Ségolène Royal (10 juin 2007) © TF1-LCI"J'entendais le commentaire tout à l'heure sur les propos de François Hollande et de Ségolène Royal, moi j'en ai assez que la vie politique et notamment celle de mon parti tourne autour de la vie d'un couple". Le propos est signé Manuel Valls et en dit long sur la guerre à venir au sein du PS. Cette bataille va être conditionnée par les forces en présence chez chacun des protagonistes. Or, la plupart des lieutenants de Ségolène Royal pour la campagne présidentielle se trouvaient dimanche soir en difficulté à l'issue du premier tour des législatives, une situation qui pourrait peser sur ses ambitions.
L'ancien directeur de la campagne de la candidate, Jean-Louis Bianco, les deux porte-parole Vincent Peillon et Arnaud Montebourg, le secrétaire national à l'économie Michel Sapin ainsi que Jean-Pierre Chevènement, étaient en ballottage défavorable. L'ancien président de SOS Racisme, Malek Boutih, n'a pas réussi son parachutage dans la 4e circonscription de Charente où il a été éliminé dès le premier tour, ne totalisant que 15,66% des voix face à une candidate dissidente du PS. Bras-droit de l'ex-candidate, Julien Dray est devancé dans l'Essonne par Laurence Gaudin (UMP) mais devrait être réélu.
Montebourg et Peillon emportés par la vague bleue ?
Seule Delphine Batho, qui se présentait dans l'ancienne circonscription de Ségolène Royal, à Melle dans les Deux-Sèvres, se trouvait en bonne position pour être élue. La jeune secrétaire nationale du PS à la sécurité, 34 ans, a obtenu 44,55% au premier tour, contre 34,73% au candidat UMP. Co-directeur de la campagne Royal, avec le maire de Dijon François Rebsamen, qui lui ne se présentait pas, Jean-Louis Bianco (36,4%) est devancé par la candidate de l'UMP Eliane Barreille (38,6%) dans la 1ère circonscription des Alpes-de-Haute-Provence. Le second tour s'annonce difficile pour le député PS sortant dans une circonscription où Nicolas Sarkozy a devancé Ségolène Royal de 2.400 voix le 6 mai.
De son côté, Arnaud Montebourg, député sortant de la 6e circonscription de Saône-et-Loire, a obtenu 41,37% des suffrages, derrière le candidat de l'UMP Arnaud Danjean (43,95%). Le second tour sera d'autant plus serré dans cette circonscription qui a placé Nicolas Sarkozy en tête au second tour de la présidentielle avec près de 54%. Arnaud Montebourg est député de cette circonscription depuis 1997 et il l'avait emporté en 2002 avec plus de 55% des voix au second tour. Co-fondateur avec Arnaud Montebourg du Nouveau Parti socialiste, Vincent Peillon aura la tâche encore plus rude dans la 3e de la Somme où le député UMP sortant Jérôme Bignon est arrivé largement en tête avec 40,65% contre 29,56% pour le candidat PS.
DSK en difficulté
Président socialiste de la région Centre, Michel Sapin est en ballottage serré dans la 1ère circonscription de l'Indre face au député sortant UMP Jean-Yves Hugon. L'ancien ministre socialiste a recueilli 31,71% des suffrages, soit près de dix points de moins que M. Hugon (41,15%) dans cette circonscription qui avait voté à 53% pour Ségolène Royal le 6 mai. Jean-Pierre Chevènement, qui s'était beaucoup investi dans la campagne Royal, a pour sa part été largement distancé par le député sortant UMP Michel Zumkeller (43,15% contre 26,03%) dans la 2e circonscription du Territoire de Belfort.
Si les proches de Ségolène Royal sont en difficulté dimanche soir, les amis de DSK ne doivent pas se réjouir trop vite. En effet, leur champion est lui-même dans une situation délicate dans sa circonscription de Sarcelles. L'ancien ministre se retrouve en ballottage très serré face à sa rivale UMP, Sylvie Noachovitch, qui l'a devancé de 90 voix lors du premier tour, avec 37,37% des suffrages contre 37%. Il dispose de réserves de voix du PS et du Modem mais le score sera très juste.
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