Dominique de Villepin © LCI"La majorité ne doit pas s'endormir sur ses lauriers"
Visiblement très marqué par cette affaire, le Premier ministre a confessé que l'enquête avait laissé des traces dans son entourage. "J'ai consacré trente ans de ma vie au service de mon pays. Aujourd'hui, je vis la suspicion et ma famille, mes proches en souffrent", a expliqué Dominique de Villepin, évoquant les perquisitions à son domicile. "Quand on soulève le matelas de vos enfants, je ne suis pas sûr que tout cela soit justifié", a-t-il dit. "Je ne me plaindrai jamais mais je me pose la question : pourquoi cet acharnement, pourquoi suis-je dans cette affaire victime d'une telle injustice", a demandé Dominique de Villepin, qui s'est dit animé "d'une certaine rage".
Au cours de cet entretien, l'ancien Premier ministre a par ailleurs livré son point de vue sur les "cent jours" de Nicolas Sarkozy. "La volonté du chef de l'Etat est nécessaire au pays, mais la confiance que lui accordent les Français doit maintenant être transformée en résultats", a-t-il martelé. "Il y l'énergie du président, mais je souhaite que le gouvernement et la majorité apportent aussi leur contribution. Aujourd'hui, il n'y a pas d'opposition capable de faire des propositions. Et bien, c'est à la majorité de jouer ce rôle. Elle ne doit pas s'endormir sur ses lauriers", a-t-il estimé.
"Aller en Irak, pourquoi pas, mais avec clarté"
L'ancien ministre des Affaires étrangères, qui avait défendu à l'Onu l'opposition de la France à l'intervention militaire en Irak, a également estimé comme "une bonne chose" que la France veuille "affirmer sa solidarité vis-à-vis du peuple irakien" et "contribuer au retour de l'ordre et de la paix". Mais, a-t-il poursuivi, "il y a deux conditions préalables : un vrai gouvernement de réconciliation nationale en Irak, ce n'est pas le cas aujourd'hui, et un véritable calendrier de retrait des troupes américaines".
"Aller en Irak, pourquoi pas, mais faisons-le avec clarté en posant les exigences. Tout ce qui peut être en cette période perçu comme un élément de soumission vis-à-vis de l'administration Bush est un mauvais signal et un mauvais service à rendre à l'Amérique et à la communauté internationale", a conclu l'ancien Premier ministre.
(1) L'ancien Premier ministre avait été entendu fin juillet par les juges qui enquêtent sur une possible conspiration politique. Soupçonné d'avoir participé à une manipulation visant à nuire à Nicolas Sarkozy à l'aide des faux listings de la société Clearstream, il a fait appel du contrôle judiciaire qui lui a été imposé.
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