Pour Marine Le Pen, les résultats du FN prédisent un futur radieux pour le parti d'extrème droite © TF1-LCILe MoDem est "le perdant"
Le commentaire est celui de Corinne Lepage, dont le parti écologiste Cap21 est cofondateur du Mouvement démocrate qui n'aura qu'une modeste représentation à l'Assemblée : 4 députés. Malgré son score de 18,57% à la présidentielle, François Bayrou va donc se retrouver sans groupe parlementaire. Sans surprise, le "troisième homme" de la présidentielle est parvenu à conserver son siège, réélu haut la main dans les Pyrénées Atlantiques. Jean Lassalle un temps menacé, a également gardé son siège. François Bayrou s'est engagé à ce que les députés du MoDem représentent néanmoins "pluralisme et diversité", et défendent les Français avec "liberté d'esprit et de ton". "Nous allons construire ce grand courant politique dont la France a besoin", a-t-il ajouté, affirmant que le MoDem "gagnera d'autant mieux quand les scrutins seront plus justes", allusion aux municipales et cantonales de 2008 notamment.
Le Nouveau Centre
Fondé par les ex-UDF ralliés à Nicolas Sarkozy, le Nouveau Centre tire son épingle du jeu grâce à l'UMP. Il aura au moins 21 députés, assez pour constituer un groupe. Son chef de file Hervé Morin avait prévu jusqu'à 25 sièges. Le Nouveau Centre va "tenter progressivement de faire en sorte que notre formation politique s'épanouisse, grandisse, et prenne le flambeau de l'UDF que le MoDem a abandonné", a réagi Hervé Morin, chef de file.
Le FN parie sur les municipales
Elle juge son score "exceptionnel" mais il ne lui aura pas, malgré tout, permis de remporter une place de députée. Marine Le Pen, la seule représentante du Front national au second tour des législatives, a obtenu 41,65% des suffrages contre 58,35% au socialiste sortant Albert Facon dans la 14e circonscription du Pas-de-Calais à Hénin-Beaumont. Face à résultat, Marine Le Pen a fait part de son optimisme dans la perspective des élections municipales de mars 2008. "Nous devons nous préparer à accueillir les déçus de la droite sarkozyste et de la gauche stérile (...) nos perspectives sont immenses", a-t-elle estimé. Quant au président de l'extrême-droite, il reste en piste malgré son âge et le net recul du Front national à la présidentielle. "Je continue le combat pour autant que j'en aurai la force", a déclaré le président du FN qui aura 79 ans mercredi prochain.
Mi-figue, mi-raisin pour le PRG
Le Parti radical de gauche (PRG) de Jean-Michel Baylet conserve sept sièges mais ses figures emblématiques sont battues. Ainsi l'ancien ministre Roger-Gérard Schwartzenberg a été battu dans le Val-de-Marne où il était le député depuis 21 ans. Emile Zuccarelli, député-maire sortant de Bastia a abandonné à l'UMP le mandat détenu par sa famille depuis 27 ans. Ce résultat intervient alors que depuis la défaite de la gauche à la présidentielle, Jean-Michel Baylet a multiplié les déclarations en faveur d'une rupture avec le PS et d'une ouverture vers le Parti radical de Jean-Louis Borloo. Cette stratégie a été toutefois contestée par des élus et des députés sortants.
MRC : la débâcle du "lion de Belfort"
Le Mouvement républicain et citoyen gagne un fauteuil dans l'hémicycle mais voit sa figure de proue Jean-Pierre Chevènement - président d'honneur du parti- sévèrement battue par le député UMP sortant Michel Zumkeller dans le Territoire de Belfort. Après cette défaite, l'ancien ministre a affirmé qu'il ne se représenterait pas aux municipales de Belfort l'an prochain. Absent de l'ancienne assemblée, le MRC peut se consoler d'avoir gagné un siège: Christian Hutin, 46 ans, a été élu dans la 12e circonscription du Nord (Dunkerque-Gravelines). Il l'a emporté avec 63,95% des voix face à son adversaire UMP Jacqueline Gabant.
"Tout le monde passe" chez les Verts
C'est un quadruple succès pour les Verts qui ont réussi, au-delà même de leurs espérances, à faire élire les quatre candidats qu'ils présentaient au second tour des législatives. "100% de nos candidats au second tour ont été élus, on est le seul parti dans cette situation", exultait dimanche soir Cécile Duflot, la secrétaire nationale. Un résultat qui devrait réveiller les ardeurs des Verts, durement secoués par le score désastreux de leur candidate à la présidentielle, Dominique Voynet, qui n'avait fait que 1,57%, laminée notamment par le vote utile. Ils se sont dits soucieux de remettre leur parti sur les rangs, au premier chef en se donnant les moyens de se faire entendre à l'Assemblée. Sur LCI, Dominique Voynet a ainsi estimé "logique" la constitution d'un groupe avec les communistes et les Verts, en ajoutant que cela ne signifie pas "un accord politique". Cécile Duflot a pour sa part indiqué que le parti devrait "essayer de faire partie d'un groupe technique", qui ne serait "pas forcément homogène".
Le "très beau résultat" du PCF
Après la débâcle à la présidentielle, le PCF a fait preuve d'une remarquable résistance aux législatives, préservant la majorité de ses bastions. Le parti communiste garde 15 députés (contre 21 dans l'Assemblée sortante). "Le PCF sera le quatrième groupe à l'Assemblée nationale", s'est félicitée la secrétaire nationale Marie-George Buffet même réélue dans son fief en Seine-Saint-Denis avec 56% des voix.
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