TF1-LCI - Jack Lang à la réunion socialiste de Lens le 16 septembre 2006 © TF1-LCiLa tactique fait partie de la politique. Avec sa stratégie d'ouverture, Nicolas Sarkozy met le PS en émoi. Coup de gueule de DSK contre un parti où "il ne se passe rien", retrait de Fabius du bureau national et aujourd'hui Jack Lang qui claque la porte du groupe parlementaire. Motif : l'attitude de Jean-Marc Ayrault, président du groupe socialiste à l'Assemblée, qui est monté au créneau pour interdire à Jack Lang de faire éventuellement partie d'une commission décidée par Nicolas Sarkozy pour réfléchir sur les institutions. Si le président de la République veut consulter sur la réforme des institutions ce serait "une bonne chose", mais dans ce cas il y a "une règle de base, le Parlement", a-t-il argué en plaidant pour une commission parlementaire dans laquelle le PS désignerait ses représentants.
Jean-Marc Ayrault a prévenu le député du Pas-de-Calais que s'il se lançait dans "une aventure individuelle" en participant à une commission gouvernementale, il ne serait "plus membre à part entière" du groupe PS. Piqué au vif, l'ancien ministre de la Culture a claqué la porte de son groupe. "Les propos que tu as tenus à mon sujet ne sont pas dignes. J'ai pris la décision de ne plus participer aux réunions du groupe socialiste aussi longtemps que tu le présideras avec de telles méthodes", a-t-il écrit à Jean-Marc Ayrault.
"Stopper l'hémorragie"
L'ancien ministre -qui dit n'avoir "donné aucun accord pour participer à une mission aux contours encore indéfinis"- laisse quand même planer le doute sur ses intentions. "La rénovation de la maison commune de la République -notre Constitution- réclame la contribution intellectuelle de tous les démocrates", dit-il en se "réjouissant" que le président de la République ouvre ce chantier. Volant à son secours, Manuel Valls, député PS de l'Essonne, qui avait évoqué la "qualité" du discours de politique générale de François Fillon, a dénoncé "le climat de suspicion et la chasse aux sorcières" dans le parti et exigé que l'on se montre "respectueux" à l'égard de Jack Lang.
Mais la coupe est pleine au PS, après l'entrée de six personnalités de gauche au gouvernement, l'acceptation d'une mission sur la mondialisation par l'ancien ministre Hubert Védrine, les contacts pris par le président avec des socialistes, dont Manuel Valls. "Il faut mettre le holà et stopper l'hémorragie", a déclaré le député de Paris Jean-Christophe Cambadélis. Les "débauchages" de Nicolas Sarkozy sont d'autant plus efficaces qu'ils visent un PS déboussolé par sa défaite. "Le Parti socialiste est dans un grand désarroi, comme la droite l'a été après la victoire de Mitterrand en 1981", résume un responsable qui rappelle les luttes de clans déjà en cours pour la direction du parti.
Retour MYTF1
Chargement en cours...





