Les personnalités symboles du scrutin

Par M.C., F.A. et R.P., le 15 juin 2007 à 18h03 , mis à jour le 15 juin 2007 à 19h56

Au-delà du résultat national, une vingtaine de circonscriptions sont à surveiller avec attention, en raison de leur valeur symbolique et de la présence de personnalités.

Assemblée Hémicycle de l'Assemblée nationale

Juppé restera-t-il au gouvernement ? 

Gironde, 2e circonscription  

- Alain Juppé, UMP : 43,73%
- Michèle Delaunay, PS : 31,36%  

 

La règle imposée par François Fillon est claire : tout ministre battu devra quitter le gouvernement. Des quatre membres du gouvernement non élus dès le 1er tour, Alain Juppé est celui dont la victoire est la moins assurée ce dimanche. Avec plus de douze points d'avance sur Michèle Delaunay, le ministre de l'Ecologie dispose néanmoins d'une avance confortable.

Mercredi, Ségolène Royal est venue soutenir la représentante socialiste en la qualifiant de "candidate de la morale politique", soulignant, qu'à la différence de Alain Juppé, elle serait "vraiment députée" si elle était élue -en cas de victoire du ministre d'Etat, ce serait en effet son suppléant, Hugues Martin, qui siègerait à l'Assemblée.

DSK y croit

Val d'Oise,  8e circonscription  

- Sylvie Noachovitch, UMP : 37,37
- Dominique Strauss-Kahn, PS : 37,00%
 

Finale de "célébrités" à Sarcelles : Dominique Strauss-Kahn est opposé à Sylvie Noachovitch, avocate et chroniqueuse télé à ses heures perdues. Sûre d'elle et de sa victoire, elle a surpris tout le monde en devançant l'ancien ministre socialiste dans son fief.

Mais les résultats du 1er tour laissent penser que le candidat PS devrait pouvoir compter sur de meilleurs reports de voix.  Au total, la gauche non socialiste a réuni 11,65% des suffrages le 10 juin dernier. Déjà en situation de ballottage en 2002, DSK l'avait finalement emporté avec 55% des voix. Seul bémol : la candidate UMP jouit cette fois d'une grande notoriété, notamment dans les classes populaires.

Montebourg sur la corde raide

Saône-et-Loire, 6e circonscription

- Arnaud Danjean, UMP : 41,37%
- Arnaud Montebourg, PS : 43,95%

Opposé à un ancien diplomate du Quai d'Orsay, le porte-parole médiatique de Ségolène Royal lors de la présidentielle est en mauvaise posture pour conserver un siège conquis en 1997. Mercredi, bousculant son programme, l'ex-candidate à l'Elysée est d'ailleurs venu le soutenir. "J'ai besoin d'Arnaud à l'Assemblée", a-t-elle alors lancé devant un millier de militants, pour certains prévenus par des envois massifs de SMS rédigés par la fédération départementale.

Les deux clés du scrutin : les électeurs de gauche vont-ils se mobiliser après avoir boudé les urnes dimanche dernier ? Sur qui vont se reporter les voix du candidat MoDem, qui a obtenu 4,9% au premier tour et qui n'a donné aucune consigne de vote ?

Buffet veut sauver sa "terre"

Seine-St-Denis, 4e circonscription

- Thierry Meignen, UMP : 34,35% 
- Marie-George Buffet, PC : 32,26% 

Même si, contrairement à 2002, elle a été devancée par son adversaire au premier tour, la secrétaire nationale du PC semble la mieux partie pour conserver son siège. Elle dispose en effet d'importantes réserves de voix à gauche, notamment les 15% de la candidate socialiste. Pour les récupérer, elle a notamment reçu le soutien de Jean-Luc Mélenchon pendant l'entre deux-tours. En cumulant le score du dissident UMP et du FN, Thierry Meignen ne peut compter pour sa part que sur 8% supplémentaires tandis que le MoDem n'avait pas de candidat dans cette circonscription. La clé du scrutin reposera donc surtout sur le report des voix et la mobilisation ou non des abstentionnistes du premier tour (plus de 50%).

