Nicolas Sarkozy et François Fillon sur le perron de l'Elysée, jeuid matin © TF1/LCILa politique n'est jamais écrite à l'avance. Les résultats de dimanche l'ont une nouvelle fois démontré et annoncent une semaine très chargée, à droite comme à gauche. La déconfiture d'Alain Juppé à Bordeaux, entraînant sa démission du gouvernement selon la règle édictée par François Fillon, est le plus fort symbole de l'avertissement lancé par les électeurs à celui qu'ils ont installé à l'Elysée le 6 mai. Ils lui ont donné la majorité qu'il demandait, mais corrigé fortement leur choix du premier tour au profit du PS, qui ressort avec 36 députés de plus qu'en 2002.
Nicolas Sarkozy reçoit dès lundi 9h15 le Premier ministre à Matignon. Ce dernier devrait remettre la démission collective de son gouvernement qui sera immédiatement reconduit. Toutefois, la défaite cinglante d'Alain Juppé est un premier coup dur pour l'Elysée. Le remaniement ministériel que Nicolas Sarkozy doit annoncer peut-être mardi matin et qui ne devait concerner qu'une poignée de secrétaires d'Etat devient beaucoup plus compliqué. On évoquait dimanche soir à l'UMP, parmi d'autres hypothèses, celle d'un remplacement d'Alain Juppé par l'ancien ministre des Affaires étrangères Michel Barnier ou par l'actuel ministre de l'Economie, Jean-Louis Borloo, à qui il faudrait alors trouver un remplaçant à Bercy.
Qui remplacera Juppé ?
Le paradoxe est que Jean-Louis Borloo est peut-être, indirectement, en partie responsable de la chute d'Alain Juppé. Ce sont en effet des propos tenus par le ministre de l'Economie le soir du premier tour des législatives qui sont à l'origine de la polémique sur la TVA sociale dont la gauche a fait un cheval de bataille entre les deux tours. Renaud Dutreil, ancien ministre et élu dimanche député à Reims, a ainsi affirmé que Jean-Louis Borloo allait "devoir s'expliquer" sur le projet de TVA sociale, "une erreur majeure de communication" qui a selon lui fait perdre "beaucoup de voix" à l'UMP.
Le gouvernement Fillon II devrait comporter une demi-douzaine de secrétaires d'Etat. A gauche, le nom de Jean-Marie Bockel, est fréquemment cité. Ceux d'Hubert Védrine, Jacques Attali ou Claude Allègre le sont pour des missions ou des rapports qui leur seraient confiés par Nicolas Sarkozy. Parmi les membres du Nouveau Centre, André Santini semble bien parti mais on parle aussi de Maurice Leroy, Nicolas Perruchot, ou François Sauvadet. L'aile libérale de l'UMP devrait être servie avec son chef de file, Hervé Novelli, ainsi que les jeunes UMP comme Rama Yadé, pour la francophonie, les députés Laurent Wauquiez ou Nathalie Kociusko-Morizet.
Renaissance et séparation
A gauche, les socialistes sont parvenus à éviter la débâcle prophétisée. Ségolène Royal s'est félicitée de l'émergence d'une "vraie force d'opposition constructive" et Laurent Fabius a salué "un rebond spectaculaire du PS et de la gauche". Pas question néanmoins pour certains socialistes de pavoiser. Ainsi, les amis de Dominique Strauss-Kahn ont rappelé l'ampleur de la refondation nécessaire à gauche, craignant qu'un meilleur score que prévu n'entraîne un statu-quo dans le parti. L'un des chefs de file de la rénovation ségoliste, le député Gaëtan Gorce, a réclamé un "changement de direction" à la tête du parti et le départ de François Hollande.
Dimanche soir, sa voix apparaissait cependant isolée, les éléphants ne voulant pas brusquer le calendrier. Mais la soirée a été marquée par un coup de tonnerre avec l'annonce par Ségolène Royal de sa séparation d'avec François Hollande dans un livre à paraître mercredi. Les principaux responsables socialistes se sont refusés à commenter une affaire "privée", mais la donne politique interne en sera clairement affectée. Le Conseil national de samedi prochain promet d'être haut en couleurs.
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