Cécilia Sarkozy © TF1/LCI| TITRE |
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On l'a peu vue depuis 24 heures, on ne l'a pas entendue et on ne l'entendra pas. Cécilia Sarkozy est pourtant sur le devant de la scène médiatique après son rôle joué dans l'affaire des infirmières bulgares. Au cours de deux visites surprises en Libye, elle a endossé le rôle, inédit, d'émissaire personnel du président dans une négociation internationale de premier plan, suscitant des protestations à gauche et des interrogations dans la presse.
Dès mardi matin, le président de la République a donné sa vision des choses lors d'une conférence de presse. "On a résolu un problème, point. Il n'y a pas à théoriser sur une nouvelle organisation de la diplomatie française, le statut de l'épouse du chef de l'Etat ou je ne sais quel raisonnement", a-t-il déclaré. Selon le Premier ministre François Fillon, la présence de Cécilia Sarkozy a aidé à créer une relation personnelle avec le dirigeant libyen. "Le président Kadhafi ne recevait pas les ministres, ne recevait pas les commissaires européens. Il fallait donc une relation directe entre le chef de l'Etat français et lui, et cette relation s'est instaurée d'abord par leurs conversations téléphoniques et ensuite par la présence symbolique de l'épouse du chef de l'Etat à Tripoli". En effet, en choisissant de se faire représenter par son épouse dans ces pourparlers, Nicolas Sarkozy a voulu montrer le poids qu'il accordait à ce dossier. Il a par ailleurs considéré que la dimension personnelle et la sensibilité comptaient dans ce type de négociation diplomatique. Son succès est à la mesure du risque qu'il a pris.
Mais en l'absence de tout statut du conjoint du chef de l'Etat, il est dans le rôle de chacun de s'interroger sur la place prise progressivement par la "première dame" de France. Cette place se définit dans l'action et se forge selon la personnalité de chacune des épouses du président. Alors que Bernadette Chirac s'était illustrée dans la collecte humanitaire des "pièces jaunes", Danielle Mitterrand avait parfois embarrassé la diplomatie française et son époux par ses initiatives, en faveur des Kurdes notamment, dans le cadre de sa fondation France-Libertés. Ce n'est pas le genre de Cécilia Sarkozy.
Bien que très discrète pendant la campagne, elle joue depuis des années un rôle très grand auprès de son mari avec qui elle a travaillé dans les différents ministères où il est passé. Si elle avait pu déclarer que jouer la "première dame" de France "la rasait', c'était surtout en pensant aux longs déjeuners d'épouses et autres réceptions officielles. Indépendante et femme d'action, l'épouse du chef de l'Etat aime bien bousculer le protocole et partage l'esprit de pragmatisme loué par son époux.
"Une ambassadeur extraordinaire du président" ?
Tout en se félicitant du dénouement de cette affaire, des voix à gauche se sont offusquées de ce rôle d'émissaire officieux que Cécilia Sarkozy a endossé. "Je me demande à quoi servent le ministre des Affaires étrangères Bernard Kouchner et la secrétaire d'Etat aux droits de l'Homme Rama Yade qui sont dépossédés de leurs propres compétences constitutionnelles au profit de la femme du président de la République", a déclaré Arnaud Montebourg. Le président de la commission des Affaires étrangères de l'Assemblée, Axel Poniatowski (UMP), voit pour sa part se dessiner pour Cécilia Sarkozy une mission "d'ambassadeur extraordinaire du président".
Dans son éditorial daté de Mercredi, Le Monde souligne que "les hésitations sémantiques des autorités françaises pour qualifier l'intervention de Mme Sarkozy donnent une idée de la difficulté posée par cette initiative (....). Nicolas Sarkozy encourage son épouse à s'inventer un rôle. Il sera utile de le clarifier". Le directeur de la rédaction de l'Express Christophe Barbier pose lui un certain nombre de questions à Cécilia Sarkozy en qui il voit, dans cette affaire, "l'alter ego du président de la République". "Puisque vous avez désormais une action au grand jour et efficace, comment allez-vous fonctionner ? Devant qui allez-vous rendre des comptes ? Devant qui accepterez-vous de parler ?" Si le statut du conjoint du chef n'est pas au menu du comité sur la réforme des institutions, cette médiation de Cécilia Sarkozy en Libye ouvre un débat qui n'est pas prêt de s'arrêter. Ses prochaines missions et leurs résultats apporteront un début de réponse.
Des missions au cas par cas ? |
Cécilia Sarkozy pourrait choisir d'accomplir d'autres missions au nom de son mari "au cas par cas", a déclaré le porte-parole de l'Elysée David Martinon. L'épouse du président de la République "ne se cherche pas un rôle", a-t-il assuré sur France 3: "En revanche, elle a eu le sentiment qu'elle pouvait être utile dans cette affaire". Le porte-parole du chef de l'Etat a encore qualifié de "décisif" le rôle joué par Cécilia Sarkozy dans le dénouement de la crise. Elle a été "la seule personne (de la délégation) à avoir vu" le dirigeant libyen Mouammar Kadhafi, avec lequel elle aurait noué "un lien direct et de confiance", a-t-il dit. |
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