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Informelle. Pour les deux parties, tel était le maître mot de la rencontre entre George W. Bush et Nicolas Sarkozy samedi à Kennebunkport, dans le Maine, à environ 80 km de l'endroit où le locataire de l'Elysée passe ses vacances. Le rendez-vous avait lieu dans la résidence familiale du président américain. Au menu : un pique-nique lors duquel les deux chefs d'Etat ont dégusté, non pas des homards - la spécialité locale - mais... des hot-dogs et hamburgers, puis des tartes aux myrtilles en guise de dessert.
Seule fausse note de cette rencontre "familiale", l'absence de Cécilia Sarkozy, qui souffrait d'une angine blanche. "Le pire, c'est que c'est moi qui la lui ai passée", a déclaré Nicolas Sarkozy qui avait choisi pour l'occasion une tenu decontractrée : jeans, chemise blanche, blazer marine et mocassins de daim. "Nous sommes déçus qu'elle soit malade mais nous comprenons", a poursuivi George Bush.
"Dans une famille, on peut avoir des désaccords"
S'arrêtant devant les objectifs pour la traditionnelle poignée de main, le chef de l'Etat a réaffirmé les liens d'amitié qu'entretiennent les deux pays. "Cela ne fait jamais que pratiquement 250 ans que la France et les Etats-Unis sont des alliés. Pour autant, sommes-nous d'accord sur tout ? Non, parce que dans une famille on peut avoir des désaccords. Mais on est dans la même famille, c'est ça la vérité", a déclaré Nicolas Sarkozy. "Nous avons eu des désaccords, sur l'Irak en particulier, mais je n'ai jamais permis que des désaccords nous empêchent de trouver d'autres moyens de travailler ensemble", a-t-il conclu.
Aucun programme n'était prévu, si ce n'est d'établir une relation personnelle entre les deux chefs d'Etat. George Bush père et fils et Nicolas Sarkozy ont discuté pendant environ 45 minutes, la présence de l'ancien président soulignant le caractère informel de la discussion, a insisté une porte-parole de la Maison Blanche. A l'issue du pique-nique, les trois hommes ont effectué une promenade en bateau d'une demi-heure. Puis Nicolas Sarkozy a regagné Wolfeboro, où se poursuivent ses vacances.
Bush recherche des "amis personnels en Europe"
Pour les deux chefs d'Etat, le concours de circonstance - ils sont présents au même moment et au même lieu - ressemblait à une coïncidence bien organisée, chacun trouvant dans cette rencontre détendue son intérêt. Après le départ de Tony Blair, qui fait suite aux défaites de Silvio Berlusconi et José Maria Aznar, George Bush "est à la recherche d'amis personnels en Europe", expliquent les observateurs de la vie politique américaine, puisque "Poutine n'est pas ce qu'il espérait".
De son côté, Nicolas Sarkozy a "compris qu'il y avait un espace médiatique à prendre", souligne Dominique Moïsi, de l'Institut français des relations internationales. "Blair est parti, Poutine est là depuis longtemps : c'est l'heure de Sarkozy", estime-t-il. Après ce rendez-vous, George Bush et Nicolas Sarkozy devraient se rencontrer à nouveau cet automne, lors d'une rencontre très officielle cette fois.
| Des vacances en France pour Bush ? |
George W. Bush qui n'a jamais passé ses vacances en dehors des Etats-Unis depuis qu'il est président, s'est dit tout disposé samedi à prendre un peu de temps libre en France. "M. Bush seriez-vous prêt à rompre avec vos habitudes et à suivre l'exemple de M. Sarkozy, qui a commencé début août des vacances aux Etats-Unis ?", lui a demandé un journaliste. "Bien sûr", a-t-il répondu à la presse, il y a dans le monde "des endroits géniaux pour se détendre". "Et en France, si M. Sarkozy l'y invitait ?" "Absolument, absolument, surtout s'il me trouve un endroit pour faire du VTT". Le président américain a toutefois laissé entendre qu'un tel voyage d'agrément était peu probable dans l'immédiat. Non pas qu'il ne parle pas français: "Je parle à peine anglais", a-t-il plaisanté de ses propres difficultés avec la syntaxe. |
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