Seif Al-Islam, fils du colonel Kadhafi © LCISeif al-Islam, le fils du dirigeant libyen Mouammar Kadhafi, a affirmé samedi que le contrat d'armement signé par la Libye avec une filiale d'EADS n'était "pas une contrepartie" à la récente libération des infirmières et du médecin bulgares. "Je n'ai pas lié la libération des infirmières et l'achat par la Libye de missiles Milan", a affirmé Seif al-Islam, faisant allusion à son entretien avec le quotidien français Le Monde publié mercredi 2 août (lire notre article : ce qu'a obtenu la Libye, selon le fils Kadhafi). "C'est inadmissible qu'une telle affaire humanitaire fasse l'objet d'un troc", a-t-il dit. Il a ajouté que les négociations pour ce contrat d'armement "avaient commencé il y plus de 18 mois". Ce contrat porte sur l'achat de missiles antichar Milan à hauteur de 168 millions d'euros et d'un système Tetra de communication radaio pour 128 millions d'euros.
"Quant à la coopération entre Paris et Tripoli dans le nucléaire, elle avait commencé avant même la visite de Chirac en Libye en 2004", a-t-il dit. "Ceux qui veulent règler leur compte avec Sarkozy le font par jalousie envers son succès dans sa médiation" qui a conduit à la libération des infirmières, a estimé Seif al-Islam. Paris et Tripoli ont conclu un mémorandum sur un projet de fourniture d'un réacteur nucléaire civil, ainsi qu'un accord dans le domaine militaire, dont le contenu exact n'a pas été rendu public, lors d'une visite de Nicolas Sarkozy à Tripoli le 25 juillet, au lendemain de la libération des infirmières.
Contrats signés avec le Royaume-Uni, la Russie, l'Italie
L'opposition, notamment le PS, a alors accusé le gouvernement français de n'avoir pas fait preuve de "transparence", et soupçonné que la libération des infirmières ait pu faire l'objet d'un marchandage secret. La polémique a enflé après l'annonce par Tripoli de la signature d'un contrat d'armement avec EADS. Mais pour Seif al-Islam, "ces petits contrats n'ont pas été soumis à des conditions". Vendredi soir, face à l'insistance du PS, Nicolas Sarkozy et son gouvernement avaient répondu favorablement à la mise en place d'une commission d'enquête parlementaire. De son côté, un responsable du groupe EADS a confirmé qu'il n'y avait pas pas eu "d'intervention directe de l'Elysée" dans les négociations commerciales entre EADS et la Libye.
"Pourquoi la Libye n'a pas libéré les infirmières après la visite fin mai de Tony Blair, au cours de laquelle il a signé le plus grand contrat d'hydrocarbures dans l'histoire du pays", se demande le fils du colonel Kadhafi. A cette occasion, des accords de défense et d'extradition avaient été signés, ainsi qu'un accord de 900 millions de dollars avec la compagnie pétrolière britannique BP pour des opérations d'exploration de gaz en territoire libyen. "Il y a eu également d'autres accords avec l'Italie et la Russie", a ajouté Seif al-Islam sans donner plus de précisions.
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