Alain Juppé au lendemain de sa défaire à Bordeaux © TF1/LCILe réveil est difficile pour Alain Juppé, qui accuse le coup de sa défaite dans la deuxième circonscription de la Gironde dimanche. "Si je pouvais crever, vous seriez contents" a-t-il lancé, amer, à des journalistes, alors qu'il inaugurait ce matin le salon des vins et spiritueux Vinexpo à Bordeaux. Le ministre déchu, que la défaite aux législatives oblige à la démission du gouvernement, estime avoir "dit ce qu' [il avait] à dire hier soir, [il] ne dira rien de plus aujourd'hui", avant de rétorquer aux journalistes qui se pressaient autour de lui : "ce que vous voulez, c'est que j'aille très très mal, c'est cela qui vous exciterait. On sent une délectation amusante".
Malgré la tension, le maire de Bordeaux a ensuite prononcé le discours inaugural du salon, en présence de la ministre de l'Agriculture, Christine Lagarde. Mais la tête n'y est pas. Car c'est aujourd'hui que le ministre de l'Ecologie et du Développement durable doit donner sa démission à François Fillon. Battu dimanche par la candidate socialiste Michèle Delaunay qui a réuni 50,93% des voix à Bordeaux, Alain Juppé n'a d'autre choix. François Fillon l'avait annoncé : tout ministre battu devra démissionner. Alain Juppé en fait les frais et laisse le gouvernement Fillon sans numéro 2.
"Il peut rester maire"
Hier soir, Alain Juppé avait par ailleurs estimé que "s'agissant de [son] mandat municipal, [il] réunira dans les prochains jours [son] équipe municipale et [ils] décideront ensemble de ce qu'il convient de faire". Lundi, son entourage a annoncé que le maire de Bordeaux réunira la majorité municipale mercredi. Hugues Martin, son premier adjoint, a demandé à Alain Juppé de ne pas renoncer à ses responsabilités. "Ce qu'on souhaite, c'est qu'il reste à son poste de maire" a-t-il déclaré aux journalistes.
Même chose pour Michèle Delaunay, l'adversaire politique d'Alain Juppé dans la 2e circosncription de la Gironde. La députée socialiste a expliqué que "le fait d'avoir été battu en tant que député" n'impliquait pas "qu'il quitte son mandat de maire". La mairie de Bordeaux, M. Juppé l'a pourtant regagnée en 2006, après une absence de deux ans suite à sa condamnation dans l'affaire des emplois fictifs au RPR.
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