 Klarsfeld-Mazetier, la bataille du XIIe

Paris, 8e circonscription

- Arno Klarsfeld, UMP : 35,76%
- Sandrine Mazetier : 33,54%

La bataille promet d'être rude entre l'UMP Arno Klarsfeld et la socialiste Sandrine Mazetier. Arrivé en tête avec seulement un millier de voix d'avance sur sa rivale, le médiatique avocat sait bien qu'il n'a pas droit à l'erreur : la 8e de Paris, seule circonscription de l'est parisien encore à droite, recouvre la majeure partie du XIIe arrondissement, crucial dans la bataille des municipales l'an prochain. De son côté, l'adjointe de Bertrand Delanoë ne perd pas de vue son objectif : conquérir ce fief de la droite pour permettre au maire de Paris d'aborder en position de force l'après-Hollande au sein d'un PS très mal en point.

Chevènement aura du mal

Territoire de Belfort, 2e circonscription

- Michel Zumkeller, UMP : 43,15%
- Jean-Pierre Chevènement, MRC : 26,03%

La tâche ne sera pas aisée pour Jean-Pierre Chevènement, autre soutien de Ségolène Royal en difficulté. Maire de Belfort depuis 1983, le " Che " tente de reconquérir son siège à l'Assemblée. Face à lui : Michel Zumkeller, député sortant UMP, qui a recueilli 43,15% des voix au 1er tour. Un très bon score qui, selon Jean-Pierre Chevènement, s'explique par "une démobilisation massive de l'électorat de gauche", mais aussi par "une candidature dissidente qui a gravement affaibli la dynamique de gauche". Une bonne nouvelle néanmoins : le dissident en question, n'est pas présent au 2e tour. Mieux, ce dernier a appelé à voter pour le président du MRC. .

"Guejd-mobile" contre "Cochet-Vert"

Paris, 11e circonscription

- Yves Cochet, Verts : 35,79%
- Nicole Guedj, UMP : 34,03%

Duel serré après l'élimination de Marielle de Sarnez au 1er tour : Nicole Guedj, ancienne secrétaire d'Etat de Jean-Pierre Raffarin, affrontera le député vert sortant Yves Cochet. Pour récupérer le siège de la droite dans cette circonscription qui a voté massivement pour Ségolène Royal à la présidentielle, la candidate UMP n'a pas hésité à sillonner le XIVe arrondissement à bord de sa " Guedj mobile ", une voiture-vélo à son effigie. De son côté, Yves Cochet mise sur le report des voix du MoDem. Et ce, bien que Marielle de Sarnez n'ait pas directement appelé à voter pour lui, invitant simplement les électeurs à la " défense du pluralisme ".

Marielle de Sarnez, battue dans la 11e circonscription

Essonne, 10e circonscription

- Laurence Gaudin-Beauvais, UMP : 36,12%
- Julien Dray, PS : 32,86%-

Il a beau être l'un des ténors du PS, sa réélection n'est pas acquise. Loin de là. Dans la 10e circonscription de l'Essonne, Julien Dray, porte-parole du PS et conseiller de Ségolène Royal, affrontera la candidate UMP Laurence Gaudin-Beauvais. Conseillère municipale de Morsang-sur-Orge, cette dernière a réussi son pari : mettre Julien Dray, constamment réélu depuis 1988, en ballotage défavorable. Et ce, alors qu'elle se présente pour la 1ère fois. Pour conserver son siège à l'Assemblée, Julien Dray devra donc compter sur les voix recueillies par le communiste Patrick Bardon, arrivé en 3e position au 1er tour avec 10,12% des suffrages.

Une triangulaire symbolique pour le MoDem

Pyrénées-Atlantiques, 4e circonscription

- Hervé Lucbereihl, UMP, 31,36%
- Jean Lassalle, MoDem, 29,54%
- Jean-Pierre Domecq, PS, 19,86%

Des douze triangulaires possibles, il n'en reste plus qu'une seule après les désistements de candidats de gauche ou de droite. Jean Lassalle, figure emblématique de l'UDF depuis son combat pour l'emploi dans la vallée d'Aspe, y paye sa fidélité à François Bayrou. Arrivé en seconde position derrière le candidat UMP, il lui sera difficile de conserver un siège acquis en 2002. Son assise locale à Lourdios-Ichère, dont il dirige la mairie depuis 1977, pourrait néanmoins lui permettre de remporter son pari. De son côté, Hervé Lucbéreilh, semble avoir bénéficié, dans les communes situées dans l'ouest de cette circonscription à cheval sur le Béarn et le Pays basque, du choix d'un suppléant basque.

