Universités : la manif' anti-Sarko fait chou blanc

Par , le 16 mai 2007 à 05h00 , mis à jour le 18 mai 2007 à 15h14

A l'appel d'organisations d'extrême gauche, quelques centaines d'étudiants ont défilé mercredi à Paris pour protester contre les projets à venir du nouveau président.

Le défilé étudiant organisé mercredi à Paris contre les projets de N.Sarkozy n'a pas vraiment mobilisé les foules/TF1Le défilé étudiant organisé mercredi à Paris contre les projets de N.Sarkozy n'a pas vraiment mobilisé les foules © TF1

Ils ont accueilli à leur manière Nicolas Sarkozy à l'Elysée. En battant le pavé. En scandant des slogans. En brandissant des banderoles. A l'appel d'organisations d'extrême gauche (Sud, Fédération syndicale étudiante, CNT, des jeunes de la LCR et ceux du PCF), quelques centaines d'étudiants ont défilé dans la rue mercredi après-midi, à Paris, entre Bastille et Nation, pour protester contre les projets du successeur de Jacques Chirac. Le résultat d'assemblées générales organisées dans les facs, la semaine dernière principalement.

"L'esprit général de ce mouvement est de préparer dès maintenant la riposte", expliquait mardi à LCI.fr, Gabriel, 25 ans, étudiant en licence d'anglais à Paris X Nanterre. La riposte ? "Oui, l'idée est de montrer que le jour même de sa prise de fonction, Sarkozy devra tenir compte de cette opposition déjà dans la rue, déjà prête pour le bras de fer décisif qui sera engagé avec le gouvernement. Il a effectivement recueilli 53% des suffrages au second tour mais qu'il se souvienne qu'il est minoritaire chez les ouvriers et les jeunes notamment", poursuivait d'une voix fortement motivée, le membre des JCR.

"Sarko = camisole de la pensée"

Premier mot d'ordre de la manifestation : protester contre les réformes universitaires annoncées par Nicolas Sarkozy avant l'élection. "Priorité absolue", du nouveau président, l'Enseignement supérieur devrait prochainement faire l'objet d'une loi. Au programme : "autonomie réelle" des universités, accueil de "tous les bacheliers" avec un quota par filière qui devrait dépendre des "réalités du marché du travail". "Mieux vaut prévenir : les lycéens contre les réformes de Sarko", "Sarko = camisole de la pensée", pouvait-on lire sur quelques rares banderoles dans le cortège. "C'est une privatisation du savoir que l'on nous prépare, sans humanisme aucun, s'inquiète Janique Lauret, présidente de la FSE, qui redoute un examen de ces textes de loi cet été, sans que les étudiants ne puissent réagir."

Cela serait "irresponsable" pour Bruno Julliard. Interrogé par LCI.fr, le président du syndicat étudiant l'Unef estime que "faire une loi en juillet voudrait dire passer en force". Le premier syndicat étudiant n'a pas appelé à la manifestation jugeant un tel mouvement prématuré. "Ça serait contre-productif et perçu comme anti-républicain par le reste de la population. Il faut attendre la concertation et les négociations", martèle le jeune leader qui qualifie néanmoins d'"inquiétants" certains propos de Nicolas Sarkozy.

"Clamer son opposition à Sarkozy n'est pas un crime"

L'enseignement supérieur au cœur des revendications, mais pas seulement. Les manifestants de mercredi souhaitent également l'amnistie pour tout ceux qui ont été arrêtés "arbitrairement" lors des manifestations anti-Sarkozy du second tour. L'argument ? "Clamer son opposition n'est pas un crime", justifie Gabriel. Les étudiants souhaitent également la régularisation de tous les sans-papiers; l'abrogation du CNE ; le maintien du droit de grève...

