François Hollande sur RTL (7 juin 2007) © TF1/LCIA peine l'équipe au pouvoir a-t-elle mis la dernière touche à ses réformes fiscales que le premier secrétaire du PS sonne la charge. François Hollande a ainsi affirmé jeudi sur RTL que le gouvernement allait "augmenter de 2 à 3 points les taux de TVA" pour financer ses mesures fiscales. Mais, assure-t-il, le gouvernement se garde de faire part aux Français "des mauvaises nouvelles" avant les élections législatives.
Entre les dispositifs sur les heures supplémentaires, la suppression des droits de succession et le bouclier fiscal, il faudra pourtant bien "compenser les 15 milliards d'euros de cadeaux fiscaux", estime François Hollande. Sur l'estimation du coût pour le budget de l'Etat, notamment des heures supplémentaires défiscalisées, il a ironisé sur "l'erreur de modestie" de François Fillon qui, la veille, avait chiffré sur la même antenne entre "2,5 et 3 milliards d'euros" le coût de la mesure avant de revoir à la hausse son chiffre dans la journée pour évoquer un coût entre "5 et 6 milliards".
"Les risques de fraude sont considérables"
Le numéro un du PS a concentré ses critiques contre le dispositif de défiscalisation et de détaxation des heures supplémentaires. "Ce sont des mesures à la fois défavorables pour l'embauche et même paradoxalement pour le pouvoir d'achat". Il sera "plus coûteux de recourir à une embauche que de recourir à des heures supplémentaires". Et "même en cas de reprise de la croissance, l'emploi des personnes en attente sera découragé, l'emploi des personnes déjà au travail sera à peine conforté". Autre critique : "si la seule façon de gagner plus, c'est de faire des heures supplémentaires, il n'y aura plus de négociation salariale dans l'entreprise", estime le premier secrétaire du PS, en soulignant que ce sont les chefs d'entreprise qui décident des heures supplémentaires. Enfin, "les risques de fraude sont considérables".
A propos d'un autre sujet polémique, abordé la veille par François Fillon qui y voyait "l'injustice la plus criante", à savoir les régimes spéciaux de retraite : François Hollande estime qu'ils doivent "être réformés" en fonction du seul "critère de pénibilité". Ainsi, "pour les métiers pénibles, il est normal d'avoir des durées de cotisation plus faibles. Cela vaut pour les régimes spéciaux comme pour tous les autres régimes". En revanche, "ceux qui n'ont pas de contrainte n'ont pas de raison d'avoir des facilités particulières". Les régimes spéciaux de retraite concernent les salariés d'entreprises publiques, en particulier la RATP, EDF-GDF et la SNCF (au total, 500.000 actifs et 1,1 million de retraités) qui ont des droits généralement supérieurs à ceux des autres salariés et des fonctionnaires, et ce pour des raisons à la fois historiques et de pénibilité des tâches. A l'automne 1995, la tentative de réforme d'Alain Juppé s'était soldée par de longues grèves.
Hollande attendra le prochain Congrès pour passer la main |
Le Premier secrétaire du PS a indiqué jeudi sur RTL qu'il quitterait sa fonction "lors du prochain congrès qui est théoriquement fixé en 2008". "Et c'est déjà beaucoup", a-t-il ajouté. Il avait déjà indiqué à plusieurs reprises qu'il effectuait son dernier mandat comme premier secrétaire. "En 2008, j'aurai fait onze ans comme secrétaire national, c'est assez", avait-il affirmé récemment. Depuis la défaite de Ségolène Royal, plusieurs voix au PS ont publiquement demandé qu'il passe la main. Ainsi, le député PS de l'Essonne Manuel Valls a souhaité que François Hollande "cède sa place après les législatives" pour que le processus de rénovation du PS "aille jusqu'au bout". L'ancien président de l'Assemblée nationale Raymond Forni a, lui, appelé "une refondation" du PS avec un "nouveau responsable", estimant que "le temps de François Hollande" à la tête du Parti socialiste était "passé". |
D'après agence
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