René Couanau et Nicolas SarkozyLCI.fr : Pourquoi avez-vous voté l'amendement sur le "bouclier fiscal" ?
René Couaneau : Depuis longtemps, je suis réservé sur le principe du "bouclier fiscal". Je me suis rangé aux arguments que l'on m'a exposés depuis maintenant un an et demi. La question de savoir si on introduisait la CSG et le CRDS dans la fiscalité n'avait pas été tranché et pour ma part, je n'y étais pas favorable. Donc l'amendement présenté par Charles Amédée de Courson en Commission des Finances m'a convaincu et j'ai décidé de le voter.
LCI.fr : C'est un argument de justice fiscale ?
Effectivement. Il me semble qu'il y a un juste équilibre à abaisser de 60 à 50% la part d'imposition sur les revenus importants. La diminuer est tout à fait acceptable mais y introduire en plus la CGS et le CRDS me paraissait demander un effort supplémentaire à l'Etat. Cela revient à la baisser en dessous de 50%.
LCI.fr : C'est un cadeau fiscal ?
Cela me paraît déséquilibré. Ce sont des questions qui doivent se discuter. La commission des Finances est un lieu de débat et il n'y a pas de raison d'éviter des prises de positions personnelles. J'ai fait campagne en pensant que la CSG et le CRDS étaient exclus du bouclier fiscal. Donc je veux respecter ce que j'ai dit à mes électeurs devant qui je suis seul responsable.
LCI.fr : Le président de votre groupe Jean-François Copé a affirmé que cet amendement ne "serait pas voté mardi". Comment réagissez-vous ?
Jean-François Copé a beaucoup de qualités puisque nous l'avons élu président du groupe.Il est assez intelligent pour apprendre. Il apprendra à ne pas taper du poing sur la table mais plutôt à essayer de convaincre. C'est plutôt ma méthode. Je ne suis pas homme à me mettre au garde à vous devant quelque oukaze que ce soit.
LCI.fr : Jean-François Copé s'y y est mal pris ?
C'est une affaire de circonstances. Le programme est très chargé et très rapide. Donc nous avons eu peu de temps pour débattre de nos positions. Je n'en veux à personne et ces petits heurts vont naturellement agiter le groupe pendant quelque temps. Ce n'est pas un drame. Nous verrons au moment du vote en séance si cet amendement est voté ou non. On ne peut pas anticiper le vote au parlement. Le débat fait partie des usages démocratiques.
LCI.fr : Vous craignez une majorité de godillots ?
Je n'ai pas vocation à être un godillot. Je ne comprendrais pas qu'il y ait ouverture à l'extérieur et verrouillage à l'intérieur. J'ai fait la campagne sur le programme de Nicolas Sarkozy et j'ai annoncé un certain nombre de choses à mes électeurs. Je vais m'y tenir mais je suis prêt à discuter. Il y a des ajustements à faire sur les méthodes et le calendrier.
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