François Hollande Les attaques des socialistes contre "l'ouverture" de Nicolas Sarkozy n'avaient pas pris dans l'opinion. Il ont trouvé avec l'affaire des infirmières bulgares leur fenêtre de tir : l' absence de Bernard Kouchner dans ce dossier. Dès la libération des otages dont ils se sont félicités, ils ont demandé son audition devant la commission des Affaires étrangères mardi matin. Et ils ne l'ont pas épargné.
François Hollande a précisé que l'objectif de cette réunion était "de savoir exactement quelles étaient les contreparties qui avaient été offertes au régime libyen pour obtenir la libération de ce qu'on peut appeler des otages". Il a ironisé sur le fait que le ministre avait utilisé ce mot "avant de se récuser ensuite". Pour lui, "ce qui se dégage de cette rencontre, c'est le flou". Il a assuré que les socialistes resteront "très vigilants sur la contrepartie à cet accord nucléaire dont nous ne connaissons pas véritablement le contenu et le prolongement". Le chef de file des députés, Jean-Marc Ayrault, a pour sa part dénoncé "les contradictions et les confusions" du ministre.
"Le ministère existe"
Bernard Kouchner n'a pas fait d'exposé préliminaire mais a répondu directement à un véritable feu roulant de questions socialistes. Il a tenté de rassurer l'opposition en relativisant la portée de l'accord franco-libyen signé dans la foulée de la libération des infirmières et du médecin bulgares, particulièrement critiqué par la gauche mais aussi par l'Allemagne. "Il nous a dit que ce n'était pas un accord proprement dit mais simplement un mémorandum d'entente", a expliqué Elisabeth Guigou. Bernard Kouchner a insisté, devant la presse, sur le fait que le document signé à Tripoli le 25 juillet n'était "pas un protocole", mais un simple "mémorandum d'engagement, un cadre éventuel" pour un "éventuel réacteur nucléaire".
Quant aux critiques allemandes, il les a attribuées à la "rivalité commerciale", lançant : "il y a des décisions qui ne font pas plaisir". Son homologue allemand, Günter Gloser, a déclaré lundi que Berlin aurait souhaité être consulté au préalable sur le projet nucléaire franco-libyen. Se déclarant par ailleurs ironiquement "très heureux" de la "sollicitude" des socialistes "par rapport à la place du ministère des Affaires étrangères dans ces négociations", Bernard Kouchner a lancé : "Le ministère existe, le ministre aussi" ajoutant qu'il n'avait pas été "terrorisé".
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