Qui pour remplacer Juppé ? L'Elysée consulte

Par R.P. et D.H., le 18 juin 2007 à 15h18 , mis à jour le 18 juin 2007 à 22h50

Reçu lundi à l'Elysée, Jean-Louis Borloo pourrait quitter Bercy pour l'Ecologie : une option parmi d'autres pour régler le casse-tête Juppé.

TF1-LCI : Alain Juppé arrive à l'Elysée, le 18 juin 2007, au lendemain de sa défaite aux législativesAlain Juppé arrive à l'Elysée, le 18 juin 2007, au lendemain de sa défaite aux législatives © TF1-LCI

La politique n'est jamais écrite à l'avance. Les résultats de dimanche l'ont une nouvelle fois démontré et annoncent une semaine très chargée, à droite comme à gauche. La déconfiture d'Alain Juppé à Bordeaux, entraînant sa démission du gouvernement selon la règle édictée par François Fillon, est le plus fort symbole de l'avertissement lancé par les électeurs à celui qu'ils ont installé à l'Elysée le 6 mai. Ils lui ont donné la majorité qu'il demandait, mais corrigé fortement leur choix du premier tour au profit du PS, qui ressort avec 36 députés de plus qu'en 2002.

Nicolas Sarkozy a reçu lundi matin le Premier ministre à Matignon. François Fillon a remis  la démission de son gouvernement au président Sarkozy, qui l'a aussitôt chargé de former un nouveau gouvernement au lendemain des élections législatives. Il y est revenu lundi soir, et en est sorti entouré de plusieurs personnalités de la majorité, dont Jean-François Copé et Michèle Alliot-Marie. Entre temps, Nicolas Sarkozy a notamment reçu le ministre de l'Economie, Jean-Louis Borloo, pendant une demi-heure. 

Borloo, Castries, Barnier ?

Quant à Alain Juppé, il a passé 3/4 d'heure à l'Elysée lundi soir, et en est reparti sans faire aucun commentaire, après avoir été reçu dans l'après-midi à Matignon pour que François Fillon "lui (fasse) part de son respect et de son amitié". Sa défaite cinglante est un premier coup dur pour l'Elysée. Le remaniement ministériel que Nicolas Sarkozy doit annoncer peut-être mardi matin et qui ne devait concerner qu'une poignée de secrétaires d'Etat devient beaucoup plus compliqué. On évoquait dimanche soir à l'UMP, parmi d'autres hypothèses, celle d'un remplacement d'Alain Juppé par l'ancien ministre des Affaires étrangères Michel Barnier, ou par Henri de Castries, patron d'Axa,   ou encore par l'actuel ministre de l'Economie, Jean-Louis Borloo, à qui il faudrait alors trouver un remplaçant à Bercy.

Le paradoxe est que Jean-Louis Borloo est peut-être, indirectement, en partie responsable de la chute d'Alain Juppé. Ce sont en effet des propos tenus par le ministre de l'Economie le soir du premier tour des législatives qui sont à l'origine de la polémique sur la TVA sociale dont la gauche a fait un cheval de bataille entre les deux tours. Renaud Dutreil, ancien ministre et élu dimanche député à Reims, a ainsi affirmé que Jean-Louis Borloo allait "devoir s'expliquer" sur le projet de TVA sociale, "une erreur majeure de communication" qui a selon lui fait perdre "beaucoup de voix" à l'UMP.

Répétant qu'il n'était pas candidat au poste, Nicolas Hulot a indiqué lundi soir qu'on lui "a confirmé" que le périmètre du super ministère de l'Ecologie resterait inchangé : "avec les mêmes attributions, (le) même positionnement au sommet du gouvernement, un ministère d'Etat, puisque cela fait partie des engagements du candidat" Sarkozy.

Et les secrétaires d'Etat ?

