François Hollande © TF1-LCI"Je trouve Nicolas Sarkozy un peu laconique." C'est ainsi qu'André Vallini, porte-parole du groupe socialiste à l'Assemblée nationale, a commenté sur RTL jeudi matin les explications données mercredi par le chef de l'Etat sur les conditions de libération des cinq infirmières bulgares et du médecin palestinien. Alors qu'un des fils du colonel Kadhafi affirmait mercredi dans le journal Le Monde qu'un important contrat d'armement avec la France avait beaucoup pesé dans la balance, le président français a assuré qu'un tel accord n'existait pas. "Il n'y a pas eu de contrat d'armement signé à l'occasion de la visite de Nicolas Sarkozy en Libye", a également assuré David Martinon, porte-parole de l'Elysée. "Dans cette affaire il n'y a eu aucune rémunération", a-t-il déclaré sur la chaîne France 24.
Mais le démenti ne convainc pas l'opposition, qui exige la "transparence". "Tout ça commence à ressembler à une affaire d'Etat. J'espère que ce ne va pas apparaître comme un mensonge d'Etat", a déclaré André Vallini. Le député PS Arnaud Montebourg a lui pressé les autorités françaises de "répondre sans délai" aux "lourdes questions" soulevées par les affirmations du fils Kadhafi, citant une "exigence de clarté dans les choix diplomatiques de la France". Quant au Parti communiste, "la sobriété du démenti a porté par l'Elysée tranche avec la logorrhée habituelle de Nicolas Sarkozy et alimente le trouble autour d'une affaire qui prend des proportions inquiétantes en France, comme en Europe". Il demande donc au président de la République de s'expliquer "dans les plus brefs délais" sur l'accord passé "au nom du peuple français".
Goasguen veut "une dénégation formelle" de Kouchner
A droite, le député UMP Claude Goasguen demande "une dénégation formelle" du ministre des Affaires étrangères, Bernard Kouchner, sur les affirmations d'un fils du colonel Kadhafi. "J'attends des explications. Je veux que le ministre des Affaires étrangères s'engage formellement", sur la non-existence d'un lien entre un contrat d'armement et la libération des infirmières et du médecin bulgares, a-t-il déclaré dans les couloirs de l'Assemblée nationale jeudi. "Si on a pris le prétexte de la libération d'otages pour conclure un contrat d'armement, c'est non."
Un peu plus tôt, François Hollande a déclaré sur France 2 que " le pire, c'est que (Bernard Kouchner) ignorait tout de cette affaire". "Quand, dans un régime démocratique comme le nôtre, le ministre des Affaires étrangères ne sait même pas qu'il y aurait eu un accord militaire, je crois qu'on est là dans une omniprésidence qui pose un problème de transparence et de contrôle de l'exécutif", a-t-il dit.
Entendu cette semaine par les commissions des Affaires étrangères de l'Assemblée et du Sénat, Bernard Kouchner a à nouveau démenti jeudi que "des contreparties telles que des versements financiers de la France ou un contrat d'armement" ont été accordées à la Libye pour obtenir la libération des six praticiens. "Il n'y a pas eu d'argent donné, et il n'y a pas eu d'accord précis sur aucune arme", a-t-il assuré sur LCI. En revanche, il n'a pas exclu "d'éventuelles négociations commerciales" passées ou à venir avec Tripoli tout en assurant qu'elles se feraient dans le respect des règles internationales. Quelques heures à peine après le retour des intéressés en Bulgarie, Nicolas Sarkozy avait assuré que "ni l'Europe ni la France" n'avaient "versé la moindre contribution financière à la Libye".
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