Nicolas Sarkozy à l'ElyséeEn politique extérieure comme en politique intérieure, un maître mot dans la bouche de Nicolas Sarkozy, le pragmatisme, servi par une communication permanente. Lors de son point de presse mardi matin, organisé en une heure, il a répondu aux interrogations sur le rôle de son épouse dans l'affaire des infirmières bulgares."Cécilia a fait un travail tout à fait remarquable", a-t-il affirmé, en soulignant que cette phrase "courte" n'en était "pas moins sincère". "
Il s'agissait de femmes, d'un problème humanitaire. J'ai pensé que Cécilia pourrait mener une action utile", a-t-il indiqué. "Ce qu'elle a fait avec beaucoup de courage, beaucoup de sincérité, beaucoup d'humanité et beaucoup de brio en comprenant tout de suite qu'une des clés était dans la capacité que nous pouvions avoir à prendre toutes les douleurs en considération, celles des infirmières bien sûr, mais celle des cinquante familles qui avaient perdu un enfant", a-t-il expliqué. En envoyant à deux reprises son épouse sur place, il lui a donné un rôle symbolique manifestant son implication personnelle dans ce dossier.
"Il fallait les faire sortir"
Critiqué par l'opposition pour sa diplomatie jugée solitaire, Nicolas Sarkozy a prôné le "pragmatisme" dans les relations internationales et assuré qu'il ne fallait pas "théoriser" sur le statut du conjoint du chef de l'Etat. "On a résolu un problème, point. Il n'y a pas à théoriser sur une nouvelle organisation de la diplomatie française, le statut de l'épouse du chef de l'Etat ou je ne sais quel raisonnement. Il fallait les faire sortir, on les a fait sortir et c'est ça qui compte", a déclaré le chef de l'Etat. "Il faut maintenant mettre du pragmatisme dans les problèmes internationaux, comme dans les problèmes nationaux", a-t-il dit, soulignant que cette affaire des infirmières bulgares "n'était pas classique". Durant toute sa campagne déjà, le candidat Nicolas Sarkozy avait critiqué les vieilles méthodes de la Réalpolitik et souligné son souhait de faire des droits de l'homme une priorité.
Par ailleurs, interrogé sur l'absence du ministre des Affaires étrangères dans les déplacements en Libye, le locataire de l'Elysée a estimé que les dossiers à traiter ne manquaient pas et que Bernard Kouchner s'était occupé ces derniers jours du Darfour et de la question libanaise. Silencieux pendant la conférence de presse, tout comme le Premier ministre François Fillon, le patron du Quai d'Orsay a toutefois tenu à préciser que ses services avaient travaillé également sur ce dossier ces dernières semaines. Il accompagnera mercredi soir le président de la République à Tripoli.
Accusé ces derniers temps par des responsables européens d'avoir voulu tirer la couverture à lui dans cette affaire, le président a pris soin de rendre un hommage appuyé à José-Manuel Barroso, avec qui il a dit avoir travaillé "main dans la main", et à la commissaire Benita Ferrero Waldner. D'ailleurs, Nicolas Sarkozy et José-Manuel Barroso ont tenu mardi matin leur point de presse respectif à la même heure, d'un commun accord.
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