Nicolas Sarkozy en Une du Figaro (7 juin 2007) © TF1/LCI- Prêt pour d'autres personnalités de gauche au gouvernement
Nicolas Sarkozy déclare au Figaro qu'il pourrait proposer "à d'autres personnalités de gauche et du centre" d'entrer au gouvernement, "si l'opportunité se présente" au lendemain des législatives. "Je suis heureux d'avoir dans mon gouvernement des hommes de la qualité de Bernard Kouchner, de Jean-Pierre Jouyet, d'Eric Besson et Martin Hirsch. Ils ont été courageux. Avec l'ouverture, je n'ai pas voulu faire un 'coup'", affirme-t-il. "Je veux réformer en profondeur notre pays pour le moderniser. Parce que les changements seront forts, j'ai besoin d'une majorité large".
- Les retouches au gouvernement après les législatives
"Des secrétaires d'Etat feront leur entrée" après les législatives "mais on ne doublera pas, loin de là, la taille du gouvernement!", assure Nicolas Sarkozy. Ils "devront répondre à des critères de diversité" par "leurs origines territoriales, leurs origines politiques et être représentatifs de la France multiple".
- Sarkozy ironise sur les accusations de "concentration du pouvoir"
"Ceux qui disent cela sont ceux qui se sont battus au côté de François Mitterrand pour lui donner la majorité que l'on sait !...'Tous les pouvoirs', cela ne les gênait pas quand c'était pour la gauche !", lance-t-il. "Qu'est-ce que cela veut dire quand vingt régions sur vingt-deux sont à gauche, quand plus de la moitié des départements sont à gauche, quand tant de communes sont à gauche?", demande Nicolas Sarkozy. "Je n'essaie pas de savoir si la majorité sera trop grande ou trop petite. Je me bats pour obtenir le soutien parlementaire qui me permettra de mettre en oeuvre le projet ratifié par les Français. Je me bats pour avoir une majorité qui m'aide à appliquer le mandat qui m'a été confié".
- Le président ouvre la porte à la proportionnelle
Nicolas Sarkozy se dit prêt à discuter de l'introduction d'une "dose minoritaire" de proportionnelle pour les législatives, "si un consensus se dégage" parmi les formations politiques qu'il promet de consulter après les législatives. "Je recevrai après l'élection toutes les formations politiques représentées à l'Assemblée, au Sénat et au Parlement européen", déclare le chef de l'Etat, qui précise que la liste inclut le Front national. "Au nom de quoi l'écarterais-je, dès lors qu'il a des élus? J'écouterai les propositions de chacun. Je ne suis pas fermé", explique-t-il.
- Présidence de la commission finances : "l'engagement sera tenu"
Le président affirme que l'engagement de confier la présidence de la commission des Finances de l'Assemblée nationale à un membre de l'opposition "sera tenu dès le lendemain des élections législatives". "Je comprends parfaitement que cet engagement, que j'ai pris devant les Français, puisse bousculer certaines traditions et peut-être gêner des ambitions, mais tout cela a bien peu d'importance au regard de l'enjeu", déclare le chef de l'Etat, en soulignant que son "devoir c'est de rassembler une majorité et le devoir de la majorité c'est de s'ouvrir. Si la majorité ne s'ouvre pas, elle se condamne. Le président de la République ne peut être l'homme d'un parti ou d'un clan".
- Vacances pour les élus en août
Le président Sarkozy affirme que la session extraordinaire du Parlement ne se prolongera pas en août. "Le mois de juillet sera consacré à l'action législative prioritaire. Le mois d'août, aux vacances. Dans l'immédiat, je veux faire passer un texte économique et financier très fort qui montrera la cohérence de notre politique", ajoute-t-il. Il précise que ce texte économique ne sera pas un collectif budgétaire, car "un collectif budgétaire c'est ouvrir de nouvelles dépenses. Je veux créer les conditions d'une nouvelle stratégie économique".
- Parachutes dorés : "Lier primes de départ à performance" du dirigeant
Interrogé sur la loi qu'il veut faire voter pour interdire les parachutes dorés, le président de la République a expliqué que ce serait un "dispositif très simple". Il "consistera à lier l'existence des primes de départ --qui devront être votées par l'assemblée générale des actionnaires-- à la performance du dirigeant remercié. Pas de performance, pas de prime".
- Pas d'espoir de dénouement rapide sur Betancourt pour l'instant
Nicolas Sarkozy affirme qu'il n'a "pas à ce jour" d'espoir de dénouement rapide du dossier d'Ingrid Betancourt, soulignant que ce qui a été fait "était nécessaire mais pas suffisant". "Je veux rendre hommage au président Uribe qui en libérant Rodrigo Granda a fait un geste dont je mesure qu'il n'était pas facile pour lui", poursuit-il. Soulignant que "la négociation est très difficile", Nicolas Sarkozy fait valoir : "ce que nous avons fait était nécessaire, mais n'est pas suffisant. D'autres discussions auront lieu. Je ne peux en dire plus. La priorité est d'avoir une preuve de vie d'Ingrid Betancourt. Ensuite nous pourrons prendre d'autres initiatives".
- Sarkozy "relooke" le 14 juillet
Le chef de l'Etat annonce qu'il invitera, pour le défilé du 14 juillet sur les Champs-Elysées, un détachement militaire "de chacun des vingt-six pays de l'Union européenne", ajoutant que la garden-party qui suit traditionnellement sera consacrée "aux victimes". Il indique dans la foulée qu'il rompra avec la tradition de l'interview télévisée le jour de la fête nationale et la remplacera par "une conférence de presse, probablement un peu avant le 14 juillet. Et le soir, nous organiserons au Champs de Mars un grand concert en l'honneur de la France et de l'Europe".
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