Jack Lang après l'émission : "J'ai une question à vous poser" le 19 février 2007 © TF1-LCIAlors que six personnalités issues du PS ou de la gauche ont rejoint le gouvernement, que Jack Lang est sollicité pour siéger dans une commission gouvernementale de réforme des institutions, le Parti socialiste, plongé dans le désarroi par la politique "d'ouverture" du président Nicolas Sarkozy, entend fixer les règles du jeu. "C'est aussi un message qui est adressé au président de la République pour lui rappeler ce qui est le fonctionnement normal des institutions", a souligné mercredi François Rebsamen, numéro deux du PS, sur Canal +. "Que le président de la République souhaite mettre en place des commissions, souhaite avoir des missions, ça c'est toujours fait. Mais il y a des lieux pour ça et il y a des centres de décision".
Les règles sont donc claires, et ont été annoncées lundi soir à la suite d'une réunion du Bureau national du Parti par Stéphane Le Foll, directeur de cabinet de François Hollande : "Toute personnalité qui choisira de participer à une commission le fera à titre personnel et sera suspendue des instances du Parti socialiste". Cette suspension durera le temps de la participation à la commission en question. Un principe arrêté par un vote solennel et "à l'unanimité" du Bureau national, auquel n'a pas pris parti Jack Lang lui-même. Il est vrai que la décision vise au premier chef l'ancien ministre de la Culture. Non nommé mardi soir, il a été clairement désigné mercredi matin par François Rebsamen : "Le Parti socialiste restera maître de son processus de décision. Jack Lang peut très bien remettre les idées qu'il a envie de remettre au président de la République, mais il ne représentera pas le Parti socialiste".
Dissocier les cas DSK et Lang
Mais pas question de prêter le flanc aux critiques de "fermeture" : "Par cette décision (...) nous voulons apporter la clarté au débat public", a affirmé le premier secrétaire François Hollande à l'issue de la réunion de mardi soir. "Derrière la constitution de ces Commissions et ces missions, Nicolas Sarkozy essaie de jouer, d'instrumentaliser et de peser", "d'utiliser des nominations à des fins de politique intérieure", a-t-il dénoncé. Mais "il faut que la démocratie soit fondée sur des règles", a martelé le patron du PS.
Selon lui, le meilleur moyen de réformer les institutions est de "constituer une commission procédant du Parlement". Mais, "si le président de la République décide de constituer une commission qui ferait place à des représentants des partis politiques, nous sommes tout à fait prêts à désigner les membres qui pourront nous représenter", a-t-il ajouté. Dans ce cas de figure, François Hollande n'a d'ailleurs pas exclu que Jack Lang, professeur de droit de formation, soit parmi les personnalités désignées par le PS. Pour bien marquer les limites, le bureau national du PS s'est au contraire félicité de la candidature de Dominique Strauss-Kahn à la direction du FMI, soutenue à la fois par la France et l'Union européenne.
De son côté, Jack Lang s'était déclaré dimanche "honoré" de la proposition présidentielle, mais avait réservé sa réponse en attendant le discours que Nicolas Sarkozy doit prononcer jeudi sur sa vision des réformes institutionnelle. "Si le président est décidé à aller très loin, je n'ai pas de raisons de ne pas participer à ce grand chantier. J'attends de savoir ce qu'il souhaite et proposer", avait-il déclaré.
D'après agence
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