable de choisir une femme' (...) "Je vous dis : osez, osez !", a-t-elle conclu.
Sarkozy pour "un rassemblement ouvert"
De son côté, Nicolas Sarkozy avait choisi Montpellier pour son dernier meeting, une ville où il a réalisé un score modeste au 1er tour. Dans une allocution de plus d'une heure, le candidat de l'UMP a offert un florilège des principaux thèmes de sa campagne. "Il nous reste deux jours pour dire adieu à l'héritage de 68, deux jours pour renoncer au renoncement (...) deux jours pour que se lève le grand mouvement populaire qui emportera tous les obstacles (...), deux jours pour que soient créées les conditions du renouveau français", a-t-il affirmé devant un parterre de ministres et en présence de Bernadette Chirac qu'il a "remerciée".
Se voulant rassembleur, le candidat de l'UMP a opposé sa volonté de construire la majorité présidentielle "la plus large" à la "coalition hétéroclite" et "sectaire" qui soutient, selon lui, son adversaire socialiste, Ségolène Royale. Il a également donné à son dernier tour de piste des accents paternels. "Depuis 4 mois, depuis ce 14 janvier où à la Porte de Versailles, j'ai dit à mes amis que je devais aller à la rencontre des Français, (...) depuis qu'a commencé à se créer entre les Français et moi ce lien profond qui s'établit dans une campagne présidentielle entre le peuple et celui qui aspire à devenir l'homme d'une nation, la France a cessé pour moi de n'être qu'une idée pour devenir presque une personne qui souffre et qui espère, qui a des sentiments, qui a des valeurs, qui a une identité", a lancé M. Sarkozy.
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