Fillon dans les pas de Sarkozy

le 03 juillet 2007 à 15h45 , mis à jour le 03 juillet 2007 à 20h45

Université, institutions, travail, sécurité... : le Premier ministre a livré mardi un discours de politique générale fondé sur les promesses du chef de l'Etat.

TF1/LCI François Fillon lors de son discours de politique générale à l'Assemblée nationaleFrançois Fillon lors de son discours de politique générale à l'Assemblée nationale © TF1/LCI

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L'intégralité du discours
de François Fillon (1h07)
 

Il avait annoncé qu'il ne parlerait que 45 minutes. Finalement, François Fillon est resté plus d'une heure à la tribune de l'Assemblée nationale mardi après-midi pour délivrer son discours de politique générale aux députés. Il a abordé la plupart des thèmes qui ont rythmé les campagnes de la présidentielle et des législatives : réforme des institutions, immigration, sécurité, justice, travail, lutte contre le chômage, armée, logement, banlieues...  "Je vous dois la vérité parce qu'elle est au coeur de la rupture. Il faut réécrire le contrat politique, social et culturel de la France", a-t-il notamment lancé.

Fondant son intervention sur les promesses électorales du chef de l'Etat, le Premier ministre a confirmé la mise en œuvre de plusieurs mesures phares -suppression des droits de succession, réforme de la carte judicaire... - et en a également annoncé de nouvelles, comme l'expérimentation de la gratuité des musées ou le déblocage de cinq milliards d'euros supplémentaires pour les Universités jusqu'en 2012.  Il a aussi confirmé que le gouvernement réfléchissait à l'instauration d'une dose de proportionnelle pour les prochaines législatives et a laissé jusqu'à la fin de l'année aux partenaires sociaux pour trouver un compromis sur le marché du travail, faute de quoi il passera par la loi.

Comme le veut la tradition de la Ve République, il a ensuite demandé la confiance des députés.Le résultat du vote de confiance, purement formel, est sans surprise : les députés ont voté  la confiance au gouvernement de François Fillon, par 321 voix contre 224 et cinq abstentions. Le MoDem de François Bayrou s'est abstenu.

LES PRINCIPAUX POINTS DU DISCOURS

Réforme des institutions : "aucun sujet tabou"
- instauration d'une dose de proportionnel pour élire "quelques députés". "Aucun sujet ne doit être tabou".
- révision de la carte des circonscriptions législatives
- révision du partage entre le travail en commission et celui en séance.
- Modification de l'article 18 de la Constitution afin de permettre au président de la République de venir s'exprimer devant l'Assemblée
- avis du Parlement sur les nominations

Ouverture : "mutation politique"
- "Il n'y a pas un peuple de droite contre un peuple de gauche, il n'y a qu'un peuple : le peuple Français capable d'unir ses forces lorsque les enjeux sont clairs et justes. Ce gouvernement d'ouverture, au sein duquel émergent de nouveaux visages qui incarnent la diversité française, quiassocie des personnalités aux sensibilités différentes, est l'amorce d'une mutation politique".

Marché du travail : "plein emploi d'ici 2012"
-  réforme de l'organisation du marché du travail avec les partenaires sociaux : attente de propositions précises d'ici la fin de l'année, sinon "le gouvernement prendrait ses responsabilités sans faillir"
- Objectif du "plein emploi", avec un taux de chômage réduit "à 5%" de la population active en 2012.
- suppression des pré-retraites
- réforme des régimes spéciaux de retraites

Protection sociale : "un bouclier sanitaire"
- création d'une nouvelle branche de la Sécurité sociale consacrée à la dépendance
- création d'un  "bouclier sanitaire" (ndlr : avancée par le haut commissaire aux Solidarités actives contre la pauvreté, Martin Hirsch) pour "plafonner ce que paie chacun pour sa santé en fonction de son revenu"
- "ratification sans délai" du plan de redressement de la branche maladie, proposé par  l'assurance maladie et qui prévoit des baisses de remboursements.
- Tva sociale : le "débat aura lieu"

Budget : "équilibre en 2012"
- confirmation du non-remplacement d'un fonctionnaire sur deux partant en retraite 
- rétablissement la situation budgétaire à l'équilibre "en 2012 au plus tard" en ramenant la dette publique en deçà de 60% du PIB.

