L'UMP Hervé Mariton et le "pari" de Sarkozy

Par Propos recueillis par Renaud PILA, le 27 juillet 2007 à 10h51 , mis à jour le 30 juillet 2007 à 09h58

Le député affirme que les choix économiques de Nicolas Sarkozy exigeront "autant d'économies dans le budget 2008".

[Expiré] [Expiré] Hervé Mariton © AFP

LCI.fr : Le débat sur le service minimum est difficile à suivre... Les députés UMP veulent l'étendre à d'autres secteurs que les transports terrestres, le ministre du Travail ne le souhaite pas. Qu'en est-il réellement ?

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Hervé Mariton : Le projet de loi ne parle que des transports terrestres. Il devrait marcher car l'étape "service minimum" contenu dans le projet a été précédé d'une étape "amélioration du dialogue social".

Le ministre nous dit : "vous ne pouvez pas l'étendre tout de suite aux autres modes de transports car cette étape n'a pas été franchie". Et bien nous répondons : chiche !  Stimulons l'amélioration et la réforme du dialogue social dans les autres secteurs de transports. Cela permettra ensuite de passer au service minimum.
 
LCI.fr : François Fillon semble vous avoir encouragé par deux fois en évoquant l'extension à l'éducation nationale, alors que des ministres y sont opposés. Sur ce sujet, y a-t-il deux lignes dans la majorité ?
 
Non, il y a une demande très partagée de service minimum mais il y a des approches tactiques un peu différentes. Il faut faire attention aux mots qu'on utilise et ce qu'on désigne. Par exemple, si le service minimum dans l'éducation, cela doit désigner la garderie des enfants dans la journée, c'est une curieuse conception du service minimum. C'est comme si le service minimum dans les transports en commun désignait la réquisition de camions de l'armée.
 
LCI.fr : Sur la réforme des universités, certains députés UMP sont déçus du projet de loi adopté. Est-ce cela "la rupture" ?
 
Je ne suis pas le meilleur exégète de la notion de "rupture" (sourires).  Mais on voit sur ce sujet comme sur le service minimum une méthode de la réforme qui est assez intéressante. Il y a les ingrédients (autonomies des facs, délai de 48h pour les grévistes) et une volonté politique forte, un catalyseur. Et on peut espérer que ces ingrédients plus ce catalyseur permettent de livrer la produit attendu.
 
LCI.fr : Les députés UMP sont alors chargés de vérifier la conformité du produit fini promis aux électeurs ?
 
La responsabilité des députés UMP est de faire en sorte qu'il soit conforme. Nous sommes des acteurs, pas des spectateurs. C'est autant une méthode d'action continue que de rupture.
 
LCI.fr : Pour qu'elle soit continue, doit-elle être plutôt à minima ?
 
Il ne faudrait pas abuser de cela...
 
LCI.fr : Comme le président de la commission des Finances Jean Arthuis, êtes-vous réservé sur les effets du "paquet fiscal" (le TEPA) sur le chômage ?
 
Ce projet est un pari. Il y a une volonté politique et des ingrédients mais il n'y pas de certitude absolue.
 
LCI.fr ; Où allez-vous réaliser les économies nécessaires pour atteindre les objectifs en matière de dette ?
 
Il y a les réductions d'effectifs de fonctionnaires. Mais c'est sûr que c'est la difficulté de l'exercice. Le gouvernement s'est mis dans une situation de faire autant d'économies dans la préparation du budget 2008. Ce budget va être stimulant compte tenu du montant des économies qui va être nécessaire, en proportion des réductions fiscales . Le challenge économique est difficile, compte tenu du coût du TEPA. Ce pari nous oblige.
 
LCI.fr : Avec l'omniprésence de Nicolas Sarkozy, les ministres décident-ils encore de quelque chose ?
 
(Silence)  C'est à voir... On est clairement dans une situation particulière, les quelques semaines qui suivent l'élection. La réponse honnête à cette question est de dire que l'on ne sait pas. Le moment des évaluations et des commentaires utiles viendra à la rentrée.
 
Il y a une phase immédiate "post-élections", et puis il y a la phase "quelques mois après". La question est : comment l'exécutif gère la durée, dans la répartition des rôles entre le président, le Premier ministre, et le gouvernement ?
 
LCI.fr : Craignez-vous les effets à retardements de l'affaire Clearstream pour la droite ?
 
Je souhaite surtout que cet épisode ne nous fasse pas oublier la qualité du bilan de Dominique de Villepin comme Premier ministre.
 
LCI.fr : Vous avez été proche de lui, quel est votre sentiment le jour de son audition ?
 
Un sentiment d'amitié.

Par Propos recueillis par Renaud PILA le 27 juillet 2007 à 10:51
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