François Hollande, sur le plateau de TF1, écoute le discours de Ségolène Royal, dimanche 6 mai 2007, peu après 20 heures. © TF1-LCISégolène Royal persiste dans son cavalier seul, malgré son rappel à l'ordre hier soir par la direction du PS. "Je ne suis pas dans des stratégies d'alliance. Je suis dans des logiques tout simplement de simplicité des relations humaines dans la politique (...) Il n'y a pas de négociation entre appareils et de désistement organisé", a déclaré l'ex-candidate sur RMC. Alors que son initiative d'appeler lundi François Bayrou pour évoquer le second tour des législatives a été désavouée mardi par le Bureau national du parti, Ségolène Royal a déploré "une tempête dans un verre d'eau", "une affaire disproportionnée par rapport à la réalité". L'un de ses fidèles, François Rebsamen, a affirmé mercredi matin qu'au PS "personne n'avait parlé de changement d'alliance, de rupture d'alliance", récusant l'idée que Ségolène Royal ait été désavouée par la direction du PS. "Ce n'est pas du tout un désaveu", a-t-il dit sur Canal+.
Pourtant, mardi soir, le Bureau national du PS, "unanime", a refusé la stratégie d'alliance avec le MoDem de François Bayrou proposée la veille par l'ex-candidate. Ségolène Royal avait contacté lundi François Bayrou, fondateur du MoDem, pour explorer les possibilités d'accords locaux de désistements entre le PS et le parti centriste en vue du second tour des élections législatives, dimanche prochain.
La mise au point de Mauroy
Selon Benoît Hamon, l'instance dirigeante du parti, dont c'était la réunion hebdomadaire, a approuvé la position du premier secrétaire qui avait invité les électeurs socialistes à "favoriser le pluralisme" -autrement dit à voter MoDem- dans les quatre circonscriptions où le choix du second tour se limite à la présence d'un candidat UMP et d'un candidat MoDem. "La position du PS ne dépasse pas cet encouragement", a ajouté le porte-parole.
La réunion hebdomadaire du Bureau national a été marquée, selon plusieurs participants, par "une intervention solennelle" de Pierre Mauroy. L'ancien Premier ministre a déclaré devant ses camarades que la stratégie des alliances du PS relevait "des instances du parti et du premier secrétaire, et de personne d'autre", a rapporté Benoît Hamon. Il a aussi fait valoir que "l'élection qui se joue dimanche n'est pas celle d'une personne". Outre le n°1 du parti François Hollande, Bruno Le Roux et Louis Mermaz, autres amis de Ségolène Royal, sont allés dans le même sens que l'ex-maire de Lille. La réunion du Bureau national s'est déroulée d'autant plus calmement qu'aucune voix ne s'est fait entendre pour s'exprimer dans le sens contraire. Les proches de Ségolène Royal, comme François Rebsamen et Julien Dray, étaient absents.
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