Pas de grâce collective pour "réguler les prisons"

Par Diane HEURTAUT (avec agence), le 07 juillet 2007 à 18h12 , mis à jour le 08 juillet 2007 à 11h38

A une semaine du 14 juillet, Nicolas Sarkozy annonce qu'il n'y aura pas de grâce collective, qu'il soutient DSK pour le FMI et qu'il a fait appel à Lang.

TF1/LCI Nicolas Sarkozy, le 20 juin 2007, au JT de TF1Nicolas Sarkozy, le 20 juin 2007, au JT de TF1 © TF1/LCI

L'Elysée l'avait annoncé : Nicolas Sarkozy avait décidé de rompre avec la tradition de l'allocution télévisée du 14 juillet. Pour les annonces de ce début d'été, le chef de l'Etat a choisi un autre média : la presse écrite, une semaine avant la Fête nationale et deux mois après son installation à l'Elysée. Dans une interview au Journal du dimanche, le président y confirme les rumeurs qui ont traîné toute la semaine, l'ouverture qu'il réalise depuis son élection car en tant que président, il "doit se libérer de mes attaches partisanes" -"l'ouverture, je la fais d'autant plus facilement que je n'en avais pas besoin arithmétiquement"- et explique aussi comment il essaie "un style nouveau, une certaine rapidité de prise de décision", comme il "l'avait rêvé".

  • Il n'accordera "pas d'amnistie collective" ni de "grâce collective", mais il reconnaît "l'utilité, pour des raisons humanitaires ou exceptionnelles, d'une grâce individuelle". Il donne l'exemple suivant : "un individu saute dans la Seine, sauve trois enfants en train de se noyer, il se trouve qu'il a un casier judiciaire. La grâce individuelle peut alors jouer". Viendront-elles cette année, ces grâces individuelles ? "Comment le dire à l'avance ? Chaque cas est un cas de conscience". "Ce que je rejette, c'est la décision collective et automatique (...) La grâce collective pour réguler les prisons, je ne l'accepte pas", insiste-t-il. "La justice réclame à cor et à cri son indépendance, et la première chose qu'on me demande, c'est de gracier 3000 personnes. Eh bien, non !" "L'élection présidentielle ne donne pas le droit ‘d'effacer les ardoises'. Quelle logique y aurait-il à ne pas amnistier les contraventions et à gracier les délinquants ?"
    La Chancellerie a promis samedi "une politique ambitieuse en faveur des aménagements de peine", après cette annonce. Mais "une absence de décret peut laisser craindre une explosion des prisons", estime la secrétaire générale du Syndicat de la magistrature (SM, classé à gauche). "Les réductions de peine sont très attendues et ont un réel impact psychologique au sein de la population pénale", estime pour sa part FO-pénitentiaire.

  • Il "veut que Dominique Strauss-Kahn soit le candidat de la France à la direction générale du FMI"  (Fonds monétaire international) en remplacement en octobre de l'Espagnol Rodrigo Rato car "il (lui) a paru être le plus apte à ce poste". D'ailleurs, il a "déjà présenté" la candidature de l'ancien ministre socialiste des Finances "à Zapatero, à Prodi, à Gordon Brown, à Bush...". "Je sais que c'est un poste très convoité. Pour obtenir ce poste, il faut avoir une forte crédibilité, une expérience incontestable, être polyglotte. Dominique Strauss Kahn a ces qualités. Lui et moi avons la même vision du fonctionnement du FMI", ajoute le chef de l'Etat qui martèle qu'il ne veut pas "priver la France de sa candidature parce qu'il est socialiste" et niant tout "calcul politique". (Voir la vidéo : DSK soutenu au FMI, Sarkozy poursuit l'ouverture)

  • Il a demandé au socialiste Jack Lang de "participer" à la commission chargée de faire des propositions pour moderniser les institutions. Cette commission, dont il a demandé à Edouard Balladur d'être le président, sera installée "dans les 15 jours", indique le chef de l'Etat qui souhaite que "la réforme constitutionnelle soit prête avant la fin de l'année, au plus tard début janvier". "Au nom de quoi devrais-je me priver de la réflexion (de Jack Lang) ? Sous le seul prétexte que cela déplaît à M. Ayrault (président du groupe socialiste à l'Assemblée)? J'ai aussi demandé à Pierre Mazeaud, ancien président du Conseil constitutionnel, ainsi qu'à Jean-Louis Bourlanges, à Guy Carcassonne, à Olivier Schrameck d'y participer. Guy Carcassonne a été le conseiller de Michel Rocard, Olivier Schrameck a été le directeur de cabinet de M. Jospin, et alors ?"
    Réponse de l'intéressé : "touché et honoré" par cette proposition, Jack Lang donnera sa réponse "au cours des prochains jours", a-t-il dit dès samedi. (Ecouter la réaction de Jack Lang)

  • Dans un registre plus léger -mais depuis le 6 mai, on a déjà pris l'habitude des joggings du président, également amateur de cyclisme-, il annonce qu'il suivra une étape du Tour de France, qui a débuté ce samedi à Londres, "d'autant plus que Christian Prudhomme, le nouveau patron du Tour, mène une action remarquable contre le dopage". Le Tour "fait partie des petits bonheurs des Français, qu'un mois de juillet sans Tour de France, ce ne serait pas un mois de juillet". Il affirme n'avoir "pas un favori" mais "une espérance : Christophe Moreau".

