La vague bleue est marine

le 10 juin 2007 à 19h44 , mis à jour le 11 juin 2007 à 06h39

Selon les estimations TNS-Sofres, la droite obtiendrait entre 405 et 445 sièges à l'Assemblée, la gauche 120-160, et le Modem entre 1 et 4.

Jean-Louis Borloo, Rachida Dati et Jean-Pierre Raffarin sur le plateau de TF1 au soir du premier tour des législatives 2007Jean-Louis Borloo, Rachida Dati et Jean-Pierre Raffarin sur le plateau de TF1 au soir du premier tour des législatives 2007 © TF1-LCI

Législatives 1er tourDix millions d'électeurs de moins que pour le premier tour de la présidentielle il y a six semaines. C'est un classique mais à ce niveau-là, il s'agit d'un record sous la Ve République. Les Français se sont très peu déplacés pour ce premier tour des législatives (39,5% d'absention). Leur choix n'en est pas moins net et sans bavure : ils ont voulu donner une très forte majorité à Nicolas Sarkozy et son Premier ministre François Fillon. Ces derniers pourraient s'appuyer sur un groupe de 405 à 445 sièges, selon les projections de TNS-Sofres. D'autres sociétés de sondages tablent quant à elles sur 383 à 501 des 577 sièges pour l'UMP et ses alliés.  

Déferlante pour la droite

L'UMP obtient 39,54% des voix, soit près de 10 points de plus qu'aux législatives de 2002, déjà très favorables à l'UMP. La majorité sortante ne subit donc pas de vote-sanction, une première depuis 1978. Jamais le parti du chef de l'Etat n'avait atteint la barre des 40% lors des législatives. Pour mémoire, le PS n'avait obtenu que 36% en juin 1981, après la victoire de François Mitterrand.  Preuve de ce raz-de-marée de droite, l'élection de ministres dès le 1er tour : François Fillon, Jean-Louis Borloo, Dominique Bussereau, Eric Woerth, Xavier Bertrand, Hervé Morin. Pour sa part, Alain Juppé est en ballottage favorable avec 43,73% des voix; "il ne vous a pas échappé que ce n'est pas gagné, même si les choses se présentent bien sur un socle solide", a-t-il ajouté, se défendant de tout "triomphalisme". 

Les réactions à droite sont satisfaites mais mesurées. Ainsi, Jean-Pierre Raffarin a estimé sur TF1  que "ce soir, l'UMP est face à un devoir d'ouverture, un devoir de diversité".  François Fillon a déclaré depuis l'Hôtel Matignon que le résultat du premier tour "confirmait la volonté" des Français "de donner un cap à la France".  Pour, Patrick Devedjian, secrétaire général délégué de l'UMP : "c'est une vague mêlée de toutes les forces de notre pays qui veulent profondément le changer et qui se rassemblent sur le projet du président de la République, et ça va bien au-delà de la droite".

La gauche affaiblie

De son côté, la gauche recueillerait 36/37% des suffrages. Avec 24,73% des suffrages, le PS faits moins bien que le score de Ségolène Royal le 23 avril dernier. Cela impliquerait 100 à 140 sièges pour la rue de Solférino. Premier à réagir, François Hollande a appelé depuis le siège du PS à un "sursaut de la gauche pour avoir de l'équilibre et de la mesure" à l'Assemblée. Peu après, de façon assez inattendue, Ségolène Royal a elle-aussi pris la parole et appelé à "une gauche qui surveille et une gauche qui propose".  DSK a affirmé qu' "avoir 400-450 députés de droite et un petit nombre de députés de gauche, ça rend impossible le débat démocratique" à l'Assemblée nationale.

Cette défaite de la gauche est symbolisée par des déballottages défavorables pour quelques personnalités clé : Arnaud Montebourg, en Saône-et-Loire, Jean-Louis Bianco dans les Alpes-de-Haute-Provence ou encore Jean-Pierre Chevènement, dans la région de Belfort. Ces trois députés ont été au coeur de la "Royal team" durant la présidentielle et leurs difficultés compliqueraient la tache de la présidente de Poitou-Charantes dans sa conquête du PS. DSK est également en difficulté dans son fief de Sarcelles.

Le PC sauve les meubles

Les communistes se maintiennent avec 4,29% des voix dans une élection locale qui leur est moins défavorable. Marie-George Buffet a annoncé dimanche soir qu'elle lancerait "le 22 juin un appel à un grand débat populaire et citoyen sur l'avenir de la gauche et du Parti communiste".

Le Modem en déroute

Le nouveau parti de François Bayrou, le Modem, n'obtient que 7,61% des voix, soit seulement 2% de plus que l'UDF en 2002. Lui qui avait recueilli plus de 6 millions de voix à la présidentielle subit un grave revers. Depuis le Béarn, François Bayrou a salué "les candidats qui se sont battus vaillamment dans une période très courte. L'UMP a des devoirs particuliers vis-à-vis des autres forces politiques car cette vague crée un déséquilibre dans les instititions", a-t-il souligné. Les candidats du Modem réalisent de faibles scores, à quelques exceptions près dont Marielle de Sarnez à Paris (18,37% des voix).


Le FN assommé

Sans surprise, les résultats indiquent également un effondrement de l'extrême-droite, avec 4,29% des voix. Jean-Marie Le Pen a regretté sur TF1 que son mouvement ne soit pas représenté à l'Assemblée nationale, qualifiant Nicolas Sarkozy d'"illusionniste" qui "va devoir descendre de scène".  Seule bonne nouvelle pour le FN, la présence de Marine Le Pen au second tour dans la 14e circonscription du Pas-de-Calais.


