La Une du Figaro du 21 juin 2007 © TF1/LCI"Une révolution" dans le style, dans le ton. C'est ainsi que la presse nationale et régionale, agacée ou sous le charme, juge les interventions de Nicolas Sarkozy mercredi à l'Elysée devant les députés UMP puis sur TF1 pour expliquer les réformes qu'il s'est engagé à mener.
"Cet homme veut faire ce qu'il a dit. Nouveauté sidérante, qui laisse pantois les parlementaires habitués, comme les Français, à tant de demi-mesures et de franches reculades", constate Alexis Brézet dans Le Figaro. "Cela change du règne précédent avec lequel on a bien compris que la rupture se voulait radicale puisqu'on nous annonce que toutes les promesses, cette fois, seront tenues", souligne pour sa part Philippe Waucampt dans Le Républicain lorrain.
Nicolas Sarkozy est, à sa manière, "un artiste". "Un bateleur dont le numéro est très au point, fait d'un mélange de franchise surjouée, d'étonnement feint, de bon sens, de modestie, d'assurance et de truismes assénés", analyse La République des Pyrénées sous la plume de Jean-Marcel Bouguereau. "Quand il parle, tout semble si simple, trop simple", renchérit Olivier Picard dans Les Dernières Nouvelles d'Alsace. "En l'écoutant, François Fillon a dû se demander ce qu'il aurait encore à raconter la semaine prochaine devant les députés pour son 'discours de politique générale' !", imagine Hervé Favre dans La Voix du Nord.
"Energie, courage"
"S'il s'agit de moderniser", prévient Laurent Joffrin dans Libération, "il triomphera des obstacles". "Mais si l'injustice de certaines mesures se précise, ce qui ne devrait pas manquer d'arriver, l'écueil sera bien plus redoutable. Alors s'achèvera un état de grâce qui n'aura jamais vraiment commencé", prédit l'éditorialiste. "En fait de volontarisme, la méthode frise en réalité ouvertement l'autoritarisme", condamne Pierre Laurent dans L'Humanité. Un constat que ne contredit pas Pascal Aubert dans La Tribune: "On le savait hyperactif et hyperengagé, on le découvre hyperdirectif et l'oeil à tout."
Pourtant, "quelle énergie d'entreprendre ! Quel courage de la réforme !", s'enthousiasme Hervé Chabaud (L'Union). "Mais Nicolas Sarkozy doit se méfier. Tant d'ardeur à vouloir montrer qu'il voit juste peut, un jour ou l'autre, le pousser à la faute" déclare Pierre Taribo dans L'Est républicain .
(D'après agence)
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