  • Il estime que le statut de la première dame de France doit se faire en fonction de la personnalité de chacune, librement.

  • Rappelant que la menace terroriste est "générale et élevée" en France, il juge qu'il n'y a "aucune contradiction entre le respect des libertés individuelles et l'installation de caméras pour protéger la sécurité de chacun dans les transports en commun". Il se dit "très impressionné par l'efficacité de la police britannique grâce à ce réseau de caméras", dont il souligne qu'il y en a 25 millions installées au Royaume-Uni, contre un million en France.

  • Il proposera lundi à l'Eurogroupe "qu'il y ait, à la rentrée, une réunion européenne des chefs d'Etat et de gouvernement pour parler de la politique économique". "J'expliquerai à nos partenaires ce que nous allons faire pour retrouver de la croissance".

  • Il dit avoir encore besoin d'"approfondir avec François Fillon" sa réflexion sur une éventuelle fusion Suez - Gaz de France  pour "trouver la meilleure solution possible". Mais la décision devrait intervenir "rapidement". "Je réfléchis énormément parce que l'emploi de dizaines de milliers d'hommes et de femmes est en jeu. Ces questions ne sont pas pour moi du meccano. Au meccano, je préfère la stratégie et le respect des gens. J'ai besoin d'avoir encore quelques éléments pour bien appréhender la situation".

  • Il dément toute "rivalité" avec François Fillon. "J'ai été élu pour conduire une action. Je la conduis avec le Premier ministre (...) Le Premier ministre est pour moi un interlocuteur indispensable, indissociable. Il met en oeuvre le projet présidentiel que nous avons conçu ensemble. C'est une tâche considérable. C'est lui qui rend les arbitrages entre les ministres, c'est lui qui travaille avec eux la plupart du temps." Mais, précise-t-il, le quinquennat a modifié la nature des fonctions du chef de l'Etat, qui est passé "d'un président arbitre à un président engagé". "Les Français ne m'ont pas élu pour regarder passer les trains !" Il redit aussi que les affaires étrangères ne sont plus, à ses yeux, un domaine réservé du chef de l'Etat. 
Par Diane HEURTAUT (avec agence) le 07 juillet 2007 à 18:12
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17 Commentaires

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  • Helene, le 07/07/2007 à 21h40

    J'ai vote M SARKOSY .BRAVO?Il est entrain d'aplatir la gauche avec beaucoup d'habilite.IL EST FUTE CE PETIT BONHOMME

  • Yves Darnaudet, le 07/07/2007 à 21h40

    Bravo pour la position du Président SARKOSY au sujet des amnisties collectives. Il n' y a aucune justification valable à cette " tradition " aussi injuste qu' injustifiée.

  • Olivier, le 07/07/2007 à 21h24

    J'ai (malheureusement?) voté pour ce monsieur, PRRCISEMENT pour ne plus voir les trognes des bandits du PS - dont le principal, Jack Lang. Si je voulais voir ces gens là aux responsabilités, j'aurais voté pour le camp d'en face... Que M. Sarkozy ce méfié, ce petit cirque pourrait se retourner contre lui vite fait.

  • Gérard LEROY, le 07/07/2007 à 21h10

    A rémy si sarko bouffe à tous les rateliers c'est que les autres veulent bien se laisser bouffer. En ce qui concerne la grace présidentielle: enfin une certaine reconnaissance pour les victimes...

  • Melinda, le 07/07/2007 à 20h43

    Je suis à fond contre l'amnestie des pv et les graces présidentielles. Pourquoi les gens devraient-ils se comporter mal et ne pas en assumer les conséquences, simplement parce qu'un nouveau président a été élu?! C'est stupide. Quand on essaie de truander l'état en ne payant pas ses pv, on assume. Merci à Sarko pour ça. Son rapprochement avec la gauche est plus discutable...

  • Laure, le 07/07/2007 à 20h28

    Excellente analyse pour les graces présidentielles Mr le Président,et je pense que beaucoup de Français vous donneront raison;Normal et même indispensable aussi,les caméras de surveillance,vu la menace terroriste,ceux qui vont critiquer seraient les premiers a dénoncer le manque de vigilance s'il y avait un attentat;Vous etes énergique,dans le bon sens.

  • Daniel, le 07/07/2007 à 20h17

    Ouf!enfin un president dynamique je suis tout a fait pour la supression de l'amnistie du 14 juillet.par contre attention a ne pas prendre trop de membres du ps.bonne chance monsieur le president.

  • Celine, le 07/07/2007 à 20h13

    Il est tellement fort sarko qu il va bien reussir a faire revenir mitterand il ne dois pas avoir confiance en lui ou en ce qui l entoure pour agir comme cela ou alors c est un sacre faux jeton

  • Josselyne, le 07/07/2007 à 20h03

    Bravo Monsieur le Président, je suis de plus en plus heureuse d'avoir voté pour vous ! Enfin, un Chef d'Etat dont la France peut être fière. Continuez !

  • Orsini, le 07/07/2007 à 20h01

    Bravo tout de même à l'ouverture mais il ne faudrait pas" l'ouvrir" à tout le monde.

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