François Hollande © TF1/LCIFrançois Hollande ne voulait pas partir en vacances sans faire le bilan des deux premiers mois de Nicolas Sarkozy. C'est chose faite dans les colonnes du Monde daté de mardi. Le patron du PS y dénonce "la stratégie du coup d'éclat permanent" utilisée selon lui par le chef de l'Etat. "Pour le moment les Français sont au spectacle. Nicolas Sarkozy est dans une stratégie de coup d'éclat permanent", a commenté le chef du PS, jouant sur l'expression "coup d'Etat permanent" employée par François Mitterrand à l'égard du général de Gaulle.
"L'omniprésidence suppose le coup d'éclat. Chaque jour vient changer la donne du précédent, et est effacé par le jour suivant", a-t-il poursuivi. "C'est une conception purement personnelle du pouvoir. (...) La méthode de Nicolas Sarkozy, c'est de laisser croire qu'il peut tout faire tout seul et de le faire savoir à la télévision", a-t-il ajouté, tout en lui reconnaissant de "l'habileté", du "sens politique" et une volonté "évidente" de "rompre avec son prédécesseur".
"Quelle légitimité pour Cécilia Sarkozy et son entourage" ?
Lundi matin, deux responsables du PS ont trouvé un nouvel angle d'attaque contre le chef de l'Etat : son action diplomatique dans l'affaire des infirmières bulgares, et le rôle inédit joué par son épouse. Ainsi, Pierre Moscovici a dénoncé "la stratégie du coucou" de Nicolas Sarkozy, qui essaie selon lui de récupérer à son profit le travail effectué par ses partenaires européens pour obtenir la libération des infirmières bulgares en Libye. "Je vois Sarkozy, via son épouse, et Claude Guéant, un peu en train de faire la stratégie du coucou. Vous savez, je ponds mes oeufs dans le nid des autres. Parce qu'au fond, la France a fait peu dans cette affaire là", a-t-il déclaré sur RTL. "L'essentiel, c'est la Grande-Bretagne qui a commencé en 2005. C'est la présidence allemande qui a continué au premier semestre 2007", a-t-il précisé.
De son côté, le secrétaire national du parti Benoit Hamon s'est livré à une attaque en règles contre l'entourage du locataire de l'Elysée. Ainsi, visant Cécilia Sarkozy, il a affirmé que le "chef de l'Etat cherchait par ce voyage à trouver un rôle à son épouse. Quelle légitimité a-t-elle ?" Et de trouver "embarrassant" que "ce soit en Lybie que Madame Sarkozy ait trouvé à s'ébrouer dans le champ de la République".
Autre cible de ce proche de François Hollande, Henri Guaino. Le conseiller spécial du président de la République a donné une longue interview au quotidien Le Monde le week-end dernier. "Quelle légitimité démocratique a-t-il pour parler de la TVA sociale alors qu'il a été nommé ? Quel est cet entourage du chef de l'Etat qui fait la politique de la France ?", s'est demandé Benoit Hamon, demandant aux "sages" du comité Balladur de réfléchir sur le statut des conseillers de l'Elysée. Interrogé il y a deux semaines sur un entretien donné par le secrétaire général de l'Elysée Claude Guéant, le porte-parole de Nicolas Sarkozy avait répondu que "rien n'était interdit".
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