Semaine chargée après un coup de semonce

le 18 juin 2007 à 01h09 , mis à jour le 18 juin 2007 à 06h22

Les Français ont limité l'ampleur de la majorité présidentielle et obligent Nicolas Sarkozy à remanier plus largement son équipe.

Nicolas Sarkozy et François Fillon sur le perron de l'Elysée, jeuid matinNicolas Sarkozy et François Fillon sur le perron de l'Elysée, jeuid matin © TF1/LCI

La politique n'est jamais écrite à l'avance. Les résultats de dimanche l'ont une nouvelle fois démontré et annoncent une semaine très chargée, à droite comme à gauche. La déconfiture d'Alain Juppé à Bordeaux, entraînant sa démission du gouvernement selon la règle édictée par François Fillon, est le plus fort symbole de l'avertissement lancé par les électeurs à celui qu'ils ont installé à l'Elysée le 6 mai. Ils lui ont donné la majorité qu'il demandait, mais corrigé fortement leur choix du premier tour au profit du PS, qui ressort avec 36 députés de plus qu'en 2002.

Nicolas Sarkozy reçoit dès lundi 9h15 le Premier ministre à Matignon. Ce dernier devrait remettre la démission collective de son gouvernement qui sera immédiatement reconduit. Toutefois, la défaite cinglante d'Alain Juppé est un premier coup dur pour l'Elysée. Le remaniement ministériel que Nicolas Sarkozy doit annoncer peut-être mardi matin et qui ne devait concerner qu'une poignée de secrétaires d'Etat devient beaucoup plus compliqué. On évoquait dimanche soir à l'UMP, parmi d'autres hypothèses, celle d'un remplacement d'Alain Juppé par l'ancien ministre des Affaires étrangères Michel Barnier ou par l'actuel ministre de l'Economie, Jean-Louis Borloo, à qui il faudrait alors trouver un remplaçant à Bercy.

Qui remplacera Juppé ? 

Le paradoxe est que Jean-Louis Borloo est peut-être, indirectement, en partie responsable de la chute d'Alain Juppé. Ce sont en effet des propos tenus par le ministre de l'Economie le soir du premier tour des législatives qui sont à l'origine de la polémique sur la TVA sociale dont la gauche a fait un cheval de bataille entre les deux tours. Renaud Dutreil, ancien ministre et élu dimanche député à Reims, a ainsi affirmé que Jean-Louis Borloo allait "devoir s'expliquer" sur le projet de TVA sociale, "une erreur majeure de communication" qui a selon lui fait perdre "beaucoup de voix" à l'UMP.

Le gouvernement Fillon II devrait comporter une demi-douzaine de secrétaires d'Etat. A gauche, le nom de Jean-Marie Bockel, est fréquemment cité. Ceux d'Hubert Védrine, Jacques Attali ou Claude Allègre le sont pour des missions ou des rapports qui leur seraient confiés par Nicolas Sarkozy. Parmi les membres du Nouveau Centre, André Santini semble bien parti mais on parle aussi de Maurice Leroy, Nicolas Perruchot, ou François Sauvadet. L'aile libérale de l'UMP devrait être servie avec son chef de file, Hervé Novelli, ainsi que les jeunes UMP comme Rama Yadé, pour la francophonie, les députés Laurent Wauquiez ou Nathalie Kociusko-Morizet.

Renaissance et séparation

A gauche, les socialistes sont parvenus à éviter la débâcle prophétisée. Ségolène Royal s'est félicitée de l'émergence d'une "vraie force d'opposition constructive" et Laurent Fabius a salué "un rebond spectaculaire du PS et de la gauche". Pas question néanmoins pour certains socialistes de pavoiser. Ainsi, les amis de Dominique Strauss-Kahn ont rappelé l'ampleur de la refondation nécessaire à gauche, craignant qu'un meilleur score que prévu n'entraîne un statu-quo dans le parti. L'un des chefs de file de la rénovation ségoliste, le député Gaëtan Gorce, a réclamé un "changement de direction" à la tête du parti et le départ de François Hollande.

