Jean-Pierre Raffarin, François Fillon, Nadine Morano et Patrick Devedjian, lors du Conseil national de l'UMP le 7 juillet 2007 © TF1-LCI
Les ténors de l'UMP tentent de convaincre sur l'ouverture
Les 2.000 conseillers nationaux de l'UMP, réunis samedi dans un grand hôtel parisien, ont adopté à une large majorité de 72%, la réforme des statuts du parti instaurant une direction collégiale, qui assurera l'intérim à la tête de cette formation jusqu'en 2012. Ce nouvel organigramme du parti majoritaire était inspiré par son premier vice-président, Jean-Pierre Raffarin.
Calquée sur les institutions de la Ve République, la nouvelle direction s'appuie sur un "pôle législatif" -le bureau du conseil national, animé par trois vice-présidents Jean-Pierre Raffarin, Jean-Claude Gaudin et Pierre Méhaignerie- et sur un secrétariat général, dirigé par Patrick Devedjian assisté de Philippe Cochet, jeune député du Rhône de sensibilité libérale, et l'ancien député centriste Dominique Paillé. Cette direction collégiale se veut intérimaire jusqu'en 2012, puisque "le vrai président de l'UMP, c'est Nicolas Sarkozy pour une majorité écrasante des militants", ont assuré samedi plusieurs ténors et militants du parti.
Fillon : cette ouverture "qui désespère tant le PS"
Il s'agissait aussi et peut-être surtout pour les ténors de l'UMP de convaincre de l'intérêt de l'ouverture initiée par Sarkozy, durant ce conseil national de l'UMP. Plusieurs ministres ont pris la parole, dont Christine Lagarde qui est restée ferme sur le bouclier fiscal (lire notre article), et François Fillon. "Si la gauche n'aime pas l'ouverture, cela veut dire que vous, vous avez toutes les raisons de l'apprécier (...) C'est Nicolas qui a raison parce qu'il a compris que pour changer la société en profondeur (...) il faut s'adjoindre tous les talents, d'où qu'ils viennent." Le Premier ministre a martelé les raisons et l'intérêt de l'ouverture réalisée depuis son élection par Nicolas Sarkozy et "qui désespère tant le PS". Reconnaissant qu'il fallait "encore convaincre" l'UMP sur ce point, il a souligné combien "le paysage politique (était) en pleine mutation, et c'est toute la force de Nicolas Sarkozy que d'avoir été au centre d'une recomposition qui rafraîchit notre démocratie".
Le chef du gouvernement a aussi vanté sa "complicité institutionnelle et personnelle" avec Nicolas Sarkozy, alors que la place du Premier ministre au côté d'un chef de l'Etat omniprésent continue de faire débat. "Quelle déception pour quelques-uns ! Un Premier ministre qui respecte le projet pour lequel la majorité s'est battue, c'est extravagant. Un Premier ministre qui entend mettre scrupuleusement ce projet en oeuvre, ce n'est pas possible !", a-t-il ironisé. "Un Premier ministre qui, enfin, affiche sans complexe sa complicité institutionnelle et personnelle avec le président de la République. Ah, là, ça va trop loin !", a-t-il ajouté sur le même ton, faisant l'éloge d'"un couple exécutif soudé". Finalement, François Fillon a demandé à l'UMP de faire preuve de "fidélité", pronostiquant que "ça va tanguer" au fil des réformes engagées par le gouvernement.
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