Dernier enseignement de ces résultats, les conséquences de cette si faible participation : il fallait pour un candidat environ 20% des voix pour se maintenir au second tour. Résultat : le nombre de triangulaires est très faible, ce qui conduira à une bipolarisation extrême à l'Assemblée nationale. L'ampleur de la victoire de Nicolas Sarkozy en mai rebat toutes les cartes de la vie politique française.

le 10 juin 2007 à 19:44
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69 Commentaires

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  • Alain, le 11/06/2007 à 15h23

    Je suis surpris de lire et d'entendre que la future "raclée" (appelons un chat, un chat!) affligée à la gauche par les électeurs serait la faute de la droite et/ou du gouvernement. Il ne faudrait quand même pas oublier le jugement des seuls électeurs. Qui approuve ou désapprouve les propositions et projets mis en avant par les différents partis politique ? Mais, il faut bien un responsable quand on ne veut pas reconnaître son incompétence à mettre sur pied un projet digne de ce nom............!

  • Sabine, le 11/06/2007 à 13h32

    La gauche n'a eu de cesse de diaboliser à outrance la droite et ses dirigeants ; le peuple a choisi de la manière la plus démocratique qui soit et d'une façon très large , une politique rigoureuse et dynamique ; si Sarko est soi disant absolutiste et totalitaire , il ne faudrait pas prendre les quelques 67 % de Français , satisfaits de son action , pour des crétins!! Cela est antidémocratique ; quant à la gauche , n'en déplaise , ce n'est plus " la croisière s'amuse " , c'est carrément le Titanic et le Grand Bleu !! Merci de me publier .

  • Jean-Claude, le 11/06/2007 à 11h11

    Les Français font confiance à Nicolas Sarkosy et son choix d'ouverture est une excellente chose face à une gauche démodée qui a fait un très mauvais choix avec Ségolène Royale. Ils récoltent ce qu'ils ont semé. La gauche restera dans l'opposition pour longtemps.

  • Franck, le 11/06/2007 à 11h03

    Bravo, les socialistes nous disent ici que le vote d'une majorité est une atteinte à la démocratie.. merveilleuse continuation de 25 ans d'insultes et de mépris pour la démocratie. on vote pour la gauche, c'est le peuple démocrate, on vote à droite, c'est le totalitarisme.... C'est ça aussi que les français ne veulent plus entendre.. Mais, oui, cher Monsieur, partir en Suisse, quelle bonne idée.. CVeux qui n'aiment pas la démocratie, on ne les retient pas.

  • THOMAS, le 11/06/2007 à 10h59

    Encore une défaite pour la gauche qui ne sait que nous agiter le spectre du totalitarisme,du attention Nicolas Sarkosy est dangereux pour la démocratie.il n'ont encore pas compris, que cela ne marchait pas,Il n'ont pas compris que les Français ne voulaient plus d'eux.Je souhaite beaucoup de courage pour les gens de gauche car j'ai du respect pour toutes les idées, la droite n'est pas sectaire contrairement à ce que je peux écouter à gauche; courage pour une vague bleue encore plus importante dimanche soir.

  • Moi, le 11/06/2007 à 10h54

    Tout à fait d'accord avec ikofanu de paris! le suffrage censitaire, avec les gens qui se sentent concerné réellement et ki ne vont pas voter "pour faire barrage à ce facho de sarko" est le seul qui ait un sens politique ... quels critères me direz vous? et bien pourquoi pas un test de connaissances civique.... toujours est il que le suffrage universel n'est pas la solution...et qu'il facilite la manipulation du peuple...j'espère etre publié

  • Alain, le 11/06/2007 à 10h54

    Mobilisez vous pour le deuxième tour! Il faut beaucoup plus que les 445 sièges anticipés pour l'UMP et le ND. C'est au moins 550 qu'il faut leur donner. Plus le temps de débattre avec un PS antédiluvien, il faut que la France soit jeune, dynamique et compétitive. Il faut également que le nouveau pouvoir exécutif et législatif s'occupe de tous les Français, des plus démunis aux créateurs d'entreprise. Alors oui! Mobilisons-nous pour le deuxième tour des Législatives mais pas pour les socialistes mais pour comforter le plus possible l'assise de ceux que nous avons choisi aux dernières Présidentielle. Et puis, juste pour rire un peu, laissons du temps maintenant aux socialistes, ou du moins ce qu'il en reste, pour qu'ils se reconstruisent en espérant qu'ils créent un vrai parti "Social Démocrate" pour le bien de la France.

  • André, le 11/06/2007 à 10h28

    Majorité et capitalisme Absolues trés grave , adieu la démocratie , adieu retraite , sécurité sociale et bien d'autre encore , merci la gauche d'avoir été aussi nulle , le travail c'est la santé à condition qu'il y en ai pour tous , bien joué nicolas j'espére que tu ne nous emméne pas au casse pipe . André

  • Arnaud, le 11/06/2007 à 10h25

    Il est bon que le gouvernement obtienne une belle majorité. Ainsi il pourra engager les réformes attendues par les Français sans être systématiquement bloqués dans leur élan par une opposition constipée et rétrograde. Au boulot !

  • Tylor, le 11/06/2007 à 09h46

    Maintenant, il faut que la gauche se regroupe,évidemment ségolene est la solution mais j'ai cru poindre un certain delanoe qui pourrai prendre les choses de le bon sens et bien faisons lui confiance pour étre le futur dirigeant du parti et ségolene notre futur candidate...un militant heureux des évenements qui viennent de se produire et qui pense que cette"vague bleu" n'est qu'un leur qui va bientot trouver sa fin dans les résultats des réformettes que nous préconise ce gouvernement...

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