Sarkozy réimprime sa marque

le 19 juin 2007 à 18h23 , mis à jour le 20 juin 2007 à 08h43

Un transfuge socialiste, une femme de confiance à Bercy et des jeunes UMP, le chef de l'Etat reprend la main après des législatives décevantes.

TF1-LCI : Nicolas SarkozyNicolas Sarkozy © TF1-LCI

Promesse tenue pour la diversité et "l'ouverture", peut mieux faire pour la parité et l'équipe resserrée. Le gouvernement "Fillon II" comprend 33 membres avec le Premier ministre et seulement 11 femmes dont 4 parmi les nouveaux entrants. Cette moindre féminisation est compensée par une première dans l'histoire de la République : l'accession d'une femme, Christine Lagarde, au poste de ministre de l'Economie, des Finances et de l'Emploi. Brillante avocate d'affaires, cette personnalité discrète a la confiance de Nicolas Sarkozy et celle-ci lui sera bien utile pour succéder à Jean-Louis Borloo. En effet, son passage éclair de 32 jours à Bercy laisse un goût amer dans les rangs de l'UMP. Ainsi, sa promotion au poste d'Alain Juppé a valeur de désaveu, beaucoup au sein de la majorité lui ayant fait porter la responsabilité du couac sur la TVA sociale, qui a donné un angle d'attaque inespéré aux socialistes dans l'entre-deux tours.

Le plupart des ministres sont reconduits, notamment les portefeuilles régaliens : Michèle Alliot-Marie à l'Intérieur, Hervé Morin à la Défense, les emblématiques Bernard Kouchner au Quai d'Orsay et Rachida Dati à la Justice. Le seul nouveau ministre désigné est Michel Barnier, à l'Agriculture et la Pêche, où il succède à Christine Lagarde.

La fin de la jurisprudence Balladur

Signes de la volonté affichée de Nicolas Sarkozy de poursuivre l'ouverture au centre, à gauche et à des représentants de la diversité, la nomination de la fondatrice de "Ni putes ni soumises" Fadela Amara (Politique de la ville) et de la jeune UMP d'origine sénégalaise Rama Yade (Droits de l'Homme). Après Bernard Kouchner, Jean-Marie Bockel a franchi le pas en rejoignant le gouvernement Fillon. Le "blairiste" du PS a expliqué sa "rupture" par sa lassitude face un parti rétif à la réforme. "Il y a un moment où on se dit 'est-ce qu'on va continuer comme ça très longtemps ?'" a-t-il dit sur RTL.  Dès sa nomination, François Hollande a annoncé

Le sénateur-maire de Mulhouse rejoint le "transfuge" socialiste Eric Besson, Jean-Pierre Jouyet, et l'ancien président d'Emmaüs-France Martin Hirsch. La sénatrice Valérie Létard (secrétaire d'Etat à la Solidarité) et le député-maire d'Issy-les-Moulineaux André Santini (secrétaire d'Etat à la Fonction publique), deux UDF ralliés au chef de l'Etat, viennent renforcer le pôle centriste autour d'Hervé Morin. Deux libéraux font leur entrée : les secrétaires d'Etat Hervé Novelli (entreprises, tourisme), et Luc Chatel (consommation, tourisme).

Le gouvernement formé mardi, qui comprend avec André Santini une personnalité poursuivie par la justice, met fin officiellement à une règle non écrite instaurée entre 1993 et 1995 par Edouard Balladur. Elle stipulait que toute personnalité mise en examen ne pouvait exercer de responsabilités ministérielles. Matignon estime désormais que c'est l'élection des personnes qui prime et non leur statut devant la justice.

Le sursaut socialiste dimanche a sonné comme un avertissement à Nicolas Sarkozy, que d'aucuns créditaient d'un parcours réussi depuis son accession à l'Elysée le 16 mai. Il aura l'occasion de rappeler ses objectifs de réformes mercredi soir au 20h de TF1. Auparavant, il aura reçu à la mi-journée les députés de la majorité pour bien montrer qu'il entend reprendre la main après un entre-deux-tours décevant.

le 19 juin 2007 à 18:23
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31 Commentaires

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  • Pierre, le 20/06/2007 à 10h50

    Dorenavent je voterai ps car les ump sont iccapablesde renter au gouverneementvive la gauche!

