Clearstream : Villepin animé "d'une certaine rage"

Par A.C. (avec agence), le 27 août 2007 à 21h17 , mis à jour le 28 août 2007 à 08h40

"Je répondrai à toutes les questions. Je n'ai rien à cacher" a déclaré lundi Dominique de Villepin dans le 20h de TF1, se disant victime d'une "injustice".

TF1 / LCI Dominique de VillepinDominique de Villepin © LCI
Après plusieurs mois de silence, l'ancien Premier ministre Dominique de Villepin s'est exprimé pour la première fois en longueur sur le dossier Clearstream, sur le plateau du 20h de TF1. Mis en examen pour "complicité de dénonciation calomnieuse" fin juillet, (lire notre article) il a réaffirmé son innocence et assure avoir agi en sa qualité de Premier ministre pour demander "des vérifications, et rien d'autre", sur les listings (1).  "Vous êtes à un moment en responsabilité et on vous apporte les éléments d'une menace contre les intérêts internationaux de la France, ses intérêts économiques. Et bien, j'ai demandé des vérifications et à aucun moment j'ai n'ai demandé quelque chose d'autre".
L'ancien locataire de Matignon a précisé qu'il renonçait à saisir la cour de justice de la République, la juridiction chargée des infractions commises par les ministres, même s'il a agi "dans le cadre" de ses fonctions. "J'estime que je suis comme n'importe quel citoyen, un citoyen ordinaire. A partir de là je répondrai à  toutes les questions qui me seront posées. Je n'ai rien à cacher, mais je veux surtout que la justice puisse agir  rapidement", a-t-il ajouté.

"La majorité ne doit pas s'endormir sur ses lauriers"
 
Visiblement très marqué par cette affaire, le Premier ministre a confessé que l'enquête avait laissé des traces dans son entourage. "J'ai consacré trente ans de ma vie au service de mon pays. Aujourd'hui, je vis la suspicion et ma famille, mes proches en souffrent", a expliqué Dominique de Villepin, évoquant les perquisitions à son domicile. "Quand on soulève le matelas de vos enfants, je ne suis pas sûr que tout cela soit justifié", a-t-il dit. "Je ne me plaindrai jamais mais je me pose la question : pourquoi cet acharnement, pourquoi suis-je dans cette affaire victime d'une telle injustice", a demandé Dominique de Villepin, qui s'est dit animé "d'une certaine rage".
 
Au cours de cet entretien, l'ancien Premier ministre a par ailleurs livré son point de vue sur les "cent jours" de Nicolas Sarkozy. "La volonté du chef de l'Etat est nécessaire au pays, mais la confiance que lui accordent les Français doit maintenant être transformée en résultats", a-t-il martelé. "Il y l'énergie du président, mais je souhaite que le gouvernement et la majorité apportent aussi leur contribution. Aujourd'hui, il n'y a pas d'opposition capable de faire des propositions. Et bien, c'est à la majorité de jouer ce rôle. Elle ne doit pas s'endormir sur ses lauriers", a-t-il estimé.

"Aller en Irak, pourquoi pas, mais avec clarté"
 
L'ancien ministre des Affaires étrangères, qui avait défendu à l'Onu l'opposition de la France à l'intervention militaire en Irak, a également estimé comme "une  bonne chose" que la France veuille "affirmer sa solidarité vis-à-vis du peuple irakien" et "contribuer au retour de l'ordre et de la paix". Mais, a-t-il poursuivi, "il y a deux conditions préalables : un vrai  gouvernement de réconciliation nationale en Irak, ce n'est pas le cas  aujourd'hui, et un véritable calendrier de retrait des troupes américaines".

"Aller en Irak, pourquoi pas, mais faisons-le avec clarté en posant les  exigences. Tout ce qui peut être en cette période perçu comme un élément de  soumission vis-à-vis de l'administration Bush est un mauvais signal et un mauvais service à rendre à l'Amérique et à la communauté internationale", a conclu l'ancien Premier ministre.

 
(1) L'ancien Premier ministre avait été entendu fin juillet par les juges qui enquêtent sur une possible conspiration politique. Soupçonné d'avoir participé à une manipulation visant à nuire à Nicolas Sarkozy à l'aide des faux listings de la société Clearstream, il a fait appel du contrôle judiciaire qui lui a été imposé.
Par A.C. (avec agence) le 27 août 2007 à 21:17
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6 Commentaires

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  • Annamo, le 28/08/2007 à 10h13

    M. de Villepin se plaint de la façon dont il est - avec sa famille - traîté par la justice. Il ne fait que vivre ce que bien des français "ordinaires" vivent ou ont vécu. Sait-il qu'il y a dans nos maisons d'arrêt bien des personnes non jugées dont on ignore si elles sont innocentes ou coupables. Et dans des cas moins graves bien des personnes qui subissent perquisitions et enquêtes. M. de Villepin ferait bien de descendre un peu de sa tour et d'afficher un peu moins de morgue. Un peu de simplicité svp.

  • Thomas, le 28/08/2007 à 09h39

    Je suis d'accord avec Villepin, il n'y a qu'a regarder le montant de la caution c'est du délire. Vive les juges rouges.

  • Michel, le 28/08/2007 à 08h14

    Vérité ou pas, cette affaire gonfle une majorité de gens. Le plus important c'est de sortir notre pays du marasme dans le quel il se trouve actuellement, le civisme, emploi, impôts,sans-papiers, école-formation etc......

  • Camille, le 28/08/2007 à 06h54

    Les prisons sont pleines de gens qui eux aussi se prétendent innocents...

  • Laurent, le 28/08/2007 à 05h54

    Heureusement que Sarko a été le plus fort et a triomphé des bassesses de la clique Chirac . En plus il va falloir passer a la caisse , pour tout ce que vous avez fait pour le faire tomber !! La morale est sauve ...

  • Jacques, le 28/08/2007 à 05h53

    On a vraiemnt l'impression que Mr de Villepin a agi dans cette affaire Clearstream sur ordre du président de la République de l'époque. Va-t-il payer pour lui comme Juppé en son temps ?

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