Nicolas Sarkozy © TF1-LCIPromesse tenue pour la diversité et "l'ouverture", peut mieux faire pour la parité et l'équipe resserrée. Le gouvernement "Fillon II" comprend 33 membres avec le Premier ministre et seulement 11 femmes dont 4 parmi les nouveaux entrants. Cette moindre féminisation est compensée par une première dans l'histoire de la République : l'accession d'une femme, Christine Lagarde, au poste de ministre de l'Economie, des Finances et de l'Emploi. Brillante avocate d'affaires, cette personnalité discrète a la confiance de Nicolas Sarkozy et celle-ci lui sera bien utile pour succéder à Jean-Louis Borloo. En effet, son passage éclair de 32 jours à Bercy laisse un goût amer dans les rangs de l'UMP. Ainsi, sa promotion au poste d'Alain Juppé a valeur de désaveu, beaucoup au sein de la majorité lui ayant fait porter la responsabilité du couac sur la TVA sociale, qui a donné un angle d'attaque inespéré aux socialistes dans l'entre-deux tours.
Le plupart des ministres sont reconduits, notamment les portefeuilles régaliens : Michèle Alliot-Marie à l'Intérieur, Hervé Morin à la Défense, les emblématiques Bernard Kouchner au Quai d'Orsay et Rachida Dati à la Justice. Le seul nouveau ministre désigné est Michel Barnier, à l'Agriculture et la Pêche, où il succède à Christine Lagarde.
La fin de la jurisprudence Balladur
Signes de la volonté affichée de Nicolas Sarkozy de poursuivre l'ouverture au centre, à gauche et à des représentants de la diversité, la nomination de la fondatrice de "Ni putes ni soumises" Fadela Amara (Politique de la ville) et de la jeune UMP d'origine sénégalaise Rama Yade (Droits de l'Homme). Après Bernard Kouchner, Jean-Marie Bockel a franchi le pas en rejoignant le gouvernement Fillon. Le "blairiste" du PS a expliqué sa "rupture" par sa lassitude face un parti rétif à la réforme. "Il y a un moment où on se dit 'est-ce qu'on va continuer comme ça très longtemps ?'" a-t-il dit sur RTL. Dès sa nomination, François Hollande a annoncé
Le sénateur-maire de Mulhouse rejoint le "transfuge" socialiste Eric Besson, Jean-Pierre Jouyet, et l'ancien président d'Emmaüs-France Martin Hirsch. La sénatrice Valérie Létard (secrétaire d'Etat à la Solidarité) et le député-maire d'Issy-les-Moulineaux André Santini (secrétaire d'Etat à la Fonction publique), deux UDF ralliés au chef de l'Etat, viennent renforcer le pôle centriste autour d'Hervé Morin. Deux libéraux font leur entrée : les secrétaires d'Etat Hervé Novelli (entreprises, tourisme), et Luc Chatel (consommation, tourisme).
Le gouvernement formé mardi, qui comprend avec André Santini une personnalité poursuivie par la justice, met fin officiellement à une règle non écrite instaurée entre 1993 et 1995 par Edouard Balladur. Elle stipulait que toute personnalité mise en examen ne pouvait exercer de responsabilités ministérielles. Matignon estime désormais que c'est l'élection des personnes qui prime et non leur statut devant la justice.
Le sursaut socialiste dimanche a sonné comme un avertissement à Nicolas Sarkozy, que d'aucuns créditaient d'un parcours réussi depuis son accession à l'Elysée le 16 mai. Il aura l'occasion de rappeler ses objectifs de réformes mercredi soir au 20h de TF1. Auparavant, il aura reçu à la mi-journée les députés de la majorité pour bien montrer qu'il entend reprendre la main après un entre-deux-tours décevant.
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