OMC : "réciprocité"
- le gouvernement "ne laissera pas les négociations se déployer contre notre agriculture
- "réciprocité" pour nos entreprises industrielles et de services

Universités : "priorité absolue"
- consacrer 3% du PIB à la recherche
- amener "50% des jeunes" à un diplôme de l'Enseignement supérieur
- déblocage de 5 milliards d'euros d'ici 2012

Education : "aller au bout de la réforme de 2005"
- liberté pédagogique, dont "la conséquence logique est l'évaluation a posteriori et l'assouplissement de la carte scolaire"
- acquisition du socle commun de connaissances et de compétences par tous les élèves en fin de 3e 
- "reconnaissance pleine et entière des filières professionnelles"
- "généralisation du soutien scolaire individualisé".

Culture : "relais de la créativité"
- expérimentation à Paris et en province de la gratuité des musées
- "passeport culture" pour les jeunes "valable sur l'ensemble du territoire national".
 - régionalisation des initiatives et des créations, engagement des partenaires privés à travers les fondations et le mécénat, dématérialisation des initiatives et des créations.

Sécurité : "le gouvernement ne lâchera rien"
- mise en place des peines plancher pour les multi-récidivistes.

Logement : "500 000 logements par an"
- construction de 500.000 nouveaux logements construits par an, dont 120.000 sociaux.
- permettre aux locataires de logements HLM d'en devenir propriétaires. Objectif : 40.000 accessions à la propriété par a".
-  système de caution publique "afin de fluidifier et sécuriser le marché de la location".
- accession à la propriété facilitée par la déduction des intérêts d'emprunts

Banlieues : "plan respect"
- lancement d'"un plan respect et égalité des chances" à destination des "quartiers difficiles", essentiellement axé sur l'éducation
- réduction du nombre d'élèves dans les établissements dfificiles
- renforcement du tutorat

Immigration : "pas de régularisation globale"
- aucune régularisation globale des immigrés clandestins, "qui n'aurait pas d'autre effet que de relancer des hommes et des femmes sur les chemins de l'exil".
- lutte contre les filières d'immigration illégales et le travail dissimulé
- apprentissage du Français et du "respect des valeurs républicaines" par les immigrés avant leur arrivée.

Justice : "faire cesser les disparités"
- loi pour "faire progresser le système pénitentiaire" et "garantir des conditions décentes de détention aux prisonniers en même temps que de bonnes conditions de travail aux surveillants".
- réforme de la carte judiciaire pour faire disparaître les "disparités entre les tribunaux au point que la manière d'y rendre de justice finit par s'en ressentir, au mépris de l'égalité devant la justice".

Ecologie : "l'eurovignette"
-  expérimentation "sans tarder"  en Alsace de l'"eurovignette", péage pour camions sur les grands axes de l'Union européenn

Défense  : "outil musclé"
- "l'outil militaire" français doit être "musclé", avec pour priorités l'envoi de soldats loin des frontières françaises et la dissuasion nucléaire.
- Loi de programmation militaire (LPM) qui fixera les priorités à compter de 2009.
- report de la décision sur le 2e porte-avions   

Diplomatie : "agir pour la paix"
- ratification début 2008 par le Parlement du mini-traité européen
- "initiatives" pour renouer les fils du dialogue entre les communautés libanaises et "ranimer lapetite flamme de l'espoir d'une Palestine libre".

Fillon confirme 35.000 non-remplacements de fonctionnaires

Invité du journal de 20h de France 2, le Premier ministre est revenu sur la vague de terrorisme qui secoue actuellement le Royaume-Uni. François Fillon a précisé qu'il n'y avait pas de menace précise sur la France, mais qu'un "climat général en Europe, dans le monde, nous amène à resserrer notre vigilance". Il a aussi confirmé le non-remplacement de 35.000 fonctionnaires en 2008. Le Premier ministre s'est toutefois refusé à confirmer que la baisse des  effectifs dans l'Education nationale serait de l'ordre de 10.000, évoquée par le  ministre Xavier Darcos, en estimant que c'était un "ordre de grandeur".

le 03 juillet 2007 à 15:45
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22 Commentaires

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  • Inerava, le 04/07/2007 à 15h01

    C est bien tout ça,je suis de la france d en bas et a ce jour,rien n a changé pour nous..nous travaillons et avons moins que ceux qui sont au chomage..alors a quand un" paquet" pour les ouvriers qui ne peuvent faire des heures sup !!!...