La semaine dernière, certains étudiants anarchistes avaient tenté de lancer un mouvement de blocage d'universités. Hormis le blocus d'une journée de Tolbiac, la mayonnaise n'a pas pris sur les campus, la majorité des étudiants, en pleine révision de partiels, préférant attendre d'en savoir plus. A en juger par la faible mobilisation, le mouvement de mercredi a lui aussi fait chou blanc.

Les présidents d'université à Sarkozy : pas de réforme sans concertation

La conférence des présidents d'universités (CPU) a prévenu mercredi le nouveau président de la République Nicolas Sarkozy que la réforme de l'Enseigenement supérieur "requiert une phase d'élaboration et de concertation avec l'ensemble des acteurs impliqués". Rappelant, dans un communiqué, que Nicolas Sarkozy avait "clairement exprimé" pendant la campagne son "souhait qu'une réforme soit engagée rapidement", la CPU a estimé que seule une phase de concertation garantirait le "succès" d'une réforme de l'Enseignement supérieur et "sa capacité à répondre de façon cohérente aux besoins et aux ambitions de formation et de recherche du pays". La CPU a ainsi annoncé l'organisation d'Assises de l'Enseignement supérieur, sans en préciser la date ni les participants. (AFP)

Par Amélie Gautier le 16 mai 2007 à 05:00
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48 Commentaires

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  • Perennes Guillaume, le 16/05/2007 à 19h19

    Cet arcticle est terriblement orienté. Et le mouvement ne part pas de l'extreme gauche. A moins que nos etudiants soit si facilement influencables. Ce qui marquerait l'echec de notre systeme educatif. La droite n'aurait elle pas correctement gérée nos universités ses dernieres années?

  • Claude, le 16/05/2007 à 18h33

    Au lieu de manifester, ayez des idées, faites des propositions réalistes, prenez votre avenir en main, avancez et alors vous serez écoutez !

  • Marc, le 16/05/2007 à 17h54

    Que represente un millier de jeunes qui manifestent la plupart du temps sans savoir pourquoi face aux milions de personnes qui ont elus monsieur Sarkory.

  • Riziere, le 16/05/2007 à 17h30

    Travaillez au lieu de manifester pour ne rien foutre et laisser ceux qui veulent le faire. La LCR et consort ferait bien de se méfier des retours de batons. Les 10% de l'extème gauche ne pèsent pas lourd. Alors merci de laisser le pays en paix

  • Regis, le 16/05/2007 à 16h34

    Ils feraient mieux de penser a leurs etudes.....

  • Jaco, le 16/05/2007 à 16h23

    Je n'arrive pas à comprendre la couverture médiatique de ces types qui ne représentent quasiment rien ni personne....A qui cela profite t il en fin de compte ?

  • Zoe, le 16/05/2007 à 16h05

    J'aimerais bien les revoir dans quelques années, devenus parents, je ne suis pas certaine qu'ils seront si fier de ce qu'ils auront tenté de faire de cette journée

  • Francis, le 16/05/2007 à 15h58

    Laissez travailler ceux qui veulent travailler laissez etudier ceux qui veulent etudier votre revolution d arriere garde est exasperante vous bloquez la France d en haut qui vous nourrit. stop

  • David, le 16/05/2007 à 15h12

    A Denis de Paris : vous qualifiez de "râleurs habituels" ceux qui font part de leur désapprobation ici? Vous ne comprenez pas qu'il s'agit de la majorité de ce pays qui en a assez de se voir imposer des diktat à répétition par des minorités qui n'hésitent pas à prendre cette majorité en otage. Ce temps là est révolu et parmis les prochains à descendre dans la rue pour faire barrage aux fauteurs de troubles et aux empêcheurs de gouverner en rond, il y aura moi.

  • Olaf, le 16/05/2007 à 14h57

    05 ans d'études d'Histoire en France et en Belgique. Jamais doublé et jamais été au chômage de ma vie ! Merci de publier à l'intention des "champions du travail" qui passent leur temps à poster sur lci.fr

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