Les ténors du PS, réunis à Paris, le 29 mai 2007 © TF1/LCISégolène Royal, François Hollande, Dominique Strauss-Kahn, Laurent Fabius et Bertrand Delanoë : la photo socialiste avait de l'allure mardi soir au Zénith de Paris. 6 000 personnes étaient présentes pour ce premier grand meeting du parti depuis le début de la campagne législative.
Objectif officiel : mobiliser des troupes éventuellement démotivées après la victoire de Nicolas Sarkozy à la présidentielle. Mais en coulisses, le leadership du PS après le 17 juin dans toutes les têtes. L'ordre de passage avait ainsi été fermement négocié, chaque leader ayant droit à une quinzaine de minutes de parole.
Royal ovationnée
Deuxième à s'exprimer après Bertrand Delanoë qui a ouvert le bal vers 19h30, Ségolène Royal a longuement été ovationnée aux cris de "Ségolène merci". Lors de son intervention, l'ex-candidate à la présidentielle, anticipant de fait une défaite, a appelé les abstentionnistes à la mobilisation pour "construire une opposition forte". Elle a notamment lancé un "appel particulier" aux jeunes des quartiers populaires, qui ont "voté massivement" pour la présidentielle. "Je les entends se dire 'à quoi bon revenir voter'. Revenez vers les urnes, la France a besoin de vous, revenez nous aider à construire une opposition forte, vibrante, engagée, consciente de ses responsabilités, vigilante, s'opposant a ce que la droite prépare de plus dur, la mettant devant ses responsabilités, l'engageant aussi à respecter le pacte républicain et le pacte social", a-t-elle déclaré. "Ce que la droite attend, c'est un pouvoir hégémonique, un rouleau compresseur qui se dresse et pour lequel tout deviendra possible, même le pire", ironisant sur le slogan de Nicolas Sarkozy. Elle a aussi critiqué l'implication du chef de l'Etat dans la campagne, estimant que l'on ne pouvait à la fois "aller chercher des personnalités de gauche, prétendre avoir fait l'ouverture" et "se présenter comme le président de tous les Français", et de l'autre "s'impliquer comme chef de l'UMP".
A la fin de son discours, elle est restée debout pour saluer la foule, qui frappait dans les mains et tapait des pieds en son honneur. La séquence a duré près de cinq minutes, le premier secrétaire fédéral Patrick Bloche ne parvenant pas à reprendre la parole à la tribune.
Hollande : "Sarkozy court, court"
Dominique Strauss-Kahn et Laurent Fabius sont ensuite montés à la tribune, entre les candidats socialistes à Paris et des messages lus de Lionel Jospin et Henri Emmanuelli. Le premier, applaudi malgré des huées au début, a fait valoir que "les 17 millions de voix de Ségolène Royal ne se sont pas évaporées en trois semaines". Mais il a également sous-entendu qu'il tablait sur une défaite, puisqu'il a souligné que les socialistes "ne laisseront pas faire" les projets du gouvernement. Or "pour cela, il faut que les députés socialistes soient nombreux", a-t-il noté. Laurent Fabius, chaleureusement applaudi, a quant à lui lancé un vibrant appel à "la combativité et à l'unité".
Refusant le défaitisme, François Hollande a conclu la réunion à 22h en lançant une nouvelle attaque en règle contre Nicolas Sarkozy et la politique du gouvernement.
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