Fillon cogneur, pour la suite...

Par , le 07 juin 2007 à 10h10 , mis à jour le 07 juin 2007 à 10h51

Sur les estrades, le Premier ministre attaque violemment la gauche, flirtant avec la sortie de route. A la recherche d'un style pour imposer son autorité sur ses troupes.

TF1-LCI : François Fillon en meeting le 4 juin 2007François Fillon en meeting le 4 juin 2007 © TF1-LCI

Mais quelle mouche a piqué François Fillon ? On le connaissait ondoyant et tempéré, profil idéal pour former le bon attelage avec l'impétueux Nicolas Sarkozy. On le découvre tranchant et guerrier, aux côtés d'un président tout en ouverture. "Une campagne, ça nous change tous mais c'est vrai que son ton m'a surpris, confie un de se amis députés. Ça peut être contre-productif". Prononcés en meetings, dont la fièvre n'autorise pas tous les excès, certains de ses propos sont de ceux qui provoquent généralement le chahut sur les bancs de l'Assemblée. Accuser la gauche de "ne pas aimer la France" ou encore de "ne pas en être fière" étonne dans la bouche d'un Premier ministre qui veut incarner, à l'instar du chef de l'Etat, une pratique politique nouvelle. Pourquoi humilier ses adversaires, et à travers eux des millions d'électeurs, alors qu'ils vacillent ?

Certes, face au tollé suscité au sein du PS par ses charges répétées, François Fillon s'efforce de tempérer ses attaques sans rien retirer sur le fond. "Nous avons besoin, pour réformer notre pays, d'une gauche moderne, qui soit à l'image des autres gauches européennes (...) Ce que je reproche à la gauche, c'est qu'elle vient de perdre une présidentielle, de manière très sévère, et qu'elle ne commence pas le début d'une autocritique". Pas de recul mais une explication de texte pour un chef de gouvernement bien décidé à exister. "Son ton est justifié, il est le chef de cette bataille et c'est la première fois qu'il est en première ligne, décrypte le député UMP de Paris Claude Goasguen. Cette autorité, il en aura bien besoin pour la suite de la législature".

Car si les attaques de François Fillon semblent trancher avec son image d'homme sobre et policé qu'il a longtemps cultivé, elles ne constituent en rien un dérapage, tant elles sont répétées. Elles répondent plutôt à une volonté d'asseoir son autorité sur sa future majorité pléthorique à l'Assemblée, face à un Nicolas Sarkozy omniprésent.

Deux blessures

Au risque de ne pas grandir la dignité du combat politique, le Premier ministre se comporte en guerrier pour être bientôt le chef de ses troupes. "Attention, c'est un méchant", aurait dit de lui, en 1999, Nicolas Sarkozy, dans un quasi-compliment. Ce "fauve rentré" est longtemps resté dans l'ombre de Philippe Séguin, relégué au rang de caution sociale des gaullistes. Mais deux crises sont venues secouer l'homme : la perte de sa région en 2004 et son éviction du gouvernement par Villepin l'année suivante. Deux blessures qui l'ont endurci, et sans doute porté jusqu'au bureau de Matignon.

Les Français vont devoir apprendre à connaître le nouveau François Fillon. Un réformateur qui met du liant certes, mais qui peut également cogner, avec force caricature. A l'inverse, dans son fief de la Sarthe, où il espère d'ailleurs être élu dès le premier tour dimanche, comme en 2002, il tient à son image d'homme pondéré, n'hésitant pas à affirmer que son département est étranger à l'esprit partisan. "Parfois, ici, avec les maires, on ne sait même pas qui est de gauche ou de droite", déclarait-il récemment à Sablé en rendant hommage à son ancien mentor, le gaulliste Joël Le Theule, qui lui a "légué le goût du consensus et une manière de faire de la politique qui cherche à éviter les conflits les plus brutaux". 

Par Renaud Pila le 07 juin 2007 à 10:10
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24 Commentaires

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  • Bibard, le 08/06/2007 à 09h12

    Le pouvoir donne beaucoup de droit,certes,mais cela ne va pas sans devoir: le respect.Vous êtes le premier Ministre de tous les Français que je sache ,vous faites parti d'un gouvernement qui se dit d'ouverture,alors pourquoi cette stigmatisation d'une partie des Français qui ne pense pas comme vous ,ce coté revenchard?Serez-vous en perpétuelle campagne électorale?

  • Attab, le 07/06/2007 à 21h39

    Mr fillon a raison, d'être farouche envers la gauche, moi je dit et j'exige que je l'approuve, car dans mes pensées certaines c'est une gauche qui n'aiment point la france et il détruit le peuple entier avec leur pensée unique et l'immobilisme jusqu'a une guerre se déclare de n'importe quelle nature!

  • J.-J.R., le 07/06/2007 à 21h34

    Mr.Fillon a bien raison de mettre la gauche a la place qu/elle mérite. Mitterrand était pire vis a vis de Giscard,qui lui méritait mieux.

  • René, le 07/06/2007 à 17h47

    Qui a dit au congrés de Valence:"Vous avez juridiquement tort parceque vous êtes politiquement minoritaire"?N´est-ce pas un socialiste du nom de Quiles,surnommé à juste titre Robespaulquiles.Alors les donneurs de leçons un peu en veilleuse et de décence SVP.

  • Helene, le 07/06/2007 à 17h00

    FILLON a,eut raison de taper sur la gauche "un donne pour un rendu ".La gauche a tous les droits comme toujours.Ils sont les plus instruits,detiennent toutes les verites ,sont les meilleurs (surtout pour perdre) et à la premiere place pour les critiques.Je leur souhaite une deculotee phenomenale au legislative, HOLLAND ET ROYAL feront leur acte de contrition

  • Lascoux, le 07/06/2007 à 15h38

    Les dérapages du tandem infernal ne font que commencer.

  • Jean paul, le 07/06/2007 à 14h47

    Cette phase électorale passée, chacun aura du travail sur la planche. MR FILLON avec son nouveau gouvernement devra oeuvrer pour que le programme de mr SARKOSY soit mis en place selon un calendrier certainement dressé.Quand au PS, qui restera certes la 2eme formation politique du pays, peut être un peu secoué par la vague bleue, va se reconstruire avec Mr DSK. Mais dans la ligne d'une société moderne.

  • Philippe, le 07/06/2007 à 14h38

    D'après Préselle "une grosse majorité de français pensent (y compris à gauche)" penserait donc que la gauche n'aime pas la France, c'est une affirmation gratuite. Monsieur Fillon devrait plutôt garder son sang-froid pour gouverner et arbitrer, au lieu d'insulter la moitié du pays...

  • Vinet, le 07/06/2007 à 14h30

    Incroyable les hommes et femmes de gauche et d'extreme gauche ont le droit de critiquer, d'etre humiliant contre les femmes et hommes de droite et comme miracle si l'inverse se produit les tenords des medias s'emparent des paroles et hurlent ARRETEZ Teniv, Baillargues

  • RABAGLIATO, le 07/06/2007 à 14h24

    Quand les personnalités de gauche "agressent" verbalement NS et la droite, c'est normal. Quand un premier ministre de droite s'en prend, un peu fort, il est vrai à la gauche, c'est un scandale...cherchez l'erreur !

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