Dimanche soir, sa voix apparaissait cependant isolée, les éléphants ne voulant pas brusquer le calendrier. Mais la soirée a été marquée par un coup de tonnerre avec l'annonce par Ségolène Royal de sa séparation d'avec François Hollande dans un livre à paraître mercredi. Les principaux responsables socialistes se sont refusés à commenter une affaire "privée", mais la donne politique interne en sera clairement affectée. Le Conseil national de samedi prochain promet d'être haut en couleurs.

le 18 juin 2007 à 01:09
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21 Commentaires

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  • Perrine, le 18/06/2007 à 11h30

    N' ya t-il pas eu 40% d'abstention pour ces élections?Moi-même contente de mon président, ne me suis pas déplacée, sachant qu'il garderait sa majoritén, c'est bien cela l'essentiel.Et je pense que c'est beaucoup ont dû faire comme moi.Je suis heureuse de voir une opposition correcte à l'assemblée, je n'étais pas spécialement pour la majorité absolue de mon camp...Mais pourquoi tant de haine de la part des socialistes, qui crachaient leur venin hier soir sur les plateaux télé?

  • KH, le 18/06/2007 à 11h04

    Qu'on m'explique ou il y a défaite ? UMP a la majorité absolu, UMP a annoncé clairement leur intentions et leur progemame. Malgré cela UMP sort majoritaire ! Où se trouve l'avertissement ? La majorité des Francais a demandé à UMP de faire leur programme. C'est ca le massage ! La majorité des Francais a ausi lancé au PS qu'il faut faire une opposition raisonnée zt non pas dogmatique.

  • Sebastien, le 18/06/2007 à 10h35

    On voit clairement sur ce premier revers subi par la majorité présidentielle, que cette dernière est très fragile. Normal: le rassemblement opéré par Sarkozy est tellement large (Extreme-droite, droite, centre-droit, centre-gauche et certains de gauche) que la moindre mesure trop à droite ou trop à gauche va lui faire perdre certains de ses soutien. Exemple flagrant avec la TVA sociale!

  • Tardy, le 18/06/2007 à 10h33

    Ce n'est pas tant les français qui ont limité l'ampleur de la victoire de la droite mais les électeurs de droite qui ont "levé le pied" un peu avant la ligne d'arrivée , cela aurait bien pu se transformer en une sorte de cauchemard, imaginons que l'UMP n'ai pas pour 1 ou 2 voix la majorité absolue ???

  • Tardy, le 18/06/2007 à 10h30

    Le parti socialiste a joué avec les cartes qu'il avait en main , pas grand chose , mais il a su les valoriser au bon moment. L'electorat de droite a montrer les limites de sa capacité à s'investir pensant un peu tot que les jeu étaient faits, cela aurait bien pu tourner à un renversement complet de la tendance !!!

  • Stephane, le 18/06/2007 à 10h05

    Un fumeur ministre de l'ecologie ou pire de l'economie, de qui se moque-t-on ?

  • Hélène, le 18/06/2007 à 09h59

    Peut-être la naïveté due à mes 20 ans induit-elle un recul moins grand quant aux différents médias, mais j'ai trouvé que les tensions entre le couple s'étaient énormément ressenties durant la campagne...

  • Zebulon, le 18/06/2007 à 09h36

    Que ces résultats servent d'avertissement au guvernement! Sarkosy a promi une concertation avec les partenaires sociaux pour des réformes durables en concertation.... TVA dans le dos, lois passées à la va-vite pendant les vacances.... attention! les francais voient le coup venir...

  • PATIN Didier, le 18/06/2007 à 09h30

    Mr fillon première bourde annoncé une augmentation de la TVA, malgré le sauvetage du président Sarkozy, voila comment on perd 50 sièges de Député. A votre décharge vous êtes honnète de l'avoir annoncé. Mr Juppé normal qu'il soit battu les Français ne veulent pas être représenter par un homme condamné par la Justice Française.

  • MADELENAT, le 18/06/2007 à 09h30

    A propos de la séparation des pouvoirs qui est un principe de base de la démocratie mais non respecté en France. Théoriquement Exécutif-législatif-judiciaire sont séparés. Pourquoi un membre de l'exécutif se présente aux législatives si en cas d'élection il ne peut siéger comme député ?

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