  • Jef. décidément la gauche n'est plus à la hauteur, le 04/07/2007 à 10h42

    Décidément François Hollande et les socialistes ne méritent pas la place que les français ont voulu leur donner en rééquilibrant l'assemblée. Polémiquer sans arrêt sur le rôle des uns et des autres ne fait pas avancer le débat. Une vraie opposition sur des idées serait plus constructive. décidément la gauche n'est plus à la hauteur. C'est bien de vouloir rééquilibrer les pouvoirs. Faut-il encore en avoir les capacités!

  • PATANOEL, le 04/07/2007 à 09h18

    J'ajouterai qu'il est tout à fait normal que le premier ministre reprenne les termes du Président de la Réplublique. Le contraire aurait été choquant et inadmissibles. Les critiques de lopposition sont vraiment stupides. allez SARKOZY / FILLON ET LES AUTRES. FORZA E CURAGGIU.

  • PATANOEL, le 04/07/2007 à 09h11

    Magnifique prestation de notre Premier Ministre qui rappelle tous les engagements pris avant les éléctions et qui seront menés à terme avec le temps nécessaire et le dialogue indispensable ,mais avec détermination.L'écrasante majorité qui a porté Nicolas SARKOZY aux manettes de la FRANCE se réjouit de cette fidélité à la parole donnée.La nouvelle façon de conduire le pays est tout à fait moderne et adaptée aux désirs de tous les citoyens. La critique et l'obstruction reprennent à gauche et nous ramènent au passé récent et attristant. BRAVO A NICOLAS SARKOZY ET SON EQUIPE.

  • Laure, le 04/07/2007 à 01h08

    Les media s'acharnent a donner de Francois Fillon l'image d'une "marionette". F. Hollande n'a rien trouve de mieux que de critiquer l'"omnipresence" de Sarkozy, aucun commentaire de fond sur les reformes engagees : c'est lamentable, ras des paquerettes. Les Francais attendent des responsables qui tiennent leurs engagements, y consacrent leur energie, pas de les voir rendre des comptes tous les 4 matins au PS et aux media qui rivalisent de mediocrite, pour donner le preuve que ce n'est pas une bataille d'ego.

  • Liliane, le 03/07/2007 à 20h23

    Entre Patin Didier et Bruno de StJean d'Angely on a le summum de la mauvaise foi socialiste !

  • Liliane, le 03/07/2007 à 20h20

    A Fabien de Paris Faux, TOUS les députés, aussi bien PS que UMP ont déserté l'hémicycle, et cela lorsque les communistes s'exprimaient. N'arrangez pas la vérité SVP. C'était valable aussi pour le PS !

  • Aka, le 03/07/2007 à 19h43

    Il serait temps que M.Hollande comprenne que les campagnes sont terminées.Les Présidentelles et les législatives présentaient aux Français deux choix de politique,de société.Ces derniers ont donc fait un choix clair.Que M.Hollande garde pour l'instant toute son énergie et sa voix qui ne seront pas de trop pour le parti socialiste en l'état actuel des choses.Que critique t-il? le gouvernement n'a pas encore un bilan.A quoi servent-elles les propositions socialistes? Les Français ont déjà fait un choix.Alors M.Hollande,à chaque chose son temps,sinon chaque temps pour chaque chose.

  • Marcelle, le 03/07/2007 à 19h33

    La seule chose dont la gauche est capable c'est critiquer

  • Michel, le 03/07/2007 à 18h51

    Didier Patin d'Estrées- St- Denis semble ne pas apprécier F. FIllon? C'est votre droit.Par contre Mr Fillon n'est pas la dite marionette de Mr Sarkosy; pour une raison simple, c'est qu'ils se partagent et complètent leurs rôles. C'est nécessaire après 27 ans de chienlit , 53, 6 % de citoyens ont voté pour l'ordre et le progrès.De plus quand le premier ministre parlait, il s'adressait à tout le monde y compris aux députés du PS qui lisaient leur hebdo. Car Mr Fillon ne méprise personne! Par contre,pour ce qui concerne le PS....(?)

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