La Ve République version Sarkozy

Par Diane HEURTAUT (avec agence), le 12 juillet 2007 à 19h45 , mis à jour le 12 juillet 2007 à 22h38

"La France n'est pas prête pour un régime présidentiel", a estimé le président jeudi à Epinal où il a présenté ses pistes pour une réforme des institutions.

TF1-LCI : Nicolas Sarkozy, à Epinal, le 12 juillet 2007Nicolas Sarkozy, à Epinal, le 12 juillet 2007 © TF1-LCI

"La France a d'abord besoin d'être gouvernée. On ne peut pas imaginer la France sans un Etat fort." C'est dans le sillage du Général de Gaulle que Nicolas Sarkozy s'est positionné jeudi soir à Epinal où il était venu présenter ses pistes de réflexion pour une réforme des institutions. Un lieu que le président n'avait pas choisi au hasard : c'est là que De Gaulle avait lui-même prôné en 1946 un renforcement du pouvoir présidentiel. Disant vouloir s'inscrire dans cette "tradition gaulliste" qui a installé "les meilleures institutions que la France ait connue", le chef de l'Etat a donc exclu toute remise en cause de la Ve République, mais il faut, a-t-il martelé, ouvrir le "débat" sur de nombreuses questions institutionnelles. Il a ainsi annoncé : 

  • La création d'une Commission sur les institutions : un "comité (qui) doit être au-dessus des partis" et qui devra faire "des propositions d'ici le 1er novembre". Parmi les 12 à 15 membres venus de tous horizons, Edouard Balladur y tiendra un rôle fort. Quant à Jack Lang, auquel il a demandé d'être un "membre éminent" (voir la vidéo), il lui a rendu "hommage" l'assurant de son "respect" et de son "estime" et lui a demandé "simplement d'être un homme ouvert d'esprit". Autre allusion au PS : "Je consulterai les partis", a-t-il promis. Au même moment, Jack Lang affirmait, sur France 3, qu'il n'avait "pas décidé encore" s'il allait ou non répondre favorablement à la proposition du président. "Je veux, a-t-il dit, connaître les conditions dans lesquelles cette réflexion pourra s'opérer, avec qui, je ne connais pas exactement la composition de la commission". "Je rendrai ma réponse au cours des prochains jours", a-t-il ajouté.

  • La Commission sur les institutions étudiera la possibilité que le président "puisse s'exprimer au moins une fois par an devant le Parlement pour expliquer son action et rendre compte de ses résultats". "Je souhaite que le président gouverne (...) mais je souhaite que dès lors il soit amené à rendre davantage de comptes.", même s'il "n'y a pas juridiquement de mise en jeu de la responsabilité". En revanche, "il ne peut pas y avoir de pouvoir fort sans responsabilité forte (...) J'assume mes responsabilités parce que vous m'avez demandé d'assurer les miennes. Je suis responsable, si ça va mal, je dirai pourquoi".

  • La Commission examinera la question de la limitation du nombre de mandats présidentiels. "Faut-il les limiter à deux mandats successifs ou faut-il laisser les électeurs décider?". Selon lui, "l'énergie qu'on met à durer on ne la met pas à agir".

  • La Commission devra "discuter de l'introduction d'une dose de proportionnelle" à l'Assemblée ou au Sénat. "Je suis pour le scrutin majoritaire qui permet de dégager des majorités stables pour gouverner. Mais au nom de quoi peut-on refuser de discuter de l'introduction d'une dose de proportionnelle dans l'une de nos assemblées, qui permettrait d'améliorer la représentativité du Parlement sans remettre en cause le fait majoritaire?", a-t-il lancé.

  • La Commssion devra étudier comment "encadrer" le pouvoir de nomination du président de la République aux postes de hautes responsabilité : "que la décision (du président) soit partagée avec le Parlement". Il est "nécessaire de sortir de la République des connivences pour entrer dans celle des compétences", a-t-il justifié. Reste que "si le président de la République est rpésident, c'est pour décider. Si on ne veut pas qu'il décide, eh bien, qu'il ne préside pas", a-t-il lancé, précisant que "ce n'était pas dans le texte, mais ça m'a fait très plaisir de le dire" (voir la vidéo).

  • Nicolas Sarkozy demandera au président de la Cour des comptes de "contrôler le budget de la présidence de la République", ce qui "n'a jamais été fait". Il prendra des initiatives "dans quelques jours" pour que le budget de l'Elysée obéisse à "des conditions de transparence indispensables".

  • Nicolas Sarkozy "ne voit pas au nom de quoi le président de la République doit présider le CSM". Il n'est "pas favorable à une justice qui entrerait en concurrence avec les deux autres pouvoirs".

     
  • "Je souhaite doter l'opposition d'un statut." Le président veut une "reconnaissance" de son rôle. "Il faut envisager naturellement cette reconnaissance du rôle de l'opposition dans la perspective d'une revalorisation du rôle du Parlement", a-t-il dit. "Faut-il redonner au Parlement davantage de maîtrise de son ordre du jour ? Faut-il créer d'autres commissions ? Quels moyens de contrôle supplémentaires doivent être donnés aux assemblées ? Je souhaite que toutes les questions puissent être posées" sans "aucun tabou", "sans aucune autocensure". "Je veux qu'il n'y ait aucun interdit."