Bianco en mauvaise posture

Alpes de Haute-Provence, 1re circonscription 

- Eliane Barreille, UMP : 38,60%
- Jean-Louis Bianco, PS : 36,40%
 

Comme les principaux autres soutiens de Ségolène Royal -Julien Dray, Arnaud Montebourg, Jean-Pierre Chevènement-, son ancien directeur de campagne se trouve dans une situation difficile pour conserver un siège acquis en 1997. Elaine Barreille, qui se présente pour la première fois, l'a en effet devancé de deux points au premier tour, dans une circonscription où Nicolas Sarkozy avait obtenu 52,4% des voix le 6 mai.

L'ancien maire de Digne semble néanmoins disposer d'une réserve de voix plus importante que son adversaire. A l'instar de nombreux duels serrés, l'inconnue principale concerne le report de voix de la candidate du MoDem (4,82%), qui a appelé à voter pour la représentante UMP.

Et aussi

Les autres circonscriptions à surveiller... 


Vincent Peillon sur la corde raide

L'ancien porte-parole de Ségolène Royal a réalisé dimanche dernier un meilleur score qu'en 2002 (29,56%) mais il est en ballottage très défavorable dans la 3ème circonscription de la Somme. Le député sortant Jérôme Bignon (UMP) est arrivé largement en tête, avec 40,65% des suffrages. Le report des voix communistes pourrait ne pas suffire à Vincent Peillon.

Marine Le Pen tente son va-tout

On pourrait l'appeler "la rescapée". Elle a recueilli 24,47% des voix au premier tour, quand le FN au niveau national n'en recueillait que 4,29% et restait sous la barre des 5% dans les deux tiers des circonscriptions. Dans la débâcle de son parti, la vice-présidente du FN remporte une victoire personnelle, qui la place en position forte pour les futures échéances internes du parti. Mais dimanche, le second tour sera difficile : la gauche et l'extrême gauche ont totalisé au 1er tour près de 48% des voix. Avec le MoDem, l'addition des scores atteint 60%.

Partie difficile pour Donnedieu de Vabres 

L'ancien ministre de la Culture tente de récupérer le siège qu'il occupait depuis 1997. Mais il aura besoin des voix du MoDem et des villiéristes pour battre le socialiste Jean-Patrick Gille (31,89%), adjoint au maire de Tours, la ville qu'il vise l'an prochain aux municipales. Ses 38,13% rendent cette élection incertaine.

Une surprise MoDem en Bretagne ? 

En Ille-et-Villaine, la surprise est venue du MoDem, dont le candidat Thierry Benoit (20,21%) a mis en ballottage la députée sortante UMP Marie-Thérèse Boisseau (37,25%) dans la 6ème circonscription (Fougères). Les socialistes arbitreront ce duel inédit.


Retrouvez tous les résultats en cliquant ici Législatives 1er tour
Par M.C., F.A. et R.P. le 15 juin 2007 à 18:03
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2 Commentaires

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  • Campion, le 16/06/2007 à 12h38

    Les chiffres que vous attribuez sur cette fenêtre ''Montebourg sur la corde raide'' sont inversés Les vrais sont: Danjean:43,95 Montebourg:41,37

  • Philippe, le 16/06/2007 à 11h38

    S'il en est un qui mérite de prendre une deculotté c'est Montebourg.(voir les différents feuilletons avec les accusations sur Chirac et autres) . Il représente le politicien par excellence qui n'a cure de l'avenir de son pays et ne s'interesse qu'au petit jeu de destruction de ses opposants . C'est le mal qui a rongé La France pendant plus de 25 ans avec un parti socialiste trop puissant, qui lorsqu'il gouvernait ne faisait rien et quand il était en opposition freinait toute réforme avec l'aide démagogique de la Rue . Aussi une vague Bleue d'homme de bon sens, d'homme d'état, de réformateurs, c'est une bonne chose . Esperons que les socialistes ont compris la leçon et que Montebourg soit mis au placard .

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