Nicolas Sarkozy était l'invité du JT de TF1 mercredi 20 juin © TF1C'est lors d'une "réunion républicaine" à Epinal, centrée sur le thème de "la démocratie irréprochable", que Nicolas Sarkozy doit tracer, ce jeudi, les grandes lignes des réformes institutionnelles qu'il envisage. Il n'a pas fait mystère, jusqu'à présent, de ses objectifs et de ses pistes de réflexion : renforcer les "responsabilités" du président et "les pouvoirs" du Parlement, doter l'opposition d'un "statut", ou encore introduire une dose de proportionnelle aux législatives.
Le choix d'Epinal ne doit rien au hasard : c'est dans cette ville que le général de Gaulle avait prononcé, le 29 septembre 1946, un discours dans lequel il exposait alors ses principales critiques à l'endroit des institutions envisagées par les Français dans la future IVe république. Nicolas Sarkozy, face aux accusations "d'hyperprésidence" et aux soupçons de dérive présidentialiste, entend ainsi se placer dans la continuité du fondateur de la Ve République.
"Changer les moeurs politiques de notre pays"
Le chef de l'Etat estime en effet que la Ve République "offre un cadre adapté à l'objectif" qu'il s'est fixé et "c'est dans le cadre de cette Constitution qu'il compte inscrire des éléments nouveaux pour moderniser la démocratie française", affirme le porte-parole de l'Elysée David Martinon. Selon lui, Charles de Gaulle "voulait des institutions fortes, un Etat efficace et des responsabilités claires" et Nicolas Sarkozy partage "le même objectif de clarté, de transparence et d'efficacité". Pas de changement de République donc, et pas davantage de réflexion solitaire sur le nouveau visage des institutions : récemment, le chef de l'Etat assurait dans Le Journal du dimanche vouloir "changer les moeurs politiques de notre pays", tout en estimant que si son devoir était de "fixer la ligne, le cap", ce travail "ne se fera pas sur mes seules idées".
Le chef de l'Etat, qui "souhaite que la réforme constitutionnelle soit prête avant la fin de l'année, ou, au plus tard, début janvier", veut mettre sur pied d'ici le 22 juillet une commission de réflexion sur la réforme des institutions, présidée par Edouard Balladur. Un projet qui a déjà été l'occasion pour les socialistes de se déchirer une nouvelle fois, puisque Nicolas Sarkozy a proposé à Jack Lang, agrégé de droit public, d'y participer. Tout en se déclarant "honoré" de la proposition présidentielle, l'intéressé avait réservé sa réponse, affirmant attendre le discours que le chef de l'Etat doit précisément prononcer ce jeudi sur les institutions. Mais la crise s'est précipitée avec l'annonce, faite lors du Bureau national du PS, que tout responsable qui participerait "à titre personnel" à une commission mise en place par le gouvernement serait suspendu des instances dirigeantes. Mais sans être suspendu, Jack Lang a lui-même claqué la porte de la direction du PS en expliquant qu'il ne se reconnaissait plus dans ses "méthodes de direction".
D'après agence
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