Michel Rocard © TF1/LCIL'anecdote avait été rapportée dans un livre d'entretiens entre Claude Bartolone et le journaliste Gérard Leclerc "une élection 'imperdable" (éditions de l'Archipel). Dans Paris Match à paraître jeudi, Michel Rocard confirme avoir demandé à Ségolène Royal de se retirer de la course à la présidentielle en sa faveur.
"C'était à la veille du blocage des parrainages des maires pour la liste des candidats (en mars 2007, NDLR). Il n'y avait plus rien à faire, elle était fichue, c'était visible. Je savais que je restais toujours parmi les cinq ou six socialistes en tête des sondages... C'était une possibilité d'éviter la défaite. Mais il était peu probable qu'elle dise oui". Selon le député européen, la candidate lui a répondu "que si elle se désistait, ce serait au profit du premier secrétaire" François Hollande. "Une sottise", ajoute-t-il.
Un projet insortable
L'ex-Premier ministre de François Mitterrand qui dit ne pas vouloir "(s') exprimer sur Ségolène Royal", glisse toutefois que "le charme et l'innovation ne jouent en rien (...) pour aider à la paix au Moyen-Orient ou à la stabilisation du dollar et de l'euro" et estime que si Dominique Strauss-Kahn avait été le candidat socialiste, "au moins, la défaite n'aurait pas été certaine".
Parlant de manière allusive du projet du PS pour la présidentielle et de celui de la candidate, l'eurodéputé, qui dit retrouver "une vie normale" après un accident vasculaire cérébral au début du mois, déclare: "Compte tenu de ce que l'on a osé appeler un programme, je ne peux pas dire que la défaite ait été une surprise. Tout candidat appuyé sur un projet insortable aurait subi le même". Selon lui, le PS "a produit un discours collectif inconséquent et disparate" car "la gauche française ne s'est toujours pas défaite de son rêve d'économie administrée". "Il faudra des années pour construire une pensée critique de l'économie de marché", ajoute-t-il.
| Rocard "effrayé" par la politique économique de Sarkozy |
Toujours dans Paris-Match, l'ancien Premier ministre se déclare "très effrayé par la ligne économique et financière" du président Nicolas Sarkozy. Le député socialiste européen se dit "plutôt rassuré par le nouveau style que donne le président Sarkozy --avec ses initiatives bizarres-- à la politique politicienne (...)". "Nicolas Sarkozy a eu raison de rechercher quelque chose qui puisse déclencher un petit surplus de croissance. Mais sa technique, celle du dégagement de l'impôt pour les plus riches --qui sont ceux qui consomment le moins-- n'est pas la bonne. Ce cadeau de 13 milliards d'euros n'aura pas le moindre effet sur la consommation. Je suis très inquiet". |
Avec Agence
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