Le défilé étudiant organisé mercredi à Paris contre les projets de N.Sarkozy n'a pas vraiment mobilisé les foules © TF1Ils ont accueilli à leur manière Nicolas Sarkozy à l'Elysée. En battant le pavé. En scandant des slogans. En brandissant des banderoles. A l'appel d'organisations d'extrême gauche (Sud, Fédération syndicale étudiante, CNT, des jeunes de la LCR et ceux du PCF), quelques centaines d'étudiants ont défilé dans la rue mercredi après-midi, à Paris, entre Bastille et Nation, pour protester contre les projets du successeur de Jacques Chirac. Le résultat d'assemblées générales organisées dans les facs, la semaine dernière principalement.
"L'esprit général de ce mouvement est de préparer dès maintenant la riposte", expliquait mardi à LCI.fr, Gabriel, 25 ans, étudiant en licence d'anglais à Paris X Nanterre. La riposte ? "Oui, l'idée est de montrer que le jour même de sa prise de fonction, Sarkozy devra tenir compte de cette opposition déjà dans la rue, déjà prête pour le bras de fer décisif qui sera engagé avec le gouvernement. Il a effectivement recueilli 53% des suffrages au second tour mais qu'il se souvienne qu'il est minoritaire chez les ouvriers et les jeunes notamment", poursuivait d'une voix fortement motivée, le membre des JCR.
"Sarko = camisole de la pensée"
Premier mot d'ordre de la manifestation : protester contre les réformes universitaires annoncées par Nicolas Sarkozy avant l'élection. "Priorité absolue", du nouveau président, l'Enseignement supérieur devrait prochainement faire l'objet d'une loi. Au programme : "autonomie réelle" des universités, accueil de "tous les bacheliers" avec un quota par filière qui devrait dépendre des "réalités du marché du travail". "Mieux vaut prévenir : les lycéens contre les réformes de Sarko", "Sarko = camisole de la pensée", pouvait-on lire sur quelques rares banderoles dans le cortège. "C'est une privatisation du savoir que l'on nous prépare, sans humanisme aucun, s'inquiète Janique Lauret, présidente de la FSE, qui redoute un examen de ces textes de loi cet été, sans que les étudiants ne puissent réagir."
Cela serait "irresponsable" pour Bruno Julliard. Interrogé par LCI.fr, le président du syndicat étudiant l'Unef estime que "faire une loi en juillet voudrait dire passer en force". Le premier syndicat étudiant n'a pas appelé à la manifestation jugeant un tel mouvement prématuré. "Ça serait contre-productif et perçu comme anti-républicain par le reste de la population. Il faut attendre la concertation et les négociations", martèle le jeune leader qui qualifie néanmoins d'"inquiétants" certains propos de Nicolas Sarkozy.
"Clamer son opposition à Sarkozy n'est pas un crime"
L'enseignement supérieur au cœur des revendications, mais pas seulement. Les manifestants de mercredi souhaitent également l'amnistie pour tout ceux qui ont été arrêtés "arbitrairement" lors des manifestations anti-Sarkozy du second tour. L'argument ? "Clamer son opposition n'est pas un crime", justifie Gabriel. Les étudiants souhaitent également la régularisation de tous les sans-papiers; l'abrogation du CNE ; le maintien du droit de grève...
La semaine dernière, certains étudiants anarchistes avaient tenté de lancer un mouvement de blocage d'universités. Hormis le blocus d'une journée de Tolbiac, la mayonnaise n'a pas pris sur les campus, la majorité des étudiants, en pleine révision de partiels, préférant attendre d'en savoir plus. A en juger par la faible mobilisation, le mouvement de mercredi a lui aussi fait chou blanc.
Les présidents d'université à Sarkozy : pas de réforme sans concertation |
La conférence des présidents d'universités (CPU) a prévenu mercredi le nouveau président de la République Nicolas Sarkozy que la réforme de l'Enseigenement supérieur "requiert une phase d'élaboration et de concertation avec l'ensemble des acteurs impliqués". Rappelant, dans un communiqué, que Nicolas Sarkozy avait "clairement exprimé" pendant la campagne son "souhait qu'une réforme soit engagée rapidement", la CPU a estimé que seule une phase de concertation garantirait le "succès" d'une réforme de l'Enseignement supérieur et "sa capacité à répondre de façon cohérente aux besoins et aux ambitions de formation et de recherche du pays". La CPU a ainsi annoncé l'organisation d'Assises de l'Enseignement supérieur, sans en préciser la date ni les participants. (AFP) |
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