Marielle de Sarnez © LCIAu second tour de la présidentielle, les électeurs de François Bayrou s'étaient répartis de manière équilibrée entre Nicolas Sarkozy (40%) et Ségolène Royal (40%), 20% choisissant l'abstention. Pour ce second tour des législatives, selon les premières études, il semble qu'ils aient choisi de privilégier les candidats de gauche, expliquant en partie leur succès et le reflux de la vague bleue annoncée.
C'est à Paris que cette nouvelle donne, qu'il faudra prendre en compte pour l'avenir et notamment les municipales de mars 2008, est la plus tangible. Les reports de voix du MoDem vers la gauche y ont été massifs, dans les circonscriptions de gauche comme de droite.
Cochet-Sarnez, report quasi-parfait
Dans trois secteurs où la bataille était incertaine, le candidat UMP était arrivé devant son concurrent socialiste et Verts dimanche dernier, avec un MoDem oscillant entre 11 et 13%. Au soir du second tour, le constat est amer pour l'UMP : Arno Klarsfeld (8e circ.), Jean-François Legaret (1re circ.) et Bertrand Lavaud (17e circ.) se sont lourdement inclinés face à Sandrine Mazetier, Annick Lepetit et Martine Billard, qui ont récolté entre 54,2 et 56,2% des suffrages. Même l'opposition à la Constitution européenne de Martine Billard, sur laquelle comptait l'UMP pour limiter les reports de voix, n'a pas débouté les électeurs du parti de François Bayrou.
Dans les trois autres circonscriptions où le ballottage était serré en faveur de la gauche, la punition est la même pour la droite : dans l'emblématique 11e circonscription, Yves Cochet a bénéficié d'un report presque parfait des 18% de Marielle de Sarnez, le bras droit de François Bayrou, pour conserver son siège avec plus de 57% des voix face à Nicole Guedj, ancienne secrétaire d'Etat dans le gouvernement Raffarin. Jean-Christophe Cambadélis (20e circ.) et Serge Blisko (10e circ.) dépassent aussi largement la barre des 57% pour retrouver leur banc à l'Assemblée.
Tiberi moins facilement que prévu
Autre conséquence logique : dans les six circonscriptions de l'Est parisien où les sortants socialistes -Daniel Vaillant, Tony Dreyfus, Christophe Caresche, Patrick Bloche et Jean-Marie Le Guen, Danièle Hoffman-Rispal- avaient une avance confortable de plusieurs points au soir du premier tour, la barre des 60% est largement franchie.
Ce vote à gauche du MoDem a également eu lieu dans les circonscriptions acquises de fait à la droite. Dans la 2e, Jean Tiberi a ainsi battu Lyne Cohen-Solal par 52,6% à 47,3%. Au premier tour, la candidate socialiste n'avait obtenu que 27,7%, tandis que le MoDem était arrivé en troisième position avec 16%.
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