  • BA, le 20/06/2007 à 09h55

    Chapeau bas au President Sarkozy... Je ne suis que le temoin lointain de votre scrutin, aussi je ne m'attarderai pas a donner un avis approfondi, mais il me plait de vous faire parvenir mon point de vue. Avec son nouveau gouvernement il donne espoir non seulement aux francais de souche mais aussi aux francais issus de l'immigration. Par la meme occasion, il rend sa fierte au peuple senegalais qui vit une democratie dictatoriale et dont le regne du president WADE est une insulte a l'intelligence des senegalais, aux africains qui sont les laisses pour compte de la planete, au peuple noir qui a ete et est toujours l'objet de l'oppression raciale. Au nom de tous les miens je le remercie d'avoir attenue la douleur d'un peuple qui a connu et continue de subir l'esclavage,les violences racistes et l'humiliation de voir ses enfants perir dans les pirogues a la quete d'une hypothetique raison de vivre. En moins d'un mois, le president Sarkozy a fait mieux que Chirac en 12 ans, Mitterrand en 14 ans. Il merite donc qu'on lui tisse des lauriers car il est digne de recevoir une couronne.

  • Nathalie, le 20/06/2007 à 09h17

    Formidable : notre Président fait ce qu'il a dit et n'est pas prêt de nous décevoir. Bravo! Vivement ce soit que nous puissions le retrouver sur TF1, car il nous manque, sans lui, ce n'est pas pareil, il est vraiment le leader qu'il faut à la France même si son équipe est formidable.

  • Pierrot, le 20/06/2007 à 08h59

    J'ose espérer que la censure n'existe pas sur TF1.....Donc bis repetitas : BORLOO a trouvé le truc pour évincer JUPPE ! Si ça c'est pas pas un réglement de compte ! Bref en politique droite ou gauche c'est bonnet blanc et blanc bonnet ! Quand on veut mettre mettre quelqu'un hors service on balance un truc du genre : TVA sociale....Pourquoi c'est JUPPE qui est désavoué et non BORLOO ? A moins que ce soit un coup tordu de notre tout jeune Président ?

  • Eric, le 20/06/2007 à 08h57

    Tous ces hauts pontes du PS ou de Modem qui fustigeaient la politique du BLOC contre BLOC, qui pronaient pour une utilisation des bonnes volontés de tous bords....pourquoi ont-il changé d'avis maintnenant que la droite l'expérimente ????? quelle mauvaise fois tout de même !

  • Cbibi, le 20/06/2007 à 08h57

    Les FRANCAIS sont encore pris pour des guignols. Imaginez le cas BORLOO dans une entreprise privée. Il serait "viré". Et là, c'est une promotion. BIZARRE !!!

  • Claude, le 20/06/2007 à 08h49

    On ne peut souhaiter à Mr Sarkozy que de réussir à éponger la dette et donner du travail à ceux qui n'en n 'ont pas , afin de pouvoir en vivre , . Une partie de la population conteste le fait de donner sans contrepartie et qu'il y en ait qui vivent de cela . On parle d'égalité et bien il faut aussi qu'elle s'applique au niveau des contraintes de la vie , et ne pas attendre que " cela vienne tout seul ".

  • Alain, le 20/06/2007 à 08h45

    Entre deux tours décevant? Je ne comprends pas : qui a parlé de 400, 450 ou plus de députés de droite? Les sondages. Qui a parlé de tsunami ? les médias. Que voulait le gouvernement ? Une majorité, la plus grande possible pour gouverner : 100 députés de droite de plus que ceux de l'ooposition, il me sembl que c'est une large majorité ! Enfin le président Sarkozy a été élu avec 53% des suffrages; les députés de droite représentent environ 60% de l'Assemblée; il me semble qu'il y a une belle continuité dans l'esprit des Français pour que le programme de Sarko soit maintenant véritablement engagé.Alors arrêtons ces vues de l'esprit très médiatiques et qui ne servent qu'à entretenir des discussions de café du commerce !

  • Eds, le 20/06/2007 à 08h30

    De toute manière le projet de sarkozy se resume a un mot le "peés" "la tune" le "pognon" Et les moyens piquer aux classes moyenne pour filer au plus riches Avec la gauche c'est quif quif sauf qu'en plus on a le droit a la morale cocos revus et corrigé pour couillons occidentaux ce qui donne a peu près le discours de mère théresa ou de l'abbé Pierre C'est sur qu'on peut les canoniser ces 2 la , il ont fait plus pour le marxisme que n'importe qui d'autre .

  • Claude, le 20/06/2007 à 07h54

    Difficile de faire avec moins que 15 ministres. Ce sont ces 15 ministres qui sont en ligne directe avec le premier ministre (et le président). Les arbitrages entre 15 seront moins nombreux qu'entre 30 ou 40. Chaque secrétaire d'Etat est sous la responsabilité de son ministre qui décide directement de ses missions. L'organigramme est plus compact, c'est donc bien un gouvernement resserré.

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