Le gouvernement Fillon II devrait comporter une demi-douzaine de secrétaires d'Etat. A gauche, le nom de Jean-Marie Bockel, est fréquemment cité. Ceux d'Hubert Védrine, Jacques Attali ou Claude Allègre le sont pour des missions ou des rapports qui leur seraient confiés par Nicolas Sarkozy. Parmi les membres du Nouveau Centre, André Santini semble bien parti mais on parle aussi de Maurice Leroy, Nicolas Perruchot, ou François Sauvadet. L'aile libérale de l'UMP devrait être servie avec son chef de file, Hervé Novelli, ainsi que les jeunes UMP comme Rama Yadé, pour la francophonie, les députés Laurent Wauquiez ou Nathalie Kociusko-Morizet.

Dans le cadre d'autres consultations avant le Conseil européen de fin de semaine, Nicolas Sarkozy a également reçu lundi Jean-Pierre Raffarin, puis François Bayrou, premier face-à-face entre les deux hommes depuis des mois. Devaient suivre le patron de l'UMP Patrick Devedjian, ainsi qu'Edouard Balladur, Simone Veil, et Hervé Morin. "Cette liste sera complétée par d'autres entretiens demain (mardi) et dans les jours qui viennent", a indiqué le porte-parole de l'Elysée.

Par R.P. et D.H. le 18 juin 2007 à 15:18
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20 Commentaires

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  • Sandro Guido, le 18/06/2007 à 22h11

    Je lis dream team par ici et par là, mais il faut rester réaliste quand même. Mme Bachelot à la santé et au sport, Mme Boutin quelque part, on n'est bien loin de la copie d'un dream team. Enfin, Mr Borloo à l'économie avait lâché le morceau au moment où il ne fallait pas et Mr Fillon en chef d'ochestre l'a certifié. Sérieusement, il faudra faire mieux pour le prochain gouvernement.

  • Nicole, le 18/06/2007 à 21h24

    Je suis outrée par les réactions de certains concernant Mr Juppé. C'est vrai quand il est arrivé à Bx, nous n'étions pas "chauds" mais il a tant fait pour la ville, il s'est montré tellement bon maire que maintenant, à cause d'une incapacité de Mr Borloo à réagir à une pique de Mr Fabius, on risque de le perdre. C'est lamentable

  • Azertyuiop, le 18/06/2007 à 17h47

    Quel mépris pour les autres que ce "pauvre bete" Les épithètes dont on affuble autrui sont ceux qui vous qualifie le mieux Confusius période rose!

  • Doudou, le 18/06/2007 à 17h41

    Je pense que Mr Jupé n'aurait pas pu se présenter aux législatives ! Fort de son élection à la mairie de Bordeaux à son retour du Canada il a devait être persuadé qu'il serait réélu ? Dommage !

  • PATIN Didier, le 18/06/2007 à 17h34

    Je suis prétendant à une place de Ministre, ayant 25 ans dans un centre de recherche dédié à l'industrie mécanicienne.

  • Paul, le 18/06/2007 à 17h25

    Les français veulent du changement.C'est finis les hommes politiques condamnés pour des malversations. Messieurs Juppé et Carignon devront trouver autre chose à faire.

  • JACQUES, le 18/06/2007 à 17h23

    Y a qu'à mettre Bachelot : comme plante verte un peu fannée elle fera l'affaire.......

  • Fred, le 18/06/2007 à 17h20

    Et si c'était très bien joué et anticipé de nommer Juppé pour mieux le "tuer" ensuite. Il ne se relèvera plus et ne sera plus un risque pour Sarko. Je trouve le coup très très fort.

  • Cbibi, le 18/06/2007 à 17h13

    A peine constitué, le gouvernement est en cours de remaniement. Bigre! Cela devient folklorique à droite comme à gauche. Et la FRANCE, dans tout ça...Les calendes grecques

  • Pierre GRAND, le 18/06/2007 à 17h11

    Je propose que le Parti Unique le renvoit en Sibérie Occidentale, avec les autres perdants bien-sûr.

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