  • Nicolas Sarkozy se dit "réservé" sur une suppression de l'article 49-3, qui permet au gouvernement d'engager sa responsabilité sur un texte. Mais "il ne faut pas avoir peur de discuter du 49-3, pas plus qu'il ne faut craindre de discuter de l'article 16", qui donne au président des "pouvoirs exceptionnels" en cas de crise grave. "Je ne crois pas qu'il soit pertinent de le supprimer sous le seul prétexte qu'il n'a pas servi depuis longtemps."

  • Sur l'importance d'un "Etat fort" : "pour que l'unité soit préservée, il faut qu'il y ait au-dessus de tous les partis, de tous les intérêts, de toutes les tendances un Etat ayant assez d'autorité pour les dominer", affirme Nicolas Sarkozy. "On peut être aussi libéral que l'on veut, on peut attacher beaucoup de prix à l'initiative individuelle, au marché, à la concurrence, on peut placer la liberté au-dessus de tout, mais on ne peut pas imaginer la France sans un Etat fort".
Par Diane HEURTAUT (avec agence) le 12 juillet 2007 à 19:45
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18 Commentaires

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  • I.M.B, le 13/07/2007 à 13h41

    Bonjour, Si j'ai bien compris un état fort dans lequel le président a tous les pouvoirs (ou presque) mais qui se fait contrôler par ceci ou cela. Je ne comprends pas l'ambiguité du double langage. J'aimerais avoir des explications plus simples et moi médiatiques

  • Alain, le 13/07/2007 à 08h45

    J'espère que les Français seront associés, par référendum, aux décisions de modifications. Il faut bien que nous aussi on se mettent au travail!

  • Hervé, le 12/07/2007 à 23h58

    Continuez Mr Sarkozy. La France a besoin de changements positifs et non rétrogrades. Une minorité inconsciente, infoutue capable de s'assumer comme vous, devrait rapidement se remettre en question. Il n'est jamais trop tard pour mieux faire.

  • Pierre-jean, le 12/07/2007 à 23h34

    Super sympathisant de la gauche il va finir par me seduire, je ne crois en rien de ce qu'il raconte, mais en bon democrate, si la france l'a choisi, nous allons le laisser gouverner et voir ou tous ces bons sentiments vont arriver. une chose est sure, si le ps reste ou il est il y restera pour longtemps face a un sarko comme ca. en Espagne ou je reside ils ont eu un aznar qui a reduit la gauche a zero avec ces beaux principes mais avec elles les droit des salarier par exemple et le plus beau c'est qu'ils le regretent. bravo sarko fait nous rever au moins quand on dors on fait pas de betise

  • Micki, le 12/07/2007 à 23h12

    Voila longtemps qu'une telle réforme n'avait pas été entreprise. Sans changer les Institutions, il est, naturellement, nécessaire de les adapter.

  • Yves, le 12/07/2007 à 22h57

    Je ne vois pas ce que fera la commission face aux volontés ou croyances de Sarkozy. Quel sera son rôle exact ? Faire des propositions à Sarkozy sur des thèmes préétablis ou avec une pllus grande liberté ? comme quid du statut de l'opposition, comment rendre le président comptable de ses actions ? quels sontles points de la constitution faut travailler pour élargir la démocratie ? faut il un état fort ? si oui par quel moyen? etc etc et on se fout de ce que veut Sarkozy...le rapport devra être public et commenté par Sarkozy, point par point. Il faut qu'il se mouille !

  • Cavazzoli, le 12/07/2007 à 22h39

    A 65 ans je n'ai pas connu un president qui prend ses responsabilites comme Sarkosy ou la clarté et le professionaliste en fera notre president je l'espere jusquen 2017 bon courage president nous comptons dans TOUTEnotre famille pour que vous reussisiez tous vos objectifs Famille CAVAZZOLI

  • Bonjour, le 12/07/2007 à 22h11

    "La France n'est pas prête pour un régime présidentiel"...de sa part, il vaut mieux entendre ça que d'être sourd.

  • Laurent, le 12/07/2007 à 21h59

    Finalement, ce discours ne sert à rien. Il ne propose de ne rien changer. Juste un peu pour faire semblant. Et puis, Jack Lang n'est pas crédible. Il aurait dû faire appel à Montebourg pour la réforme des institutions.

  • Attab, le 12/07/2007 à 21h27

    Pour moi je veux et je dois dire avec attention que le Chef de L'état Monsieur nicolas Sarkozy, a eu un très bon discours sur une volonté du changement des institutions sous la 5 e république! Je veux et je dit qu'il faut absolument revoir et changer les institutions afin que Mr nicolas Sarkozy puissent avoir un aperçu et une entrée dans le gouvernement plus impliqué!

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