© AFPAu lendemain de l'annonce de sa démission des instances dirigeantes du PS, Jack Lang s'en explique, jeudi dans plusieurs médias. Sur RTL , il a suggéré "une démission collective" de la direction du PS, car celui-ci "connaît une crise très grave". "Ce serait plus sain, plus loyal" de revenir devant les militants pour qu'"ils tranchent après un débat de plusieurs mois", a-t-il ajouté.
Selon le député du Pas-de-Calais, après la défaite de la présidentielle, "on aurait attendu des dirigeants une autocritique, une analyse". "Après tout, mon exemple pourrait être suivi. Pourquoi ne pas revenir devant les militants? Pourquoi pas une démission collective?", s'est-il interrogé. Il a reproché à la direction du PS de chercher à "reconstituer le meccano des chefferies". Jack Lang a réaffirmé avoir "claqué la porte" des instances du PS pour dénoncer "la déloyauté" des dirigeants, notamment du premier secrétaire François Hollande.
"Vive la liberté!"
Dans Libération, il accuse la direction du PS de sectarisme et d'autoritarisme. "Aujourd'hui, je ne me sens pas heureux dans cette maison, je n'accepte pas le caporalisme", dit-il dans un entretien au quotidien. "Je ne demande aucune reconnaissance, ce serait trop demander car le mot 'merci' est absent de la langue pratiquée dans les instance du Parti, mais au moins pourrait-on espérerune attitude respectueuse", ajoute-t-il. "Je suis libéré, ils m'ont rendu service en me permettant deprendre une décision que j'aurais dû prendre depuis longtemps.Vive la liberté! Vive la vie!", conclut-il.
Jack Lang a démissionné mercredi après une décision, votée à l'unanimité mardi par le Bureau national du PS (lire notre article), de suspendre des instances dirigeantes tout responsable qui participerait "à titre personnel" à une commission mise en place par le pouvoir en place. Le député du Pas-de-Calais est pressenti pour siéger dans la commission sur une réforme des institutions que Nicolas Sarkozy entend créer.
"Je suis un opposant"
L'ancien ministre PS a fait la distinction entre participer à une commission et entrer au gouvernement et a accusé les dirigeants du PS d'"entretenir la confusion et l'amalgame". "Je n'entre pas au gouvernement", a-t-il dit même si la question a été "évoquée il y a plusieurs semaines" avec Nicolas Sarkozy. "Je suis un opposant, j'ai été élu pour être un député de combat et de résistance", a-t-il affirmé, en ajoutant qu'il continuerait "à faire son travail d'opposant" même s'il participait à cette commission sur les institutions.
Jack Lang a fait valoir que dans le passé, le socialiste Michel Delebarre avait été nommée à la commission sur la laïcité créée par Jacques Chirac et que "personne n'avait poussé ces cris d'orfraie". Il a redit n'avoir pas pris pour l'instant de décision, attendant de connaître "l'ampleur de la réforme", "la composition de la commission" et "les garanties de pluralisme".
| Pierre Moscovici : "Jack Lang aime trop la lumière" |
Pierre Moscovici, député PS du Doubs, a estimé vendredi sur RMC Info que Jack Lang, pressenti par Nicolas Sarkozy pour siéger dans la commission sur une réforme des institutions, "(aimait) trop la lumière" et ne supportait pas "d'être loin de l'Elysée". Alors que Jack Lang a claqué la porte mercredi des instances du PS et demandé jeudi la démission collective des dirigeants du parti, Pierre Moscovici a ironisé sur son côté "commedia dell'arte". Il a rappelé que Jack Lang avait commencé son action publique "dans le théâtre". "Jack Lang a préféré d'abord penser à lui avant de penser à son parti", a-t-il ajouté. |
(D'après agence)
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